Christine Fréchette «fébrile» et «vraiment émue»

La Presse Canadienne | 13 avril 2026 | 09:56
La première ministre désignée du Québec, Christine Fréchette, lors du congrès à la direction du CAQ, à Drummondville, le dimanche 12 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov

Au lendemain de son élection à la tête de la Coalition avenir Québec (CAQ), la nouvelle première ministre désignée Christine Fréchette a salué le ralliement de son adversaire Bernard Drainville.

Dans une courte mêlée de presse lundi matin, elle a laissé entendre qu’elle n’avait pas encore décidé du rôle qu’il jouera dans son futur conseil des ministres. 

«Je me sens fébrile parce que c’est mon premier jour dans le cadre de mon nouveau rôle de première ministre, c’est un beau défi, un immense défi, et je me sens vraiment émue d’être investie de cette responsabilité», a-t-elle affirmé à son arrivée à l’édifice Honoré-Mercier, le bureau du premier ministre.

Mme Fréchette, qui est députée de Sanguinet, a été choisie par les membres caquistes pour succéder à François Legault. Son seul rival dans la course était le député de Lévis, Bernard Drainville.

«Je veux aussi saluer la victoire de Christine Fréchette et l’assurer de mon appui. Elle sera une première ministre rigoureuse et déterminée, qui saura faire avancer le Québec», a écrit M. Drainville sur le réseau social X.

«On s’est échangé des messages et on va se rencontrer aujourd’hui (lundi)», a précisé Mme Fréchette.

«Il a beaucoup à apporter à la fois au parti et au Québec et je vais m’assurer qu’il a des responsabilités à la hauteur de son talent», a-t-elle ajouté, sans préciser à quel rôle elle songe pour lui. 

«Je ne me prononce pas encore sur la composition de mon conseil des ministres. On a fait des réflexions, mais il y a encore des décisions à prendre.»

Une journée chargée

Mme Fréchette a amorcé la journée de lundi à Trois-Rivières, où elle est allée rencontrer des citoyens lors d’un bain de foule. Le ministre du Travail et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, était notamment à ses côtés.

«Je remercie aussi les militants de la Coalition avenir Québec qui m’ont accordé leur confiance. Je vais tout donner pour le Québec et on va commencer par rassembler ce beau parti», a-t-elle lancé lundi.

Elle s’est déplacée ensuite à Québec, où elle rencontrera le secrétaire général du gouvernement, David Bahan, en après-midi. Ce dernier dirige le ministère du Conseil exécutif, dont la mission est d’assister la personne qui occupe la fonction de premier ministre.

En fin de journée, Mme Fréchette se présentera devant les médias pour répondre aux questions des journalistes.

En succédant à François Legault, Christine Fréchette devient la deuxième femme première ministre du Québec, après Pauline Marois, qui a gouverné entre 2012 et 2014.

La nouvelle première ministre aura trois semaines pour arriver en poste et composer son équipe, puisque la session parlementaire est prorogée jusqu’au 5 mai.

La date de son assermentation officielle comme première ministre n’a toujours pas été confirmée. Idem pour la date de l’annonce de la composition de son conseil des ministres.

Défi de taille

Élue députée en 2022, Christine Fréchette a connu une ascension rapide en politique québécoise. Après avoir piloté l’important dossier de l’immigration, elle a succédé à Pierre Fitzgibbon comme «superministre» de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie en 2024.

Comme première ministre, un autre défi de taille attend Mme Fréchette: faire remonter son parti dans les intentions de vote en prévision des élections d’octobre prochain. 

Selon l’agrégateur de sondages Qc125, la CAQ ne récolterait que 10 % des intentions de vote à l’heure actuelle, loin derrière le Parti québécois et le Parti libéral du Québec. Cela signifierait que le parti ne ferait élire aucun député.