Dernier conseil des ministres: les caquistes affirment laisser la maison en ordre

La Presse Canadienne | 14 octobre 2026 | 16:02
Simon Jolin-Barrette aux côtés de Christine Fréchette lors d'un arrêt de campagne à Mont-Saint-Hilaire le 9 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi

Les ministres caquistes, réunis à Québec pour une dernière fois mercredi, assurent laisser la maison en ordre pour le prochain gouvernement. 

Trois d’entre eux, dont Simon Jolin-Barrette, réfléchissent désormais à succéder à Christine Fréchette.

La Coalition avenir Québec (CAQ), qui comptait 90 députés en 2022, n’en a fait élire aucun le 5 octobre dernier. Dès le lendemain, Mme Fréchette annonçait sa démission. 

Mercredi, la première ministre sortante a présidé son tout dernier conseil des ministres à l’Assemblée nationale, un moment émouvant de l’aveu de plusieurs. 

«Ça va être l’occasion de boucler la boucle, de dire au revoir aux collègues, saluer tout le travail qu’ils ont réalisé», a-t-elle confié à son arrivée.

Selon son vice-premier ministre, Ian Lafrenière, la CAQ laisse la maison en ordre pour le prochain gouvernement.

«On laisse la maison dans un état qui est mieux qu’auparavant, a-t-il plaidé en mêlée de presse. Dans tous les dossiers, il y a des avancées. (…) Les gens vont les découvrir.»

Il a donné l’exemple des relations avec les Premières Nations et les Inuit. «Je suis très fier de ce qu’on a fait», a-t-il dit, refusant toutefois de se prononcer sur la santé des finances publiques.

«On a le deuxième ou troisième plus petit déficit au Canada», a plus tard défendu le ministre sortant des Finances, Eric Girard. 

Rappelons qu’à son arrivée au pouvoir en 2018, la CAQ avait hérité d’un surplus de 8 milliards $. Mais le gouvernement du Québec a depuis dû gérer une pandémie, a rappelé M. Girard. 

Il croit que le prochain gouvernement fera face à des «défis» en matière d’infrastructures. «Gouverner, c’est toujours compliqué. Je leur souhaite sincèrement bonne chance.»

De son côté, Mme Fréchette a déclaré laisser notamment en héritage l’importante entente sur l’hydroélectricité conclue avec Terre-Neuve-et-Labrador.

Elle n’aurait toutefois pas reçu de garantie de la part du premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, que cette entente sera maintenue dans son intégralité.

Chefferie: des ministres défaits en réflexion

L’heure est à la reconstruction à la CAQ; le parti se donnera d’ailleurs un chef intérimaire en fin de semaine.

Mercredi, plusieurs ministres défaits ont laissé entendre qu’ils réfléchissaient à la chefferie, à commencer par Simon Jolin-Barrette.

«Je pense que lorsqu’on veut changer des choses, c’est en politique que ça se passe, a-t-il déclaré. Je suis prêt à servir le peuple québécois.»

Il a ajouté, le sourire en coin: «Vous allez vous ennuyer de moi si je ne suis pas là.»

Ian Lafrenière, qui avait déjà manifesté de l’intérêt pour la chefferie, l’a réitéré mercredi.

«Je ne le cacherai pas: j’ai de l’intérêt à travailler au futur de ce parti-là, a-t-il affirmé. On a une bonne réflexion à faire. On va la commencer, on va se donner le temps.

«Il y a plusieurs personnes qui ont mentionné avoir un intérêt. Le parti est bien vivant», a-t-il souligné.

Mathieu Lévesque, ministre défait dans Chapleau, s’est dit «flatté» de voir son nom circuler pour la chefferie. Or, selon lui, il est encore trop tôt pour annoncer ses couleurs.

«D’abord, il faudrait peut-être faire un bon post-mortem. (…) Il va falloir que les instances du parti se réunissent. Il faut respecter le processus en cours», a-t-il fait valoir.

Il a cependant pris la peine de rappeler qu’il avait participé à la fondation de la CAQ, présidé son aile jeunesse et accompagné François Legault pendant la campagne de 2012.

Le candidat défait dans Richmond, Guillaume Rousseau, a aussi fait part de son intérêt. 

«Je ne peux faire autrement que de réfléchir à mon implication pour la suite et plus largement à l’avenir du Québec et du parti», a-t-il écrit sur X.

Après une cuisante défaite dans Lévis, Bernard Drainville a confié, lui, vouloir s’occuper dans les prochains mois de ses abeilles et de son petit-fils à naître, Laurent.