Hausse de surdoses observée en Chaudière-Appalaches

Benjamin Aubert | 1 octobre 2026 | 15:16
Photo: Gracieuseté Santé Québec Chaudière-Appalaches

Une hausse des surdoses est observée depuis l’été dans certains secteurs semi-ruraux et ruraux de la région de Chaudière-Appalaches, indiquent les autorités de santé.

Depuis le début de l’année, 600 visites aux urgences liées aux substances psychoactives ont été recensées comparativement à 508 pour la même période l’an dernier. Cela représente une hausse de 18%.

Une vingtaine de décès par une intoxication aux substances psychoactives ont été signalés par les services du coroner au cours de cette période.

Les autorités s’inquiètent également de constater qu’une analyse toxicologique récente a confirmé la présence simultanée de fluorofentanyl et de dexmédétomidine dans une substance poudreuse, granuleuse et non uniforme, de couleur rose, acquise sur le marché clandestin en ligne.

Cette substance serait associée à un décès par surdose survenu récemment dans la région, disent-elles en soulignant qu’il s’agit d’une première situation de ce type qui est documentée sur le territoire de Chaudière-Appalaches.

Selon Santé Québec Chaudière-Appalaches, le fluorofentanyl est un opioïde de synthèse puissant qui peut entraîner une dépression respiratoire sévère, de l’hypoxie rapide ou un arrêt cardiorespiratoire.

Quant à la dexmédétomidine, il s’agit d’un médicament sédatif et analgésique puissant à usage hospitalier. Elle est parfois ajoutée aux opioïdes de rue pour prolonger la durée de l’effet sédatif. Elle peut entraîner une sédation profonde, une bradycardie marquée, de l’hypotension artérielle et des collapses cardiovasculaires.

«L’association du fluorofentanyl et le dexmédétomidine peuvent ainsi entraîner un double effet dépresseur (neurologique, respiratoire et hémodynamique), notamment une sédation importante ainsi qu’une dépression des fonctions respiratoires et cardiovasculaires. Ceci peut augmenter la gravité et le risque de surdose», indique Santé Québec Chaudière-Appalaches.

Comme la naloxone ne renverse que la composante opioïde et qu’elle n’a aucun effet sur la sédation, la bradycardie et l’hypotension causées par la dexmédétomidine, un patient réanimé à la naloxone peut demeurer comateux ou en choc cardiovasculaire.