Le député défait Pascal Paradis nommé négociateur en chef du Québec

La Presse Canadienne | 19 octobre 2026 | 12:07
Pascal Paradis est applaudi par le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, alors qu’il arrive pour prêter serment en tant que député de Jean-Talon, le mardi 17 octobre 2023, à l’Assemblée nationale, à Québec. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Après avoir été défait au scrutin d’il y a deux semaines dans sa circonscription de Jean-Talon, l’ex-député péquiste Pascal Paradis a obtenu une promotion: le nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon l’a nommé lundi diplomate et négociateur en chef.

«Pascal Paradis est le meilleur choix pour occuper ce poste en raison de son bagage personnel et professionnel», a assuré le premier ministre élu, Paul St-Pierre Plamondon, lundi matin, sur les réseaux sociaux.

M. Paradis sera appelé à s’asseoir avec les nations autochtones, mais aussi à jouer un rôle dans les négociations pour le renouvellement de l’entente de libre-échange avec les États-Unis, a précisé le gouvernement. 

À ce titre il prendra donc le relais de la négociatrice en chef nommée par le gouvernement Fréchette, Louise Blais. 

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) n’a pas mis de temps à critiquer la décision de M. St-Pierre Plamondon en la qualifiant de «nomination partisane».

Dans un message publié sur Facebook, la nouvelle députée élue de Montmorency, Marie-Josée Hélie, a qualifié M. Paradis de «super-ministre-non-élu avec un accès privilégié au premier ministre et des responsabilités redondantes qui court-circuitent celles de ministères et d’organisations».

Le nouveau premier ministre élu avait déjà laissé entendre qu’il réfléchissait à confier un nouveau rôle à M. Paradis, qui s’était distingué à titre de parlementaire dans l’opposition péquiste, notamment avec sa vaste expérience internationale. 

«Son mandat sera notamment de maintenir des relations solides, durables et empreintes de confiance avec les nations autochtones», a précisé un porte-parole du nouveau gouvernement péquiste.

«Il sera appelé à entretenir un dialogue constant avec leurs représentants et à agir comme l’un des principaux interlocuteurs du gouvernement, en veillant à ce que les canaux de communication demeurent toujours ouverts et productifs.»

M. Paradis interviendra ainsi sur les enjeux de l’énergie, des traités avec les Autochtones et dans tout autre dossier où un dialogue est requis, indique-t-on.

En outre, M. Paradis jouera un «rôle central» dans les relations internationales du Québec, particulièrement avec les États-Unis. C’est là qu’il sera négociateur en chef du gouvernement dans les pourparlers sur les échanges commerciaux.

Le gouvernement précise que cela ne veut pas dire qu’il a l’intention de négocier directement avec les Américains, mais: «on veut que le Québec soit à la table».

«Par cette nomination, nous faisons le choix de miser sur l’expérience et la compétence pour venir épauler notre gouvernement dans plusieurs missions cruciales. Ça me rend très fier de pouvoir accueillir, à nouveau, Pascal dans notre équipe», a conclu M. St-Pierre Plamondon.

M. Paradis sera appelé à épauler le ou la futur ministre des Relations internationales du Québec. 

Il relèvera toutefois directement du premier ministre et il «disposera de la légitimité et de l’autorité nécessaires pour assurer la cohérence de l’action gouvernementale et faire progresser ces dossiers prioritaires».

Aucun élu péquiste à Québec

La défaite de M. Paradis a été un choc pour le Parti québécois (PQ).

Élu dans Jean-Talon à la faveur d’une complémentaire en 2023, il a été le seul député du PQ dans la Capitale-Nationale jusqu’au 5 octobre, lorsqu’il a plié l’échine devant la candidate libérale Julie White. Le reste de la région a été balayé par le Parti conservateur (PCQ), tandis que Québec solidaire (QS) a réussi à garder ses deux sièges de Taschereau et Jean-Lesage. 

La région se retrouve sans aucun représentant au gouvernement, puisqu’aucun candidat péquiste n’a réussi à y remporter un siège. 

On ne sait toujours pas comment le nouveau premier ministre s’assurera de la représentation de la région de Québec au sein de son conseil des ministres qui sera présenté ce mercredi. 

Un profil international

Avocat d’affaires. M. Paradis a oeuvré pendant 25 ans dans le domaine des relations internationales dans des pays des Amériques, d’Europe et d’Afrique.

Il s’est occupé de projets d’infrastructures, de transactions internationales, de commerce international et d’énergie. 

Mais également, il a été nommé par le gouvernement fédéral membre d’un comité de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) sur le règlement des disputes commerciales privées, poste qu’il a occupé pendant 13 ans.  

Il a aussi été directeur général d’Avocats sans frontières Canada pendant 20 ans et également mis en oeuvre plus d’une cinquantaine de projets de coopération internationale.

Détenteur d’un baccalauréat en droit de l’Université Laval, M. Paradis a fait sa maîtrise en droit international à la London School of Economics.