Procès de Keven Deblois | «Elle est morte, je l’ai caché, c’est un accident»
L'accusé et la victime, Keven Deblois et Karine Bélanger, étaient en couple depuis quelques semaines avant le drame | Photo : Facebook «Elle est morte, je l’ai caché, c’est un accident».
Voilà les paroles qu’a prononcées Keven Deblois, accusé du meurtre au deuxième degré de son ex-conjointe Karine Bélanger, à sa mère, Christine Bélanger, en début de soirée le 25 septembre 2022, lors d’une brève conversation dans un cabanon.
Au moment de prononcer ces paroles, Deblois était de retour à la résidence de sa mère, à Sainte-Marie, après lui avoir demandé de venir le chercher sur le rang Saint-Pierre à Saint-Bernard.
Lors du trajet vers Sainte-Marie, en passant par Saint-Narcisse à la demande de l’accusé, Christine Bélanger a raconté au cours de la première journée de son témoignage au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce que son fils avait tenu des propos «décousus».
«Il ne disait pas ce qu’il avait fait, mais il disait que c’était grave. Il disait que la famille ne voudrait plus lui parler, qu’il voulait partir à Toronto ou Vancouver et que le monde allait lui en vouloir».
Un ton «paniqué»
Elle a expliqué être parvenue à parler à Keven Deblois vers 18h ce jour-là, alors qu’il se trouvait en liberté illégale depuis la nuit précédente, étant donné qu’il n’était pas rentré au centre résidentiel communautaire (CRC) où il devait passer la nuit.
C’est lors de cette discussion téléphonique que Deblois a demandé à sa mère de venir le chercher à Saint-Bernard, sur un ton «paniqué». «Il m’a dit qu’il ne savait pas où il était, qu’il ne savait pas ce qu’il faisait là et qu’il était à Saint-Bernard près d’une ferme où il a déjà travaillé», a-t-elle exposé au jury.
Christine Bélanger a témoigné s’être rendue dans cette municipalité, qui se trouve à une vingtaine de minutes de sa résidence, en compagnie de son autre fils, Dylan Deblois, afin de récupérer l’aîné de fratrie alors âgé 22 ans. «Je ne voulais pas y aller toute seule. Je savais qu’il était allé à l’hôpital dans la semaine précédant et qu’il était paniqué […] Mon fils ne m’a jamais fait de mal, je ne pense pas qu’il m’en ferait aujourd’hui, mais j’aimais mieux ne pas y aller seule», a-t-elle expliqué.
Plus tôt dans la journée, elle avait aussi indiqué que Keven Deblois avait fait des séjours au CHUL ainsi qu’à Robert-Giffard quelques jours avant les événements avant de signer un arrêt volontaire de soins. Elle a ajouté qu’il «n’avait pas l’air de feeler» lors de la fin de semaine du 17 et 18 septembre.
Incapable de joindre Karine Bélanger
Si les propos concernant la mort de Karine Bélanger ont été prononcés à l’intérieur d’un cabanon à la résidence de la mère de Keven Deblois, c’est que cette dernière a demandé à son fils comment elle allait après avoir été incapable de la joindre pendant la journée en cherchant à obtenir de ses nouvelles. La femme de 36 ans était en couple avec l’accusé depuis le début du mois d’août.
Selon Christine Bélanger, elle s’est retrouvée dans le cabanon avec Keven Deblois puisque celui-ci voulait lui parler à leur arrivée à Sainte-Marie. Il lui a notamment montré un sac réutilisable, caché au plafond de la remise, qu’il lui a demandé de garder pour lui. Il lui a aussi remis un couteau ainsi que des cartes de crédit qu’il lui a demandé de brûler.

«Il m’a serré dans ses bras en me disant qu’il m’aimait. Je lui ai dit que peu importe ce qu’il avait fait, je ne voulais pas le savoir, mais que je posais quand même la question à savoir si Karine était correcte. Elle ne m’avait pas répondu de la journée. Il fait juste me dire qu’elle est morte, qu’il l’a caché, que c’est un accident et qu’il l’aime», a-t-elle décrit avec émotion en indiquant entendre les mots prononcés par son fils «chaque soir» dans sa tête depuis trois ans.
Elle a appelé le 911 immédiatement après ces propos. Ce n’est que plus tard, après qu’un policier lui ait montré une photo du véhicule incendié dans lequel un corps avait été retrouvé sur le rang Saint-Pierre, qu’elle a fait le lien avec une banderole orange et des flashs aperçus pendant ses déplacements à Saint-Bernard.
Le témoignage de Mme Bélanger se poursuivra jeudi.
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