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BMW i4 M60 : l’électrique qui refuse d’oublier qu’elle est une BMW
Photo courtoisie Par Marc Bouchard
Il y a des voitures électriques qui misent tout sur la technologie. D’autres sur l’autonomie. Quelques-unes tentent de convaincre avec des accélérations dignes d’une fusée. Et puis il y a la nouvelle BMW i4 M60, qui semble avoir reçu une mission très claire : rappeler qu’une BMW, même électrique, doit d’abord être agréable à conduire.
Et ça, honnêtement, ça fait du bien. Parce qu’au fil des dernières années, plusieurs constructeurs ont réussi à électrifier leurs véhicules… mais en oubliant parfois l’essentiel. Une voiture peut afficher 600 chevaux et un écran géant de 48 pouces, mais si elle donne l’impression de conduire un électroménager, le charme disparaît rapidement. La i4 M60, elle, évite ce piège.
Dès les premiers kilomètres, on retrouve cette signature BMW qu’on connaît depuis longtemps. La direction est précise, rapide sans être nerveuse, et surtout incroyablement communicative pour une voiture électrique. Oui, il y a du poids, la batterie ne disparaît pas par magie, mais les ingénieurs bavarois ont clairement travaillé fort pour masquer la masse.
Dans les courbes, la voiture demeure stable, équilibrée et surtout prévisible. On peut hausser le rythme sans jamais avoir l’impression de lutter contre l’électronique. Les suspensions méritent aussi une mention spéciale. Trop de véhicules électriques misent sur des réglages ultra fermes pour donner une impression sportive. Ici, BMW réussit un équilibre beaucoup plus intelligent. La voiture absorbe les imperfections avec aplomb, sans transformer la route québécoise en séance de chiropractie improvisée. C’est ferme, oui. Mais jamais brutal. Et surtout, ça reste une vraie BMW.
Cette phrase peut sembler anodine, mais elle devient importante dans un monde où plusieurs modèles électriques perdent leur personnalité au passage. La i4 conserve cette connexion entre le conducteur et la machine. On sent encore que le plaisir de conduire faisait partie du cahier des charges. Évidemment, la version M60 ne manque pas de caractère.
Avec ses deux moteurs électriques et sa puissance qui dépasse les 590 chevaux, les accélérations sont presque absurdes. Écraser l’accélérateur provoque ce léger malaise physique qui fait rire les passagers… ou les fait sacrer, selon leur tolérance aux G latéraux. Les dépassements deviennent ridiculement faciles et les entrées d’autoroute se transforment en mini séance de catapulte.
Mais contrairement à certaines rivales électriques qui donnent l’impression d’être rapides uniquement en ligne droite, la i4 M60 conserve une vraie cohérence dynamique. Elle accélère fort, oui, mais elle tourne aussi avec sérieux. C’est là toute la différence.
L’habitacle contribue également à l’expérience haut de gamme. BMW maîtrise depuis longtemps l’art des intérieurs élégants, et cette i4 ne fait pas exception. Les matériaux sont riches, les assemblages impeccables et l’ambiance générale réussissent à mélanger technologie moderne et luxe traditionnel sans tomber dans l’excès futuriste.
Les sièges méritent eux aussi des éloges. Confortables sur longue distance, bien soutenants quand la route devient intéressante, ils rappellent que les Allemands savent encore concevoir des fauteuils capables de sauver un dos fatigué après quelques heures d’autoroute. Et il faut parler de la couleur de mon modèle d’essai : le fameux vert Agave. Magnifique.
Profond, élégant, différent des éternels gris métallisés qui envahissent les stationnements de centres commerciaux. Le problème, c’est qu’au moment de consulter la fiche technique, on découvre que cette couleur coûte près de 5 000 $. Oui, cinq mille dollars pour du vert. À ce prix-là, on pourrait pratiquement repeindre une Civic au complet… avec les roues incluses.
Et c’est un peu le problème de cette i4 M60. La voiture est brillante, mais BMW semble avoir décidé que chaque petite touche de raffinement devait être facturée avec enthousiasme. Les options s’additionnent à une vitesse spectaculaire. Quelques ensembles ici, quelques accessoires là, une couleur exclusive, et soudainement la facture grimpe dans une zone où plusieurs acheteurs commenceront à regarder du côté de Porsche.
C’est dommage, parce que la voiture mérite sincèrement les éloges. Même l’autonomie demeure compétitive pour une berline aussi performante. Sans être la championne absolue de la catégorie, la i4 offre suffisamment de portée pour envisager les déplacements quotidiens et les escapades sans anxiété constante. On nous dit 447, je n’ai jamais dépassé 400 et fait largement moins sur autoroute. Mais cela ne m’a pas inquiété, la voiture acceptant les recharges avec rapidité.
Mais le plus révélateur de toute cette expérience est probablement venu de Chérie. Habituellement, quand j’arrive à la maison avec un véhicule d’essai, elle jette un coup d’œil poli avant de retourner à ses occupations. Cette fois-ci, après quelques kilomètres comme passagère, elle m’a regardé très sérieusement pour demander si elle pouvait réserver la voiture pour la semaine complète.
Pas la partager. La réserver.
Visiblement, le confort, le silence de roulement et le luxe intérieur avaient fait leur effet. Et honnêtement, je la comprends un peu. La i4 M60 réussit quelque chose de rare : elle combine les performances d’une sportive électrique avec le raffinement quotidien d’une grande routière allemande.
Ce n’est pas donné. Même pas proche. Mais contrairement à certaines électriques ultra puissantes qui impressionnent surtout sur une fiche technique, cette BMW possède encore une âme. Et dans l’univers électrique actuel, c’est probablement sa plus grande qualité.
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