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Mark Carney annonce la création du premier fonds souverain du Canada
Le premier ministre Mark Carney fait une annonce concernant le Fonds pour un Canada fort, le premier fonds souverain du Canada, au Musée des sciences et de la technologie du Canada à Ottawa, le lundi 27 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang Le premier ministre Mark Carney a dévoilé lundi matin le premier fonds souverain national du pays, présentant cette nouvelle agence comme un moyen pour les Canadiens d’investir dans des projets de développement national.
M. Carney a précisé que le Fonds pour un Canada fort investira dans de grands projets canadiens dans des secteurs tels que l’énergie, les infrastructures, l’exploitation minière, l’agriculture et la technologie.
Le premier ministre a indiqué qu’Ottawa fournira au départ un financement de 25 milliards $ sur trois ans pour investir aux côtés d’investisseurs privés.
Il a ajouté que les particuliers canadiens pourraient également investir dans ce fonds et a laissé entendre que cela s’apparenterait à l’achat d’une obligation d’État, où l’investissement initial est protégé.
Les rendements de ces investissements seront réinjectés dans le fonds afin d’accroître sa capacité et de développer des projets d’investissement au Canada.
S’adressant aux journalistes lundi, M. Carney a comparé le fonds à un «compte national d’épargne et d’investissement». Il l’a également qualifié de «fonds du peuple».
«Bâtir un Canada fort, c’est bâtir un Canada où chacun a son mot à dire, où la croissance est partagée et où la prospérité touche chaque région, chaque communauté et chaque famille», a-t-il souligné.
M. Carney a cité le chemin de fer du Canadien Pacifique comme exemple de projet financé par le secteur privé et soutenu par des fonds publics ayant finalement profité à des générations de Canadiens.
Il a affirmé que le fonds pourrait soutenir la construction de nouveaux ports, de mines et de corridors énergétiques qui apporteraient des avantages similaires au niveau du pays.
«Nous tirons les leçons de notre histoire, qui nous montre que ces projets transformateurs ont généré beaucoup de richesse», a déclaré M. Carney.
«Cela offre aux Canadiens la possibilité d’investir aux côtés de ces projets et de répartir cette richesse dans le temps», a-t-il ajouté.
Le Fonds pour un Canada fort sera constitué en tant que société d’État indépendante et autonome. Le gouvernement fédéral mènera des consultations au cours des prochains mois sur la conception précise de cette entité d’investissement.
M. Carney a fait cette annonce au Musée des sciences et de la technologie du Canada, à la veille de la mise à jour économique de printemps du gouvernement libéral.
Interrogé à savoir où le gouvernement fédéral trouverait l’argent pour couvrir la capitalisation initiale de 25 milliards $, le premier ministre a répondu qu’il ne voulait pas «devancer» la mise à jour budgétaire de son ministre des Finances.
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, qui se trouvait lundi à Montréal pour discuter du Fonds pour un Canada fort, a également été interrogé à ce sujet.
M. Champagne n’a pas répondu directement, mais a déclaré que la situation budgétaire relativement solide du gouvernement fédéral sur la scène internationale lui permettrait d’emprunter à des taux avantageux.
Des pays comme la Norvège et les États du Golfe disposent déjà d’importants fonds souverains. Le Fonds du patrimoine de l’Alberta fonctionne de manière similaire, en réinvestissant les recettes provenant du secteur des ressources de la province.
Le chef conservateur Pierre Poilievre a souligné lundi que les fonds souverains d’autres pays se distinguent par le fait qu’ils sont généralement alimentés par des excédents budgétaires.
«Mark Carney n’a pas de surplus pour investir, il a des déficits, donc il n’a pas de fonds pour mettre dans son fonds. M. Carney a des déficits et il veut un fond de dette, et non pas d’investissement», a déclaré M. Poilievre aux médias.
Alex Laurin, vice-président et directeur de recherche à l’Institut C.D. Howe, a affirmé que de financer le Fonds pour un Canada fort par l’endettement imposait une pression plus forte sur la performance de ses investissements.
«Cet argent aura un coût, à savoir les intérêts sur les fonds empruntés. S’ils veulent atteindre le seuil de rentabilité, le fonds devra obtenir un rendement supérieur aux intérêts sur ces obligations», a-t-il expliqué.
Carney se targue d’être un bon gestionnaire
Le premier ministre a laissé entendre qu’il y aurait de «bonnes nouvelles» concernant le déficit fédéral lors de la mise à jour de mardi.
Un journaliste lui a demandé pourquoi le déficit serait inférieur aux prévisions du budget fédéral de 2025, présenté en novembre.
«Parce que nous sommes de bons gestionnaires financiers», a-t-il répondu.
Le budget d’automne des libéraux prévoyait un déficit de 78,3 milliards $ pour le dernier exercice financier, avec des déficits en baisse et s’établissant en moyenne à environ 64 milliards $ par an sur une période de cinq ans.
M. Carney a également réagi lorsqu’un journaliste a suggéré que les recettes du gouvernement seraient meilleures en raison d’une inflation plus élevée.
Il a fait remarquer que le taux d’inflation annuel s’était maintenu dans la fourchette cible de la Banque du Canada, comprise entre 1% et 3%, pendant toute la durée de son mandat.
De nombreux économistes prévoient que les recettes du gouvernement fédéral bénéficieront de la récente flambée des prix de l’essence liée à la guerre en Iran.
Ottawa a compensé une partie des recettes supplémentaires issues du choc pétrolier par des mesures d’accessibilité financière, telles qu’une suspension de la taxe fédérale sur les carburants jusqu’à la fête du Travail.
Depuis le budget d’automne, Statistique Canada a également révisé à la hausse les données du produit intérieur brut des trois dernières années, offrant au gouvernement fédéral un point de départ plus solide que prévu pour bon nombre de ses repères budgétaires.