Les producteurs acéricoles célèbrent une année record malgré des défis persistants

Claude Marquis | 27 mai 2026 | 09:30
(Image d'illustration Depositphotos)

La saison acéricole 2026 aura été très lucrative pour les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) qui ont récolté pas moins de 229,5 millions de livres de sirop d’érable. Malgré une année de production qui a atteint des sommets, la filière acéricole continue de faire face à des enjeux majeurs pour son avenir, notamment dans le dossier de la forêt publique.

« La demande de sirop d’érable est en forte croissance, ici et ailleurs dans le monde », affirme le président des PPAQ, Luc Goulet.

Les ventes des producteurs ont atteint des sommets : 202 millions de livres de sirop d’érable ont été vendus à des transformateurs au cours de la dernière année, dont 181,3 millions de livres étaient destinées à l’exportation. Cela représente 844 M$ pour la filière acéricole.

Cette croissance s’inscrit dans un contexte de renégociation de la convention de mise en marché des PPAQ. M. Goulet, souligne la nécessité d’une hausse du prix du sirop d’érable, l’an prochain, « afin de couvrir l’augmentation des coûts de production assumés par les producteurs et productrices. »

Une filière en pleine croissance

L’année 2025 marquait le 35e anniversaire du Plan conjoint des producteurs acéricoles du Québec, qui permet, aujourd’hui, à des milliers d’hommes et de femmes de vivre de l’acériculture à temps plein partout dans la province.

Entre 2002 et 2025, les ventes annuelles de sirop d’érable sont passées de 52,9 millions à plus de 202 millions de livres. Les rendements des producteurs ont aussi connu une progression remarquable : de 2,3 livres par entaille en 2004 à plus de 4 livres par entaille en 2025.

Dans la dernière année, les PPAQ ont poursuivi la croissance de leur production avec l’émission de 7 millions de nouvelles entailles en 2025, dont 4,9 millions en forêt privée. Ils ont accueilli 611 nouvelles entreprises en démarrage et soutenu l’agrandissement de 1329 entreprises existantes. À cela s’ajoutent 2,1 millions d’entailles prévues en forêt publique dès cette année.

Malgré la croissance, la filière acéricole fait face à d’importants défis

Le dossier de la forêt publique demeure un enjeu majeur pour l’avenir des PPAQ.

Alors qu’une entente de principe a été conclue en mai 2025 avec le ministère des Ressources naturelles et des Forêts pour protéger 50 000 hectares sur les 20 prochaines années, le ministère est revenu sur sa parole quelques mois plus tard en retirant 1000 hectares au Bas-Saint-Laurent.

L’année 2026 sera donc déterminante pour les PPAQ qui auront plusieurs défis à relever : la protection des forêts publiques, les infrastructures qui menacent le potentiel acéricole comme certains projets de transport ou d’Hydro-Québec, la taxation municipale et le soutien au financement de la réserve stratégique.

Face à une demande croissante pour le sirop d’érable, une fluctuation dans la production acéricole et une baisse des inventaires de la réserve stratégique, les PPAQ considèrent « qu’il est dans l’intérêt du gouvernement de soutenir une filière dont les exportations de sirop d’érable en 2025 ont ramené 850 M$ d’argent neuf au Québec. »

Luc Goulet reconduit pour un troisième mandat

Luc Goulet a, par ailleurs, été réélu pour un troisième mandat au terme d’un vote des délégués présents lors de l’Assemblée générale. Il représentera donc les producteurs et productrices acéricoles du Québec pour les deux prochaines années.

Bien que satisfait du chemin parcouru et des combats menés, il appelle les producteurs et productrices à maintenir leur mobilisation, particulièrement avec les élections à venir, pour protéger les érables en forêt publique comme en forêt privée.