Québec injecte 11 M$ pour bonifier l’accès aux activités chez les gens peu actifs
Kariane Bourassa, ministre québécoise du Sport, du Loisir et du Plein air, sourit lors de sa prestation de serment à l'Assemblée nationale, à Québec, le mardi 21 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Dans le contexte où près de la moitié de la population québécoise n’est pas suffisamment active, surtout chez les aînés, Québec investit 11 millions $ sur deux ans pour rendre l’activité physique plus accessible.
La ministre responsable du Sport, du Loisir et du Plein air, Kariane Bourassa, en a fait l’annonce mardi. L’enveloppe servira notamment à ajouter des services dans des endroits que fréquentent les personnes peu ou pas actives, comme des résidences privées pour aînés, des milieux autochtones et des maisons de jeunes.
Québec lance un appel à projets à partir du 15 juillet pour les organismes communautaires. Ces derniers pourraient recevoir jusqu’à 100 000 $ pour réaliser leur idée. Les organismes admissibles au programme sont les centres communautaires de loisir soutenus par le Programme d’aide financière aux centres communautaires de loisir ainsi que les instances régionales responsables du loisir pour personnes handicapées.
«Il y a deux volets, précise en entrevue Mme Bourassa. Le premier volet va servir notamment à bonifier des initiatives qui sont déjà en place, mais qui sont peut-être moins connues. Donc faire de la promotion, faire de la formation pour le personnel, bonifier aussi la programmation. Et il y a un deuxième volet qui est pour aller directement à la rencontre des personnes peu actives dans leur milieu.
«Quand on bouge, on réduit le risque de maladies cardiovasculaires, on réduit le risque de diabète, d’obésité, même de cancer, et tout l’aspect santé mentale aussi, donc moins de dépression, moins d’anxiété», ajoute Mme Bourassa.
Elle précise que les populations ciblées dans les initiatives seront les femmes, les jeunes filles, les aînés, les personnes à faible revenu et les personnes qui ont des niveaux de scolarité plus bas. «L’objectif, c’est d’aider les Québécois et Québécoises à adopter de meilleures habitudes de vie, mais dans l’objectif de réduire le nombre de maladies évitables», indique l’élue.
Inactivité chez les aînés, mais les jeunes aussi
Les données de 2020-2021 de l’Institut de la statistique du Québec montrent que 38 % des personnes de 65 ans et plus sont sédentaires et 21 % sont peu actives. «C’est donc dire qu’il y a beaucoup d’aînés qui ne font pas d’activité physique, puis chez les jeunes, malheureusement, on voit aussi des réalités comme ça», se désole la ministre.
Selon les données de 2022-2023 de l’Institut national de santé publique du Québec, environ 30 % des élèves du secondaire atteignent le niveau recommandé d’activité physique. La recommandation chez les 12 à 17 ans est de pratiquer au moins 60 minutes par jour d’activité physique modérée ou soutenue.
Le financement annoncé mardi découle du Plan d’action gouvernemental 2026-2031 de la Stratégie nationale de prévention en santé du ministère de la Santé.
«Il y a tous les ministères qui se sont mis ensemble et ils ont regardé comment on pourrait faire une stratégie nationale de prévention de santé. Par exemple, le ministère de l’Agriculture va travailler sur des mesures pour les saines habitudes alimentaires. Il va y avoir le ministère de l’Enseignement supérieur qui va parler d’enseignement concernant les saines habitudes sexuelles. Il y a plein d’exemples comme ça, et pour la première fois, mon ministère va avoir une somme spécifiquement pour faire de la prévention», détaille Mme Bourassa.
Par ailleurs, la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ) mettra en place des agents de proximité pour favoriser la découverte de loisirs actifs chez les personnes de 50 ans et plus. L’initiative de la FADOQ permettra aussi l’achat de matériel et l’animation de l’activité, toujours dans le but d’initier sa clientèle à différentes activités physiques.
«Avec la mise en place d’un agent de proximité dans chaque région du Québec, qui ira directement à la rencontre des personnes de 50 ans et plus, nous pourrons élargir notre portée, agir davantage en prévention et éveiller l’intérêt pour des loisirs actifs adaptés», a déclaré par voie de communiqué Yves Bouchard, président de la FADOQ.
Il s’agit du deuxième appel de projets dans le cadre du Programme d’aide financière aux initiatives en milieu communautaire (PAFIMC).