Procès de Keven Deblois | Le foyer d’incendie «impossible» à déterminer

Benjamin Aubert | 21 avril 2026 | 18:16
Photo du véhicule incendié prise par le Service d'identité judiciaire de la Sûreté du Québec au cours de la soirée du 25 septembre 2022. | Photo déposée en preuve au tribunal

Lors de son contre-interrogatoire mardi au procès de Keven Deblois, le technicien en scène d’incendie de la Sûreté du Québec, Gaétan Ringuette a indiqué ne pas avoir été en mesure d’établir le point de départ de l’incendie.

Selon lui, il était «impossible» de déterminer le foyer d’incendie en raison de l’état calciné dans lequel le Dodge Ram se trouvait au moment de son analyse de la scène.

Sur la question des possibles traces d’accélérant découvertes sur une couverture qui se trouvait à l’arrière du véhicule, M. Ringuette a soutenu ne pas avoir été mis au courant des conclusions des analyses du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale.

À son avis, il est «rare» que de telles conclusions soient dévoilées aux techniciens en scènes d’incendie depuis que les rapports sont remis directement aux enquêteurs au dossier.

«Quand j’ai des retours, parfois, c’est parce que les enquêteurs demandent un complément de rapport. Là, il n’y a pas eu cette demande», a-t-il indiqué en répétant que c’est le rôle du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale d’établir s’il y a véritablement présence d’accélérant.

Son collègue, Yan St-Arnaud, un technicien en scène de crime qui l’assistait au moment de l’analyse de la scène, a ajouté que le détecteur d’accélérant utilisé pendant l’opération ne permet pas de savoir quel type d’accélérant est soupçonné.

Contre-interrogé par l’avocate de l’accusé, Me Marie-Laurence Spain, il a toutefois indiqué avoir été informé des résultats d’analyse après avoir posé la question «par intérêt», sans pouvoir préciser le moment où il a reçu cette information. La procureure du ministère public, Me Annick Harbour, s’est opposée à ce qu’il en révèle la teneur afin d’éviter l’introduction d’une preuve par ouï-dire.

M. St-Arnaud et l’enquêtrice de scène Stéphanie Savoie, qui a été entendue en après-midi, ont profité de leurs témoignages respectifs pour revenir en détail sur la saisie de vêtements appartenant à Keven Deblois dans la nuit du 25 au 26 septembre 2022, à l’Hôtel-Dieu de Lévis.

Une paire de jeans, des chaussures et trois briquets ont notamment été présentés au jury, tout comme une série de formulaires de contrôle des pièces à conviction.

Le procès doit se poursuivre mercredi, au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce.