Le Château Beauce officiellement déclassé

Benjamin Aubert | 6 août 2026 | 05:01
Le Château Beauce | Photo: Benjamin Aubert - MaBeauce.com

Officiellement déclaré patrimonial en 2020, le Château Beauce ne possède plus ce statut depuis le 24 juillet dernier, a appris MaBeauce.com.

Le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a confirmé le déclassement de l’édifice et du site sur lequel il se trouve en signant les avis de déclassement les concernant.

Ces signatures sont survenues quelques semaines après que le ministre ait lancé un ultimatum à la communauté beauceronne pour trouver un projet «crédible» qui aurait permis de conserver les statuts spéciaux.

Rejointe au téléphone, la directrice générale de la Société Alzheimer Chaudière-Appalaches, Sonia Nadeau, a souligné qu’il s’agissait d’une «étape vraiment importante» qui permettra à son organisation de s’asseoir avec la Ville de Sainte-Marie pour déterminer la suite des choses.

«Dès le retour de vacances [de la mairesse], on va s’asseoir avec elle pour voir c’est quoi les prochaines étapes. Nous, on s’est toujours dit qu’on veut choisir avec nos partenaires […] La Ville est au fait des règles de l’urbanisme, mais aussi des règles en lien avec la zone inondable. Alors, c’est pour ça qu’on va s’asseoir avec eux pour déterminer à qui on transmet ledit bâtiment. Est-ce qu’il y a un projet qui ressort plus du lot et qui va répondre aux critères? Et qui va avoir accès aux permis et au financement pour être réalisé. Notre objectif, c’est sur que c’est ça à court terme», a-t-elle indiqué.

Mme Nadeau souhaite qu’une décision soit prise d’ici l’hiver afin d’éviter que le bâtiment demeure vacant plus longtemps. Elle soutient toutefois que le déclassement n’est pas synonyme d’une démolition assurée, comme l’avait laissé entendre le ministre lors de son passage à Sainte-Marie en mai dernier.

«C’est sûr que plus qu’on attend, plus que c’est ça le risque. Alors, c’est pour ça qu’il faut quand même agir rapidement, mais l’effet aussi, c’est un peu ça. C’est que si on a un projet qui peut tenir la route et qui peut préserver une certaine partie du bâtiment, ça va faire partie de toute notre analyse. Si, par exemple, le projet qui tient la route et qui est viable à court terme demande la démolition, je ne sais pas moi, que la partie arrière de l’infirmerie soit enlevée, quelque part ça va pouvoir être considéré. Le but, ce n’est pas que la Société démolisse», a-t-elle expliqué en indiquant que des gens lui avaient déjà signifié un intérêt envers le bâtiment si celui-ci était éventuellement déclassé.

Encore du vandalisme

Par ailleurs, la directrice générale de la Société Alzheimer Chaudière-Appalaches souligne que le déclassement a permis à l’organisation de barricader davantage le bâtiment pour le protéger des vandales qui continuent d’y affluer et de «s’y donner à cœur joie». Dans les dernières semaines, des malfaiteurs ont notamment causé des bris aux escaliers et aux portes du bâtiment.

«L’objectif, c’est qu’il y ait le moins de choses de brisées. Cependant, on a bien beau placarder, ils déplacardent, ils brisent à coups de hache, ils brisent à coups de scie, etc. La semaine dernière, on a barricadé encore plus, mais cette fois, je n’avais pas besoin de demander l’autorisation pour placarder par l’intérieur en mettant des plaques de métal. C’est ce qu’on a fait, considérant que là, on pouvait le faire, et que je n’avais pas besoin de demande d’autorisation parce que je dois m’agripper à quelque chose. J’aime mieux faire ça que d’autres personnes rentrent pour briser encore plus. C’était ça mon enjeu aussi».

À ce sujet, Mme Nadeau demande aux citoyens présents dans le secteur d’être vigilant et de signaler toute présence douteuse aux autorités concernées. Elle indique également que des caméras de surveillance supplémentaires ont été ajoutées et que des images de récents événements ont été transmises aux policiers.