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Troisième lien: Fréchette rejette le projet de la CAQ et propose un corridor à l’est
Christine Fréchette, candidate à la direction de la Coalition avenir Québec, fait une annonce concernant le projet de troisième lien, en compagnie du député François Bonnardel, lors d'une conférence de presse à Québec le mardi 17 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot La candidate à la chefferie caquiste Christine Fréchette veut jeter à la poubelle le projet de corridor central pour le troisième lien de son gouvernement et propose de revenir à un tracé à l’est avec du péage. Elle souhaite qu’il se fasse en partenariat public-privé avec une participation du fédéral.
Selon Mme Fréchette, le projet actuel n’a pas les appuis nécessaires et coûterait trop cher.
«On parle ici d’un projet de près de 11 milliards de dollars dont le tracé ne correspond pas aux demandes de la région, qui n’offre qu’un très faible gain de temps en matière de déplacement et qui impose un fardeau important sur nos finances publiques», a-t-elle soutenu mardi en point de presse à Québec.
Elle n’a pas exclu que son projet de troisième lien passe par l’île d’Orléans, mais n’a pas voulu s’avancer sur un éventuel coût. Ce sera au privé de prendre l’initiative.
«Ce nouveau lien devra faire l’objet d’un partenariat avec le privé: un PPP. Le projet intégrera donc un péage. On veut également que le fédéral s’investisse dans ce projet», a expliqué Mme Fréchette.
Elle a fait cette annonce en présence d’un nouvel appui: la ministre et députée des Chutes-de-la-Chaudière, Martine Biron, une fervente défenseure d’un lien interrives entre Québec et Lévis. L’ex-ministre des Transports François Bonnardel était également présent.
«Le projet de troisième lien actuel n’est soutenu ni par les experts, ni par le milieu. Il est irresponsable de dépenser 12 milliards de dollars pour un gain de temps d’environ 2 minutes. Le nouveau lien à l’est, en partenariat public-privé, proposé par Christine ce matin, répondra mieux aux besoins identifiés par les acteurs du milieu tout en respectant la capacité de payer des Québécois», a-t-il soutenu.
Christine Fréchette n’a pas non plus exclu qu’un troisième lien à l’est ne voie pas le jour si le privé ne manifeste pas d’intérêt.
«La fin du troisième lien»
La proposition de Mme Fréchette n’a pas impressionné son rival dans la course, Bernard Drainville, qui l’a qualifiée de «recul».
«Ce que propose Christine, c’est de ne pas avoir de troisième lien. Ce qu’elle propose, c’est la fin du troisième lien. (…) Elle met tellement de conditions que dans les faits, il ne se fera jamais», a-t-il lancé en mêlée de presse à l’Assemblée nationale.
La candidate à la succession de François Legault propose aussi un plan de mobilité en trois étapes – dont la construction d’un nouveau lien serait la dernière.
Elle veut notamment abaisser le tablier du pont de Québec pour permettre le passage de camions de marchandises, poursuivre l’élargissement de l’autoroute 20 à Lévis, construire un pont à étagement à l’intersection Robert-Bourassa/Lebourgneuf et ajouter une septième voie sur le pont Pierre-Laporte.
«Je pense qu’on a mis nos œufs dans trop peu de paniers. Il faut y aller de manière diversifiée. Il n’y a pas une baguette magique qui va régler les enjeux de circulation dans la région», a soutenu Christine Fréchette.
«L’ADN de la CAQ»
Il y a quelques semaines, Christine Fréchette a dit avoir besoin de temps pour consulter avant de se positionner sur le sujet du troisième lien.
Son hésitation a provoqué des tensions au sein du caucus caquiste. Le ministre des Transports, Jonatan Julien, avait alors affirmé que le projet était sur pause en raison de l’absence de consensus.
Bernard Drainville avait alors reproché à sa rivale de nuire à la crédibilité du gouvernement en maintenant le flou sur le projet de lien interrives. «Être à la CAQ, c’est être pour le troisième lien», avait-il lancé.
Christine Fréchette lui a répliqué mardi en affirmant: «C’est dans l’ADN de la CAQ de gérer rigoureusement l’argent des Québécois.»
Tergiversations
Rappelons que le gouvernement caquiste a grandement tergiversé sur le projet de troisième lien entre Québec et Lévis.
En 2019, il propose un tunnel à l’est qui passerait sous l’île d’Orléans.
Puis, le gouvernement change d’idée, et évoque un tracé un peu plus à l’ouest qui relierait les deux centres-villes.
En avril 2023, la ministre des Transports d’alors, Geneviève Guilbault, annonce que son gouvernement abandonne le projet d’un lien autoroutier entre Québec et Lévis. Elle proposera plutôt un tunnel dédié au transport en commun.
Puis, en octobre 2023, moins de 24 heures après sa cuisante défaite dans Jean-Talon face au Parti québécois, le premier ministre François Legault prend tout le monde par surprise en annonçant qu’il veut consulter la population de Québec au sujet du troisième lien et que toutes les options sont sur la table.
Le projet est finalement ressuscité en juin 2024. Un an plus tard, Geneviève Guilbault annonce un nouveau corridor plus à l’ouest, donc plus près des deux ponts actuels.