Meurtre de Karine Bélanger | Keven Deblois est reconnu coupable
Photo du véhicule incendié prise par le Service d'identité judiciaire de la Sûreté du Québec au cours de la soirée du 25 septembre 2022 ainsi que l'accusé Keven Deblois et la victime Karine Bélanger en mortaise. | Photo déposée en preuve au tribunal et tirée de Facebook Keven Deblois, 28 ans, de Sainte-Marie, a été reconnu coupable vendredi de tous les chefs d’accusation qui pesaient contre lui.
La jurée numéro 7 a pris la parole au nom de l’ensemble des membres du jury un peu après 11h, soit un peu plus de 24 heures après que celui-ci ait été séquestré pour les délibérations.
Aux trois chefs d’accusation lus par la greffière, elle a répondu «coupable». Keven Deblois est donc coupable du meurtre au deuxième degré de son ex-conjointe, Karine Bélanger, d’outrage à un cadavre et d’incendie criminel.
Rappelons que le corps de Karine Bélanger avait été retrouvé fortement carbonisé à l’intérieur d’un véhicule Dodge Ram incendié à Saint-Bernard dans l’après-midi du 25 septembre 2022. Elle avait été vue vivante pour la dernière fois en début de soirée la veille, chez la mère de l’accusé.
Le véhicule incendié avait volé à Sainte-Marie un peu plus d’une heure avant d’être aperçu en flammes dans un champ du rang Saint-Pierre.

Un pathologiste a indiqué lors du procès de l’accusé que Karine Bélanger était décédée d’un traumatisme abdominal possiblement causé par arme à feu, ou encore par un objet contondant. L’arme du crime n’a pas été retrouvée et on ignore le moment exact ainsi que le lieu du meurtre.
Long procès
Amorcé le 7 avril dernier, le procès de Keven Deblois devait initialement durer entre quatre et cinq semaines, mais il s’est plutôt étendu sur huit semaines en raison de nombreux débats de droit tout au long des procédures.
En cours de procès, le juge Carl Thibault a notamment dû trancher une requête en avortement de procès, qu’il a décliné.
«C’est très dur, mais je suis très contente de ce qui s’est passé. J’espère qu’il va réfléchir, il n’a aucun remords. Il a les yeux qui regardent ailleurs, puis il se baisse la tête. Ce gars-là n’aucun aucun remords. C’était un crime gratuit», a réagi la mère de la victime, Linda Arsenault, qui a assisté à la majorité du procès par visioconférence.

«Dans ma tête à moi, je n’ai jamais accepté. Puis, je n’accepterai jamais ce qu’il a fait. Jamais, moi, je ne vais le pardonner. Ça, c’est une affaire que jamais, au grand jamais, je ne vais pardonner», a-t-elle ajouté.
Le père adoptif de Karine Bélanger, Noël Gagnon, a soutenu pour sa part que le prononcé du verdict lui «enlève une tonne de brique de sur la tête». «Je suis très content que ça soit terminé, enfin. Ça a été très dur. Très, très dur. Nuit après nuit, on se couche et on pense tout le temps à ça», a-t-il poursuivi.

«Après plusieurs semaines de requêtes et de procès, le jury a rendu son verdict en avant-midi aujourd’hui. Nous sommes assez satisfaits qu’enfin la famille puisse avoir une finalité au processus», a mentionné pour sa part la procureure de la Couronne, Me Annik Harbour.

Peine
En étant reconnu coupable de meurtre au deuxième degré, Keven Deblois est ainsi condamné à la prison à perpétuité. Le juge devra toutefois déterminer prochainement le nombre d’années qu’il devra purger sans avoir accès à une libération conditionnelle.
À ce sujet, le jury a recommandé unanimement une période d’inadmissibilité de 18 ans après avoir été invité par le juge à se prononcer. Les avocates feront leurs représentations ultérieurement.
Le dossier doit revenir devant le tribunal vendredi prochain pour une gestion, étant donné que l’avocate de la défense, Me Marie-Laurence Spain, a fait savoir qu’elle devait effectuer certaines vérifications pour la suite des choses.
La défense a notamment indiqué qu’elle envisageait la présentation d’une requête de type Babos, visant à obtenir un arrêt des procédures dans un dossier en raison de la conduite de l’État.
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