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Procès de Keven Deblois | Pas d’accélérant détecté lors des expertises du LSJML
Photo du véhicule incendié prise par le Service d'identité judiciaire de la Sûreté du Québec au cours de la soirée du 25 septembre 2022 ainsi que l'accusé Keven Deblois et la victime Karine Bélanger en mortaise. | Photo déposée en preuve au tribunal et tirée de Facebook Trois semaines après qu’un technicien en scène d’incendie de la Sûreté du Québec ait laissé entendre que des accélérants pourraient avoir été utilisés lors de l’incendie du véhicule dans lequel le corps de Karine Bélanger a été découvert en septembre 2022, un chimiste a indiqué vendredi au procès de Keven Deblois que les analyses réalisées n’ont pas permis de confirmer la présence de telles substances.
Selon Marc-André Morel du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale (LSJML), des tests de laboratoire réalisés sur les «multiples prélèvements qui ont été faits autant lors de l’autopsie, sur le suspect ou sur la scène d’incendie n’ont pas permis de mettre en évidence des liquides inflammables ou combustibles ou encore des solvants solubles à l’eau».
Ces substances sont celles qui sont qualifiées d’accélérants dans le langage commun, a-t-il précisé.
Au début du procès, le technicien en scène d’incendie Gaétan Ringuette avait expliqué au jury qu’un appareil de détection utilisé sur la scène d’incendie avait été réactif au moment où il a été utilisé sur une couverture carbonisée trouvée près de l’endroit où le corps de la victime a été découvert à l’intérieur du véhicule.
Fiabilité «pas comparable»
Questionné par l’avocate de la défense, Me Marie-Laurence Spain, le témoin expert du LSJML a tenté de décrire le fonctionnement de ce type d’appareil dont les conclusions sont présomptives. À son avis, la fiabilité des tests effectués par ces appareils «n’est pas comparable» par rapport aux expertises réalisées en laboratoire.
«Il y a plusieurs technologies, je ne connais pas la technologie exacte du modèle que vous m’avez mentionné, mais ils font à peu près tous le même travail. Ils tentent de détecter ce qu’on appelle, en français, des COV pour composés organiques volatils. Ces appareils ne sont pas spécifiques», a-t-il mentionné.
«Les COV, il y en a plusieurs. C’est une grande grande famille de composés qui peut correspondre aux accélérants, mais aussi à des débris d’incendie qui brûlent. Si on fait brûler du bois, le bois va émettre des COV en brûlant et même une fois refroidi, ça se peut qu’il y ait encore des émissions», a-t-il exposé en soulignant que l’appareil peut ainsi «réagir à certains débris d’incendie».
Lors de l’interrogatoire principal mené par la procureure de la Couronne, Me Annick Harbour, M. Morel avait cependant indiqué qu’il est «difficile» de dire combien de temps les substances peuvent demeurer sur les objets analysés, puisque cela dépend de nombreux facteurs, dont la porosité des surfaces, la température ambiante, le taux d’humidité et la nature de la substance en soi.
Le procès de Keven Deblois, accusé de meurtre au deuxième degré, d’outrage à un cadavre et d’incendie criminel, se poursuivra la semaine prochaine.
Consultez toute notre couverture du procès de Keven Deblois ici