Procès de Keven Deblois | Arrêté pour liberté illégale pendant une hospitalisation pour un «état mental perturbé»

Benjamin Aubert | 22 avril 2026 | 19:35
Keven Deblois | Photo : Facebook

Les jurés au procès de Keven Deblois, accusé du meurtre au deuxième degré de Karine Bélanger, d’outrage à un cadavre et d’incendie criminel, ont entendu mercredi deux policiers relater une intervention survenue en soirée, le jour de l’incendie d’un véhicule à Saint-Bernard, concernant une personne avec un «état mental perturbé» impliquant l’accusé.

L’agent Carl Latulippe et le sergent Pierre-Yves Carrier ont indiqué avoir été appelés vers 19 h, le dimanche 25 septembre 2022, au domicile de la mère de Keven Deblois, à Sainte-Marie, puisque cette dernière avait sollicité l’aide des services d’urgence, étant donné qu’elle était inquiète pour son fils qu’elle croyait «en psychose».

À leur arrivée sur les lieux, Deblois était «calme» et «mangeait» à une table située à l’intérieur . «Il a le regard fixe, il semble très amorphe et transpire. On voyait de l’eau reluire sur son front. Il respirait fortement. […] Je vois qu’il ne feel pas et que, clairement, quelque chose se passe», a décrit l’agent Latulippe en soulignant que Deblois collaborait.

Tout juste avant son transport vers l’hôpital, les policiers ont appris par l’entremise du Centre de gestion des appels que l’homme, qui avait 24 ans à l’époque, se trouvait en liberté illégale et qu’un mandat d’arrestation avait été lancé à ce sujet au cours de la nuit précédente.

Estimant que «rien ne pressait» et que l’homme «avait besoin de soins», ils ont choisi d’attendre avant de procéder à son arrestation, a expliqué l’agent Latulippe en ajoutant ne pas avoir voulu «empirer la situation» en procédant dans l’immédiat.

Celle-ci a finalement été effectuée plus de deux heures plus tard, vers 22h00, par le sergent Carrier, alors que l’accusé se trouvait dans une chambre de l’Hôtel-Dieu-de-Lévis.

Selon l’agent Latulippe, cette mise en état d’arrestation ne concernait que sa liberté illégale, même s’il a reconnu avoir été informé pendant le transport en ambulance que Deblois était un suspect dans l’affaire du corps retrouvé dans un véhicule incendié à Saint-Bernard plus tôt dans la journée.

Il a également précisé en contre-interrogatoire ne pas avoir informé Keven Deblois qu’il faisait l’objet d’une enquête à cet effet ni que ses vêtements seraient saisis.

Le témoignage du sergent Carrier a été interrompu en fin d’après-midi pour permettre aux parties de tenir des discussions en l’absence du jury.