Les ingénieurs du gouvernement du Québec en grève à compter de minuit

La Presse Canadienne | 19 mai 2026 | 15:45
Un site de chantier de construction routière, photographié à Lévis, le 19 septembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Les ingénieurs du gouvernement du Québec seront en grève à compter de minuit, pour une journée. Mais cela devrait n’être que le début d’une grève qui s’intensifiera jusqu’en juin, a prévenu en entrevue, mardi, le président de l’APIGQ, Marc-André Martin.

L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) compte 1900 membres, qui travaillent principalement au ministère des Transports, mais aussi à ceux de l’Environnement, des Affaires municipales, des Ressources naturelles, de la Cybersécurité.

Les négociations avec le gouvernement du Québec sont dans une impasse et le syndicat des ingénieurs espère ainsi accroître la pression sur l’employeur, alors qu’on est dans la phase d’autorisation et de lancement des travaux d’infrastructures.

M. Martin ne s’en cache pas: «au ministère des Transports, c’est la période critique pour le début des travaux» et le syndicat compte bien en profiter. Environ 70 % de ses membres travaillent au sein de ce ministère. 

«C’est sûr que c’est la saison des travaux et qu’il y a des choses critiques qui doivent être lancées au mois de juin. Puis, perdre un mois dans la saison de construction au Québec, c’est majeur», lance M. Martin, qui rappelle que le Québec vit une crise des infrastructures­.

L’APIGQ en profite également pour lancer sa campagne «Nos infrastructures CAQ de partout». Elle y rappelle que ce sont les ingénieurs qui s’occupent de «la gestion, la supervision et la planification de projets d’infrastructures majeurs, essentiels à la vitalité économique, à la sécurité et à la qualité de vie des Québécois».

Le litige

La convention collective est échue depuis le 31 mars 2023, soit en même temps que celles des syndicats du front commun des secteurs public et parapublic.

Le coeur du litige est l’obtention, pour les ingénieurs, d’une «enveloppe sectorielle» destinée à certains groupes jugés prioritaires par le gouvernement, comme les infirmières et les enseignants. Cette enveloppe permettrait d’aller au-delà de l’augmentation salariale de 17,4 % sur cinq ans qu’ont obtenue l’ensemble des employés de l’État.

M. Martin plaide que les ingénieurs devraient être considérés comme un groupe prioritaire par le gouvernement, compte tenu de l’état des infrastructures.

Les deux autres points qui étaient en litige, à savoir l’aménagement des bureaux et le télétravail, ont marqué des progrès, fait-il valoir.

Invité à commenter, le cabinet du Conseil du trésor a répondu que «l’équipe de négociation dispose du mandat nécessaire pour en arriver à une entente» avec le syndicat des ingénieurs.

«Considérant les négociations en cours, nous ne ferons pas d’autres commentaires», a-t-il fait savoir.

Ces ingénieurs avaient déjà débrayé durant huit jours, en 2025, dans le cadre de la même négociation.