Équilibre budgétaire : «70 %» des efforts à fournir repoussés au prochain gouvernement

La Presse Canadienne | 17 août 2026 | 10:59
Le drapeau du Québec au sommet de l’Assemblée nationale du Québec, le mercredi 18 janvier 2023, à Québec. LAPRESSECANADIENNE/ Jacques Boissinot

La majorité des efforts à fournir pour atteindre l’équilibre budgétaire tomberont dans la cour du prochain gouvernement, selon l’analyse du Vérificateur général du Québec portant sur le rapport préélectoral 2026, dévoilée lundi. 

Québec devra se serrer la ceinture durant plusieurs années pour respecter la Loi sur l’équilibre budgétaire, qui exige d’enrayer le déficit d’ici 2029-2030.

Le prochain gouvernement devra fournir des efforts budgétaires de 2 milliards $ dès l’an prochain pour maintenir le cap vers l’équilibre budgétaire. L’année suivante, le cadre financier prévoit un effort de 3 milliards $, en plus d’un écart de 1,85 milliard $ à résorber. 

«Je vous dirais que les efforts les plus importants pour atteindre l’équilibre budgétaire sont consacrés en 2028-2029 et en 2029-2030», répond la vérificatrice générale, Christine Roy, en conférence de presse.

«C’est plus de 70 % des mesures qui devront être mises en place dans les deux dernières années du plan de retour à l’équilibre budgétaire», enchaîne-t-elle. 

Pour atteindre l’équilibre budgétaire, le gouvernement mise sur un ralentissement de la croissance des dépenses. Ce ralentissement implique la réduction ou la fin du financement de certaines activités de programme. 

L’écart à résorber, pour sa part, représente la partie non identifiée des actions à prendre pour atteindre l’équilibre budgétaire. 

En théorie, cet écart pourrait se combler en réduisant davantage les dépenses, en mettant en place de nouvelles sources de revenus, avec une amélioration de la situation économique ou en utilisant les provisions prévues en cas de choc économique.   

La vérificatrice générale reconnaît que les partis politiques n’ont pas «une grande marge de manœuvre» pour de nouvelles promesses dans leur cadre budgétaire. 

«Ça appartient aux partis politiques de décider s’ils veulent faire des mesures additionnelles, mais à ce moment-là, ils doivent expliquer comment ils vont les financer», précise-t-elle.

Le rapport n’est pas une surprise préélectorale. Dans ses deux derniers budgets, le ministre des Finances, Eric Girard, a mentionné la présence d’écart à résorber au cours des prochains exercices. 

Dans sa réponse contenue dans le rapport, le ministère des Finances défend son choix de laisser un écart à résorber aux états financiers. 

Cette décision permet d’éviter des compressions qui ne seraient pas nécessaires si la situation économique était meilleure que prévu, selon lui. 

Le ministère rappelle que le déficit est calculé après le versement au Fonds des générations. Avant ce versement, il y aurait un surplus budgétaire en 2029-2030. 

Le risque Trump

Dans l’ensemble, le Vérificateur général du Québec juge les hypothèses du gouvernement «plausibles», mais il précise que leurs réalisations constituent un défi.

La grande question demeure l’évolution des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis. Le gouvernement Carney tente d’éviter de nouveaux droits de douane de 50 %, que menace d’imposer l’administration Trump, mercredi.

«Tout ça, ça va dépendre de ce qui se passe cette semaine, on est dans l’incertitude», constate Mme Roy.

«Si ça se concrétise cette semaine (les nouveaux droits de douane), chacun des partis politiques devra faire un ajustement à son cadre financier et tenir compte de la situation», ajoute-t-elle. 

Le ministre Girard doit tenir un point de presse, plus tard en avant-midi.