Hyundai IONIQ 6 N, une électrique qui réveille l’enfant en nous
Photo courtoisie Par Marc Bouchard
La Hyundai IONIQ 6 N, c’est une berline électrique de haute performance, rien de plus. Mais en même temps, elle a beaucoup plus à offrir. Car au-delà de sa silhouette futuriste et de sa technologie de pointe, elle poursuit un objectif beaucoup plus simple : nous donner le sourire derrière le volant.
Et je dois reconnaître que, sur ce plan, Hyundai a plutôt bien réussi son coup.
La division N du constructeur coréen ne date pas d’hier. Elle s’est fait connaître avec des modèles sportifs à essence avant de s’attaquer aux véhicules électriques, notamment avec l’IONIQ 5 N. Cette fois, c’est au tour de l’IONIQ 6 de recevoir le traitement musclé. Mais attention : on ne parle pas ici d’une simple version plus puissante, agrémentée de quelques accessoires esthétiques.
Sous sa carrosserie ultra aérodynamique, qui ne diffère pas tant de la version ordinaire à l’exception d’un aileron surdimensionné, la berline reçoit deux moteurs électriques, un rouage intégral HTRAC et une mécanique entièrement adaptée à une conduite sportive. La puissance atteint 601 chevaux, mais grimpe à 641 chevaux lorsqu’on active le mode N Grin Boost en appuyant sur un petit bouton au volant. Le couple maximal s’établit à 568 lb-pi. Autrement dit, mieux vaut prévenir les passagers avant de solliciter l’accélérateur. Et de s’assurer que vous êtes bien enfoncés dans le siège sport qui vous accueille à l’avant.
Une sportive qui ne fait pas semblant
La première accélération surprend par sa vigueur. Contrairement à une voiture thermique, qui doit faire monter son moteur en régime et parfois rétrograder avant de livrer toute sa puissance, l’IONIQ 6 N répond immédiatement. La poussée est franche, surprenante même, mais demeure bien maîtrisée grâce au rouage intégral.
Une sportive ne se résume pas à des chiffres impressionnants. La marque a donc ajouté plusieurs fonctions destinées à rendre l’expérience plus engageante. La technologie N e-Shift simule des changements de rapports, avec des variations de régime et des sensations qui rappellent une boîte de vitesses traditionnelle.
C’est artificiel? Absolument. Est-ce amusant? Étonnamment, oui. Les amateurs de sensations pourraient y trouver leur compte, même si les puristes préféreront probablement conserver la douceur habituelle d’un moteur électrique.
Le système N Sound+ pousse l’expérience plus loin en proposant des ambiances sonores simulées, allant de la voiture sportive à des sonorités dignes d’un vaisseau spatial. Tout passe par les haut-parleurs de l’habitacle. Pour ma part, j’ai rapidement préféré retrouver le silence, plutôt que les sons un peu trop artificiels. Mais c’est une question purement personnelle.
Tenue de route
L’accélération impressionne, mais c’est dans les virages que l’IONIQ 6 N révèle une autre facette de sa personnalité. La suspension adaptative, les réglages de châssis spécifiques et les pneus Pirelli P Zero de 20 pouces contribuent à maintenir la voiture en place lorsque la route se fait plus sinueuse.Son poids reste perceptible, comme c’est souvent le cas avec une électrique dotée d’une batterie imposante. Pourtant, l’équilibre général est convaincant. Le conducteur peut également ajuster la réponse de l’accélérateur et la répartition du couple entre les essieux.
Les plus téméraires disposent même du N Drift Optimizer, conçu pour faciliter les dérapages contrôlés. J’ai cependant laissé volontiers cette fonction aux pilotes qui possèdent les compétences nécessaires et un budget de pneus qui va de pair.
La batterie de 84 kWh permet d’afficher une autonomie maximale d’environ 440 km dans les conditions observées. En conduite réelle, il faut évidemment s’attendre à une consommation supérieure lorsqu’on exploite régulièrement les 641 chevaux disponibles. Une distance d’environ 400 km demeure néanmoins envisageable si on conduit avec une certaine retenue.
La recharge rapide constitue un autre avantage. Hyundai annonce un passage de 10 à 80 % en environ 18 minutes sur une borne de 350 kW, lorsque les conditions sont optimales. La compatibilité avec la norme NACS facilite également l’accès au réseau de recharge nord-américain.
Reste la question du prix canadien, qui doit encore être confirmé. Une sportive aussi spécialisée risque de coûter sensiblement plus cher qu’une berline électrique traditionnelle, surtout que la déclinaison N sera disponible en quantité limitée.
L’IONIQ 6 N n’a donc pas la prétention de convenir à tout le monde. Son autonomie demeure perfectible, sa suspension privilégie la précision au confort absolu et son potentiel dépasse largement ce que permettent les routes publiques. Si mes articulations me rappellent parfois que je ne suis plus un adolescent, cette Hyundai sait encore me convaincre du contraire, au moins le temps d’une accélération.
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