Le premier ministre Carney affirme avoir discuté avec Trump dans les derniers jours

La Presse Canadienne | 11 septembre 2026 | 05:00
Le PDG de Guru, Carl Goyette, quitte ses fonctions. Le voici photographié au siège social de l’entreprise à Montréal, le 11 mars 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi

Le premier ministre Mark Carney a dit avoir parlé avec le président américain Donald Trump «à quelques reprises» ces derniers jours, alors que la guerre commerciale entre les deux pays ne cesse de s’intensifier.

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, M. Carney a déclaré qu’il s’entretenait régulièrement avec M. Trump.

«Nous continuons à travailler avec les États-Unis. Nous sommes capables de compartimenter là-dessus», a indiqué M. Carney en réponse à une question sur le rôle du Canada dans la quête pour la paix en Ukraine.

Le premier ministre a ajouté qu’une partie des responsabilités des dirigeants consistait à travailler ensemble pour résoudre des problèmes mondiaux, tels que la guerre en Ukraine. M. Carney a précisé que M. Trump et lui-même avaient également abordé la guerre en Iran et «d’autres développements dans des évènements mondiaux».

Le cabinet du premier ministre a confirmé que les deux dirigeants s’étaient entretenus ces derniers jours,mais n’a fourni aucun détail sur la date exacte de cette conversation, ni même précisé si elle avait eu lieu avant ou après la dernière escalade des mesures commerciales.

Les droits de douane de rétorsion imposés par le Canada, compris entre 15 et 50 %, sur des dizaines de produits importés des États-Unis sont entrés en vigueur mardi. Près de 24 heures plus tard, Donald Trump a signé de nouveaux décrets visant à interdire l’importation de certains produits, dont la plupart des alcools, et à augmenter les droits de douane sur d’autres.

Rétorsion, interdictions, décrets

Tout cela fait suite à une impasse dans les négociations commerciales en août, qui a conduit Donald Trump à imposer des droits de douane de 50 % sur près de 28 milliards $ de produits canadiens, allant du miel et des crèmes solaires aux équipements sportifs en passant par le lait.

Les deux parties se sont mutuellement reproché ces tensions commerciales, le Canada accusant les États-Unis de tenter d’imposer des exigences de dernière minute qui auraient restreint les mesures de protection du Canada en matière de langue et de culture, ainsi que sa capacité à négocier des accords commerciaux avec d’autres pays.

M. Carney a dit jeudi que tout accord avec les États-Unis ne devait pas porter atteinte à la souveraineté du Canada ni à sa capacité à protéger et à promouvoir les langues officielles et la culture canadienne.

«Le Canada est toujours prêt à conclure un accord équitable, a-t-il dit. Nous pensons qu’il existe un accord mutuellement avantageux pour le Canada et les États-Unis, et notre équipe, ainsi que moi-même, sommes prêts.»

Les responsables politiques canadiens s’opposent aux décrets présidentiels de Trump limitant l’accès des entreprises canadiennes aux marchés publics et instaurant une nouvelle série de droits de douane.

Les cinq nouveaux décrets, qui entreront en vigueur le 29 septembre, interdiront totalement l’importation de certains produits canadiens, notamment les motos, certains produits laitiers et les boissons alcoolisées.

Elles suppriment également certains articles de la liste des droits de douane, tels que le papier toilette et le ciment, tout en y ajoutant de nouveaux produits soumis à des droits de douane, notamment d’autres produits laitiers.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré jeudi que les entreprises touchées par les droits de douane et les interdictions pourront bénéficier des programmes d’aide de la province.

Dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce de la région de Toronto, M. Ford a indiqué que l’Ontario étendrait l’admissibilité à ses programmes de soutien face aux droits de douane aux secteurs touchés afin qu’ils puissent poursuivre leurs activités.

La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a ordonné au secteur public de la province de cesser d’acheter des produits américains lorsque des substituts canadiens sont disponibles. Elle a déclaré que cette mesure constituait une réponse à la dernière série de droits de douane américains.

Mme Holt a ajouté que son gouvernement examinait également s’il disposait des pouvoirs nécessaires pour empêcher les Américains d’obtenir des permis de pêche et de chasse, ainsi que des concessions minières.

Son gouvernement interdira également l’achat de biens et de services américains dans le cadre de contrats d’une valeur supérieure à 5 millions $ à compter du 1er octobre.