Les ingénieurs du gouvernement du Québec en grève le 20 mai

La Presse Canadienne | 8 mai 2026 | 05:00
Un chantier de construction routière à Lévis, au Québec. Photo prise le 19 septembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Les ingénieurs du gouvernement du Québec annoncent une journée de grève, le 20 mai, qui sera suivie d’autres journées, ce printemps, si le dossier de la négociation pour le renouvellement de leur convention collective ne débloque pas.

L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) représente quelque 1900 ingénieurs qui travaillent pour les différents ministères, surtout celui des Transports, mais aussi ceux de l’Environnement, des Affaires municipales, des Ressources naturelles et de la Cybersécurité.

La journée du 20 mai sera un «coup de semonce», a prévenu en entrevue, jeudi, Marc-André Martin, président de l’APIGQ.

«Ça va s’enchaîner. Il va y avoir un crescendo jusqu’au mois de juin. Puis, un moment donné, ça va tomber en grève générale illimitée, puis on va ouvrir la machine au complet», a lancé M. Martin.

Si les journées de grève se multiplient, cela pourrait finir par avoir des répercussions sur les chantiers d’infrastructures, puisque les ingénieurs du gouvernement doivent donner des autorisations.

«On va y aller avec parcimonie, mais on veut être pris au sérieux», insiste M. Martin.

Si la grève venait à être déclenchée, des services essentiels devraient être maintenus. 

Leur convention collective est échue depuis le 31 mars 2023, soit en même temps que celles des autres employés de l’État.

Les négociations sont dans une impasse, a rapporté M. Martin. Et aucune autre séance n’est prévue pour le moment.

L’APIGQ veut rencontrer la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, pour lui exposer ses arguments, d’autant plus que le Québec vit «une crise des infrastructures», fait-il valoir.

Ces syndiqués avaient déjà débrayé durant huit jours en 2025, dans le cadre de la même négociation.

Le litige porte sur le télétravail, l’aménagement des bureaux, mais, surtout, sur une «enveloppe sectorielle» que souhaite obtenir l’APIGQ. Celle-ci est destinée à financer des avantages spécifiques pour des groupes considérés prioritaires. Elle permettrait d’aller au-delà des 17,4 % d’augmentations de salaire sur cinq ans qu’ont obtenues l’ensemble des employés de l’État.

Dans une lettre qu’elle avait fait parvenir à M. Martin, la présidente du Conseil du trésor avait assuré offrir aux ingénieurs les mêmes paramètres que ceux qui ont été accordés aux autres employés de l’État.

«Dans le cadre de la négociation, il importe de souligner que les mesures monétaires qui vous sont accessibles sont comparables à l’enveloppe monétaire applicable aux autres groupes généraux des secteurs public et parapublic», avait affirmé la ministre Duranceau.

«Toutefois, je me dois également de préciser que la hauteur de vos demandes est largement supérieure à cette enveloppe et que l’équité entre les groupes doit être respectée», avait-elle ajouté.