Deux semaines pour sauver le Château Beauce d’une éventuelle démolition, dit le ministre Lacombe

Benjamin Aubert | 26 mai 2026 | 17:03
Le Château Beauce | Photo: Benjamin Aubert - MaBeauce.com

Le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, lance un ultimatum à la communauté. Le Château Beauce sera déclassé si aucun projet «crédible» permettant de conserver l’immeuble patrimonial n’est déposé d’ici deux semaines. Selon lui, un tel changement mènerait éventuellement vers la démolition de l’édifice de la rue Notre-Dame à Sainte-Marie.

Devant l’ancien monastère des Oblates de Béthanie, le ministre a souligné que le bâtiment construit en 1903 et 1904 était « menacé parce que personne n’est en mesure d’en assurer l’avenir ». Il estime que la préservation du patrimoine relève d’une «responsabilité partagée», et non uniquement du gouvernement du Québec, bien que celui-ci soit prêt à s’impliquer dans un projet admissible à du financement.

La protection du patrimoine, c’est une responsabilité qui est partagée. Ce n’est pas seulement une responsabilité du gouvernement du Québec. Donc, dans le cas du Château Beauce, la conclusion à laquelle j’arrive, c’est que si, dans les deux prochaines semaines, il n’y a personne de la communauté qui lève la main, la municipalité, un entrepreneur, un particulier, avec un projet qui est crédible et qui tient la route, bien je n’aurai d’autres choix, parce qu’on arrive à la fin du parcours, de signer l’avis de déclassement. Puis, on sait ce qui va arriver, le Château Beauce va disparaître.

M. Lacombe soutient qu’il serait «malheureux» de devoir en venir à la conclusion qu’il faut déclasser l’immeuble déclaré patrimonial en 2020, mais estime qu’il s’agit d’une situation «un peu intenable» et qu’il «faut arrêter de tergiverser».

On est devant actuellement une communauté qui nous dit « nous, on n’en veut pas du Château Beauce ». Personne ne lève la main. Maintenant, ce n’est pas une critique, mais c’est une constatation. Est-ce que le gouvernement, c’est sa responsabilité de faire l’acquisition de tous ses biens patrimoniaux et de les rénover aux frais des contribuables? La réponse est non, on ne peut pas faire ça. On ne peut pas faire ça à l’échelle du Québec, ça n’aurait pas de sens. Donc, l’ultimatum arrive à ce moment-ci parce qu’on est à la croisée des chemins.

À ses côtés, le député de Beauce-Nord, Luc Provençal, a laissé entendre qu’il serait plutôt surprenant qu’un projet soit déposé d’ici au 9 juin prochain, date à laquelle la période de deux semaines sera terminée, puisque personne ne s’est réellement manifesté depuis qu’il est membre de l’Assemblée nationale en 2018.

S’il y avait des gens qui avaient vraiment de l’intérêt, on aurait procédé, mais il n’y en a pas d’intérêt. Je vous rappelle que la communauté d’affaires a toujours dit que ce n’était pas un dossier qui les intéressait. La Ville n’a pas d’intérêt. À ça, il faut ajouter aussi toutes les contraintes. Il faut penser à la cartographie des zones inondables, qui va se décider bientôt. La Ville a sa réglementation pour émettre des permis. Je ne pense pas que la Ville va émettre des permis ici pour maintenir le Château. Alors, avec tous ces facteurs-là ensemble, comme le disait M. le ministre, ça va prendre quelqu’un qui est crédible, mais crédible aussi financièrement, pour que le projet soit regardé.

Si le délai de dix jours ouvrables peut sembler court, le ministre Lacombe s’en défend. Selon lui, les enjeux entourant le sort du bâtiment sont d’actualité «depuis des mois, sinon des années». Il soutient avoir fait le déplacement vers Sainte-Marie pour faire son annonce afin de démontrer qu’il croit «important de donner une dernière chance au Château Beauce» avant que celui-ci ne soit «démoli».

Rejointe par MaBeauce.com, la mairesse de Sainte-Marie, Luce Lacroix, a indiqué que la position de la municipalité «n’a pas changé» dans le dossier, mais qu’il existe des «possibilités» de permis si un projet est soumis dans le délai imposé par le ministre. «Les détails devront être soumis à l’urbanisme. Pour du commercial, il existe également des possibilités, mais il faut que le ministère de l’Environnement donne son accord», a-t-elle exposé.

Une «lueur d’espoir» pour la Société Alzheimer Chaudière-Appalaches

Rappelons que la Société Alzheimer Chaudière-Appalaches, qui est propriétaire de l’immeuble, avait lancé un cri du cœur à l’automne 2024 étant donné qu’elle n’est pas en mesure de financer les rénovations et réparations nécessaires au bâtiment victime des inondations de 2019 ainsi que de plusieurs vandales. L’organisme souhaite s’en départir, mais ne peut pas le faire, puisqu’il est non assurable et qu’il se trouve en zone inondable.

En réaction à l’annonce du ministre mardi, la directrice générale de la Société Alzheimer Chaudière-Appalaches, Sonia Nadeau, s’est dite «contente» de voir M. Lacombe se déplacer en Beauce pour traiter du dossier. «Je l’apprécie énormément, parce que, pour moi, ça montre un engagement et ça montre aussi qu’il veut trouver une solution pour nous», a-t-elle laissé entendre en parlant d’une «lueur d’espoir».

Ce qu’on veut, c’est qu’il y ait une solution gagnante et que nous puissions retourner à notre mission principale. Comme je vous dis souvent, nous, on veut retourner à notre mission à 150%. On veut, dans le fond, trouver et développer des services pour les gens qui ont des troubles neurocognitifs et les familles, etc. Nous, c’est ça notre objectif primaire.