Les témoignages s’amorcent au procès de Keven Deblois

Benjamin Aubert | 15 avril 2026 | 18:56
L'incendie du véhicule au moment de l'appel au 911, le 25 septembre 2022 un peu avant 14h50 | Photo déposée en preuve au tribunal

Le jury au procès de Keven Deblois, notamment accusé du meurtre au deuxième degré de son ex-partenaire intime Karine Bélanger en septembre 2022, a commencé mercredi à entendre la preuve du ministère public.

La procureure de la Couronne, Me Annick Harbour, a d’abord présenté aux 13 membres du jury un bref résumé de ce qu’elle entend introduire en preuve au cours des prochaines semaines.

Au cours de ce résumé, elle a notamment indiqué que l’accusé vivait en maison de transition dans le secteur de Beauport et qu’il s’est rendu à Sainte-Marie le 24 septembre 2022 pour rendre visite à sa mère en compagnie de la victime. Il ne serait toutefois pas retourné dans cette maison de transition au terme de cette journée.

Puis, le lendemain, le corps de Karine Bélanger a été retrouvé dans un véhicule incendié à Saint-Bernard, qui avait été signalé volé quelques heures plus tôt à proximité de commerces de Sainte-Marie, où M. Deblois avait été aperçu au cours de la même période.

Selon Me Harbour, un pathologiste viendra expliquer que la femme de 36 ans est décédée «d’un traumatisme abdominal». Elle a aussi souligné que l’homme, qui a aujourd’hui 28 ans, avait été conduit à l’hôpital en raison de son état mental après une discussion avec sa mère en fin de journée le dimanche 25 septembre.

L’incendie du véhicule expliqué par deux témoins

En après-midi, les jurys ont eu l’occasion d’entendre le citoyen Mathieu Villeneuve, qui a signalé l’incendie du véhicule dans lequel le corps de Karine Bélanger a été retrouvé à Saint-Bernard, ainsi que le pompier Francis Guimont.

M. Villeneuve a notamment expliqué avoir passé à l’endroit où le véhicule incendié a été retrouvé sur le rang Saint-Pierre, à Saint-Bernard, à deux occasions en début d’après-midi le jour de l’événement. À son premier passage pour aller porter des animaux chez un client, il a dit n’avoir rien observé d’anormal.

«Il n’y avait rien. C’était un champ de maïs. Entre 40 et 45 minutes plus tard, j’ai vu une colonne de fumée et un véhicule en feu», a rapporté le témoin en précisant avoir pris une photo avant d’appeler les services d’urgence et de poursuivre sa route après avoir obtenu l’autorisation du répartiteur de la centrale 9-1-1.

«Je voyais de la fumée forte et ça explosait. Je ne sais pas s’il y avait de l’accélérant, mais la boucane noire était vraiment forte […] Une portière du côté passager était ouverte», a-t-il aussi décrit sans pouvoir préciser lors du contre-interrogatoire mené par Me Marie-Laurence Spain s’il s’agissait d’une porte située à l’avant ou l’arrière du véhicule.

Pour sa part, le pompier Francis Guimont a expliqué que le feu était «en pleine croissance» au moment où les services d’urgence sont arrivés sur les lieux quelques minutes après l’appel fait par M. Villeneuve.

«Il y avait tellement de flammes qu’on avait de la misère à distinguer le type de camionnette», a-t-il fait valoir.

M. Guimont dit avoir découvert la présence du corps de la victime après avoir ouvert une porte arrière du véhicule, une fois l’incendie circonscrit. «C’est la procédure de ne jamais approcher un véhicule en flamme sans avoir circonscrit l’incendie […] Lorsque le gros des flammes est rabattu, on peut se rapprocher [pour éteindre les derniers foyers]», a expliqué celui qui occupe maintenant le poste de directeur adjoint du Service de sécurité incendie de Saint-Bernard.

«En essayant de brasser les débris [à l’arrière du véhicule] pour que mon collègue puisse arroser, j’ai découvert le corps. C’était en fait des ossements. Il y avait beaucoup de fumée, c’était difficile de voir leur grosseur. Au départ, je ne voyais simplement qu’un crâne», a-t-il indiqué tout en soulignant qu’il s’agissait d’un cas de «mort évidente» et qu’aucune manœuvre de réanimation n’a été tentée par les ambulanciers.

Le contre-interrogatoire de M. Guimont aura lieu jeudi. Le procès, présidé par le juge Carl Thibault, doit quant à lui s’échelonner sur quatre à cinq semaines.