Nouvelles mesures contre les camionneurs ontariens | «Une belle promesse parce que les élections s’en viennent», selon la mère d’Alexandra Poulin

Benjamin Aubert | 10 juillet 2026 | 11:30
Photo: Unsplash & Capture d'écran ParlVu

La mère d’Alexandra Poulin, Nathalie Poulin, craint que les nouvelles mesures pour freiner le camionnage dangereux annoncées par Québec jeudi ne soient que de «la poudre aux yeux».

«C’est une belle promesse parce que les élections s’en viennent. Si on n’était pas en élection, on n’aurait jamais vu ça arriver. C’est sûr et certain. C’est de la poudre aux yeux, mais il n’y a personne qui va le mettre en application», a-t-elle réagi en entrevue sur les ondes d’Arsenal Media vendredi matin.

Jeudi, le gouvernement a annoncé que les chauffeurs de camion ontariens ayant moins de deux ans d’expérience qui souhaitent s’établir au Québec et changer leur permis ontarien pour un permis québécois de classe 1 devront obligatoirement réussir les examens de conduite de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Après deux échecs, ils devront suivre une formation obligatoire avant d’obtenir leur permis.

«Qui va les faire passer ces tests-là? Est-ce que ça va être les merveilleuses écoles qui donnent les formations? Parce que la nouvelle formation qu’ils ont mise en vigueur, ce qu’on a trouvé il y a quelques semaines, c’est qu’il y a une école de Montréal, dans la liste de ceux qui la donnent, qui, eux, ont déjà eu leur permis de donner des cours suspendus parce qu’ils donnaient des fausses attestations», a questionné Mme Poulin, dont la fille est décédée en décembre 2024 dans un accident impliquant un camionneur à Vallée-Jonction.

Celle qui a multiplié les sorties publiques et les représentations afin d’appeler les élus à mieux encadrer l’industrie du camionnage au pays estime par ailleurs que les mesures annoncées par Québec «ne règlent pas le problème».

«C’est provincial. Si le camionneur, il reste sur les lignes de l’Ontario parce qu’il n’est pas capable de passer son examen au Québec, il n’y en a plus de réglementation. C’est le fédéral qui doit emboîter le pas. Ils n’ont pas le choix. Le transport relève du fédéral. C’est à eux à mettre les lignes directrices d’un bout à l’autre du pays», a-t-elle martelé.