Procès de Keven Deblois | Du sang de Karine Bélanger retrouvé sur des pantalons de l’accusé

Benjamin Aubert | 7 mai 2026 | 19:48
Le Palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce ainsi que l'accusé Keven Deblois et la victime Karine Bélanger en mortaise | Photo: MaBeauce.com et Facebook

Du sang appartenant à Karine Bélanger a été retrouvé sur les pantalons que portait Keven Deblois lorsqu’il a été conduit à l’hôpital le dimanche 25 septembre 2022 en soirée.

La spécialiste en biologie judiciaire du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale (LSJML), Maria Fiorillo, a expliqué jeudi au Palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce qu’elle avait réalisé différentes expertises à la résidence de la mère de l’accusé, à Sainte-Marie, ainsi que sur des pièces à conviction qui lui ont été transmises par les enquêteurs.

Parmi ces pièces se trouvaient les vêtements saisis à l’accusé alors qu’il était hospitalisé pour un état mental perturbé dans la soirée suivant la découverte d’un véhicule incendié à Saint-Bernard dans lequel se trouvait le corps de son ex-conjointe. Un chandail retrouvé chez la mère de M. Deblois figurait également parmi le lot.

Bien que l’analyse d’un échantillon de sang retrouvé sur le chandail «supporte l’inclusion de l’ADN de Karine Bélanger» et celui de Keven Deblois, les conclusions de Mme Fiorillo sont plus catégoriques concernant des prélèvements réalisés sur le pantalon de l’accusé.

«Quand on dit que ça supporte l’inclusion, c’est différent d’un résultat avec un profil génétique complet où on peut dire que l’ADN qui se trouvait sur la pièce provient de telle personne. Quand c’est une combinaison de profils génétiques et qu’il n’y a personne de prédominant, je ne peux pas dire que l’ADN provient de cette personne. Je vais dire que ça supporte son inclusion parce que cette personne-là a contribué au résultat obtenu», a expliqué la spécialiste.

Selon l’experte, du sang a été prélevé sur la cuisse droite ainsi qu’à l’intérieur de la pièce de vêtement au niveau de la poche et de la fermeture éclair. Le résultat ADN obtenu sur l’un des échantillons de la cuisse droite est «des centaines de milliards de fois plus probables» de correspondre à celui de Karine Bélanger, a-t-elle mentionné.

Des analyses effectuées sur les autres prélèvements faits sur le pantalon supportent également la théorie qu’il s’agisse du sang de la victime, bien que l’ADN de Keven Deblois ait aussi été détecté dans certains d’entre eux.

En contre-interrogatoire, Maria Fiorillo a indiqué qu’il n’était pas possible de déterminer à quel moment le sang s’est retrouvé à cet endroit ni s’il s’agit d’un saignement de nez. Elle a aussi reconnu d’autres limitations à son analyse, comme le fait qu’il n’est pas inhabituel de retrouver l’ADN d’une personne sur certaines parties du corps d’une autre personne qu’elle côtoie.

Plusieurs objets analysés

Par ailleurs, les pièces soumises à Mme Fiorillo comprenaient également une arme à air comprimé retrouvée dans un sac saisi dans le cabanon de la résidence de la mère de l’accusé ainsi qu’un couteau que cette dernière avait déposé dans un coffre à outils après que son fils lui ait remis quelques instants avant de lui confier que Karine Bélanger était «morte».

La recherche de sang s’est avérée négative sur ces deux pièces.

L’analyse génétique effectuée sur le manche du couteau «supporte» l’inclusion de l’ADN de Keven Deblois. Quant aux profils génétiques obtenus sur la crosse et les boutons de l’arme, ceux-ci excluent Karine Bélanger et s’avèrent «non concluants» par rapport à l’accusé.

Enfin, aucune trace d’ADN n’a pu être retrouvée sur le briquet carbonisé découvert dans le véhicule incendié ni sur une canette de bière retrouvée à proximité de la scène d’incendie.

Une balade en taxi

Avant le passage de Mme Fiorillo jeudi, le jury a pu entendre un chauffeur de taxi raconter qu’il avait été appelé à transporter l’accusé entre le dépanneur Larochelle, à Saint-Lambert-de-Lauzon, et un stationnement près de l’Hôtel-Dieu-de-Lévis dans la nuit du 24 au 25 septembre 2022.

Selon lui, Keven Deblois était seul et transportait deux sacs en plus d’un sac à dos. Lors d’une «légère conversation», il aurait affirmé sans plus de détails qu’il «arrivait de Montréal et allait voir des amis à Lévis».

Rappelons que Deblois est accusé de meurtre au deuxième degré, d’outrage à un cadavre et d’incendie criminel.