Déjeuner électoral de Beauce-Nord | Des échanges pertinents et sans confrontation
Photo: Benjamin Aubert - MaBeauce.com Quatre candidats au poste de député de Beauce-Nord ont échangé mardi matin au Centre Caztel concernant leurs propositions pour la circonscription dans le cadre du déjeuner électoral des chambres de commerce et d’industrie de Saint-Joseph-de-Beauce et de la Nouvelle-Beauce.
Dans une formule évitant les confrontations frontales, Philippe Simard (CAQ), Éric Gagnon-Poulin (PQ), Patricia Drouin (PCQ) et Nancy Labbé (PLQ) ont fait connaître leurs positions sur différents sujets.
L’événement de deux heures, tenu devant plus d’une centaine de personnes, a permis aux participants d’être notamment entendus sur leurs priorités locales, l’adaptation des politiques aux réalités régionales, l’aide aux entreprises, les enjeux de main-d’œuvre et d’immigration, le projet de troisième lien ainsi que les modifications aux zones inondables.
DES ZONES INONDABLES QUI INQUIÈTENT
Sur ce dernier enjeu, la candidate libérale, qui est aussi directrice générale de la MRC de la Nouvelle-Beauce, Nancy Labbé, a soutenu que les nouvelles cartes auront un «impact majeur» sur le boulevard Vachon, à Sainte-Marie, ainsi que «sur une bonne partie du village de Scott». À son avis, «le guide méthodologique qui a été poussé dans les pattes par le ministère de l’Environnement ne fait aucun sens». Elle souhaite «faire venir les fonctionnaires» pour leur «faire marcher la rivière [et] le boulevard Vachon».
Son avis est partagé par la candidate conservatrice et ancienne mairesse de Vallée-Jonction, Patricia Drouin, qui parle de cartes «inacceptable» et reproche au gouvernement de ne pas avoir consulté le milieu.
Pour sa part, le péquiste Éric Gagnon-Poulin dit avoir appris que sa propre résidence de Saint-Joseph-de-Beauce se trouverait désormais en zone inondable en constant la visite d’arpenteurs sur son terrain. Il souhaite «éviter des approches uniformes» et permettre aux municipalités et MRC d’avoir «davantage de moyens de pouvoir participer à la délimitation des zones à risque» afin d’éviter de «tuer [les] cœurs urbains».
De son côté, le caquiste Philippe Simard, dont la formation politique est à l’origine de la révision en cours, soutient que les cartes préliminaires «vont faire l’objet de révisions» et que celles-ci «ne nécessiteront pas des études ou des caractérisations pour les municipalités». Il indique également vouloir «se battre» pour «les 15 % pour la zone climatique». «C’est inquiétant, et je m’engage à me battre pour ça, parce qu’on a une rivière qui ne fait plus beaucoup d’embâcles, mais qui est une rivière qui monte avec le débit d’eau et les précipitations qui montent rapidement», dit-il.

Un 3e lien qui fait toujours parler
Sur la question du 3e lien, dont la réalisation est de retour dans les discussions de campagne pour une troisième campagne électorale consécutive, Philippe Simard a assuré que son parti «est en action» alors que «21 entreprises ont déposé leur intérêt pour réaliser le projet».
«Oui, il y a eu, en tout cas, des eaux troubles, là, mais c’est du passé. On va de l’avant», a-t-il martelé en critiquant au passage le projet «complètement ridicule» du Parti conservateur.
« Le projet du Parti conservateur ne permet pas aux bateaux de passer pour aller au port de Québec qu’on vient de développer. Le Parti québécois, c’est un projet pour le transport collectif. Voyons donc, ça n’a aucun cr… de bon sens. Excusez-moi, excusez-moi!», a-t-il laissé entendre.
M. Simard s’exprimait ainsi après avoir entendu son adversaire conservatrice répéter que sa formation «garde la même ligne directrice» sur cet enjeu depuis «longtemps».
«On l’a cru, sous le gouvernement de la CAQ, que ça allait arriver au niveau du troisième lien. On a été déçu. On a des libéraux qui veulent retourner en études. Ça n’a pas de bon sens. Il va falloir le réaliser. […] Actuellement, il y a un projet en cours au niveau du pont de l’île. Ce qu’on veut, c’est de permettre une voie pour faciliter le transport. C’est plus que pour faciliter le transport. C’est un projet structurant. […] Plus on attend, plus les coûts sont exonéreux», a mentionné Mme Drouin.
De son côté, la candidate libérale, Nancy Labbé, a expliqué vouloir «défendre» l’idée d’un 3e lien à l’est tout en regardant «la possibilité d’ajouter le privé». Elle critique toutefois la version conservatrice du projet, qu’elle estime peu réaliste, puisque «la CPTAQ ne [la] laissera pas faire sans imposer ses conditions».
«C’est une idée qui mérite qu’on s’y attarde, mais, dans la réalité, l’île d’Orléans est zonée agricole à presque 98% […] Dans le monde municipal, les étapes, à partir du moment où on est zoné agricole, si on veut apporter un pont, il y a vraiment, vraiment des étapes à passer», a-t-elle souligné.
Enfin, le péquiste Éric Gagnon-Poulin a justifié que le projet ne soit pas parmi les promesses de son parti, puisqu’il n’y a pas d’entente sur un possible tracé.
«Ce qu’on veut, c’est une saine gestion des finances publiques, être en mesure de prévoir, avoir une politique nationale de nos infrastructures, nos grandes infrastructures routières, pour qu’on puisse les prévoir. On n’est pas contre. On n’exclut pas que ce soit pour le transport lourd, éventuellement, mais on n’en fait pas une promesse électorale, parce qu’on veut faire une campagne sur des enjeux de société qui vont au-delà d’un lien entre deux rives. On comprend que les problèmes de fluidité existent, et c’est terrible. […] Mais d’en faire une promesse électorale, on a refusé de le faire pour ne pas se mettre le pied dans un panier de crabes. Le pont sur l’île d’Orléans, on n’est pas d’accord là-dessus. C’est quelque chose d’improvisé. Une voie, ça n’a absolument aucun sens», a-t-il indiqué.
En vitesse
Tous les candidats s’entendent sur la nécessité d’adapter les politiques aux réalités régionales.
En réponse à Patricia Drouin, qui déplorait des lacunes en matière de couverture cellulaire à Frampton et Saint-Odilon, Philippe Simard a indiqué que les tours annoncées dans ces secteurs sont maintenant fonctionnelles et que «le problème est déjà réglé».
Pour venir en aide aux entreprises dans le contexte de la guerre commerciale, Nancy Labbé propose notamment de «redonner un peu d’oxygène aux entreprises» et «réduire notre vulnérabilité». Philippe Simard rappelle que la CAQ a lancé deux programmes pour répondre aux besoins de la population et des entreprises. Patricia Drouin indique que son parti a présenté un plan anti-tarif en cinq points, qui comprend des coupures de 47 G$ dans l’appareil gouvernemental ainsi que des baisses d’impôts des entreprises de 59%. Enfin, Éric Gagnon-Poulin demande à Ottawa que la totalité des montants perçus par les contre-tarifs soient reversés entièrement aux entreprises touchées.
Les quatre formations présentes ont toutes présenté une forme de mesure pour réduire la paperasse pour les entreprises. Cependant, les façons d’y arriver diffèrent. Le PQ souhaite créer un Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire. Le PCQ veut «revoir tous les programmes gouvernementaux en place» et couper de 30% la paperasse. La CAQ et les libéraux proposent pour leur part une règle du 2 pour 1 selon laquelle toute nouvelle obligation réglementaire devra être remplacée par deux charges équivalentes.
Le déjeuner électoral sera diffusé prochainement sur les ondes de NousTV.