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Procès de Keven Deblois | La victime décédée par un traumatisme abdominal possiblement lié à une arme à feu, dit un pathologiste
L'accusé et la victime, Keven Deblois et Karine Bélanger, étaient en couple depuis quelques semaines avant le drame | Photo : Facebook La sixième semaine du procès de Keven Deblois, notamment accusé du meurtre au deuxième degré de son ex-conjointe, Karine Bélanger, s’est amorcée lundi avec le témoignage du pathologiste judiciaire Yann Dazé.
L’expert médical dont le rôle est de déterminer les causes d’un décès, entre autres lors de morts violentes, a expliqué que ses analyses du corps «carbonisé» de la victime démontrent que celle-ci est décédée d’un traumatisme abdominal possiblement lié à l’utilisation d’une arme à feu.
Dans son rapport médico-légal déposé en preuve, le Dr Dazé affirme que le foie de la victime «montre des lacérations extensives, relativement étoilées» et que son estomac «présente un orifice».
À son avis, «l’importance de ces blessures», leur aspect et «l’absence remarquable de blessures aux autres organes abdominaux» suggèrent qu’elles ont été infligées par le passage d’un projectile d’arme à feu.
Le pathologiste n’a toutefois pas été en mesure d’établir la trajectoire de ce possible projectile ni de statuer avec certitude qu’il s’agissait effectivement de la cause des traumatismes en raison des limites de l’autopsie, vu l’état du corps et du fait qu’aucun projectile n’a été retrouvé dans le corps ou près de celui-ci.
«Si ces blessures ne résultaient pas du passage d’un projectile d’arme à feu, elles seraient alors secondaires à un traumatisme contondant», dit-il en qualifiant cette hypothèse de «nettement moins probable».
Décédée avant l’incendie
Par ailleurs, le Dr Dazé soutient que Mme Bélanger est morte avant que soit allumé l’incendie du véhicule, étant donné qu’aucune suie n’a été retrouvée dans ses voies respiratoires et que les examens toxicologiques n’ont pas révélé de présence de monoxyde de carbone dans son sang.
«Ça ne permet pas de l’établir avec certitude, mais ça le suggère fortement», a-t-il nuancé une fois à la barre des témoins en expliquant qu’il est possible pour une victime qui se trouve au centre d’un foyer d’incendie de ne pas présenter ces caractéristiques, comme cela peut être le cas, par exemple, pour une personne qui s’immole par le feu.
Le médecin estime néanmoins que les blessures ont été infligées avant le décès de la victime. Il souligne que du sang était présent autour de celles-ci et qu’il y en avait «trop» pour qu’elles soient survenues après la mort.
Plusieurs causes écartées
Toujours selon le Dr Dazé, plusieurs éléments évoqués dans la preuve au cours des dernières semaines sont à exclure pour expliquer le décès de la femme de 36 ans.
Il a notamment soutenu que les différentes substances découvertes dans son sang lors de l’analyse toxicologique n’ont eu «aucun impact». Il est également arrivé à la même conclusion en consultant plus de 300 pages du dossier médical de la victime.
«Peu importe de quelle maladie elle pouvait souffrir ou ne pas souffrir, elle est décédée d’un traumatisme abdominal», a-t-il insisté en réponse aux questions de la procureure de la Couronne, Me Annik Harbour.
Le pathologiste a aussi été questionné, autant par la poursuite que la défense, sur l’impact de l’intervention des pompiers sur le corps de la victime.
Selon lui, aucune manipulation faite par ces derniers pendant l’extinction du feu ne peut avoir causé les lésions découvertes lors de l’autopsie, et ce, malgré la force des jets d’eau et l’usage d’une «gaffe» pour brasser des débris.
«Même s’ils avaient donné un ou plusieurs coups de gaffe, ça n’aurait jamais donné des lacérations extensives», a-t-il affirmé.

Le Dr Dazé a aussi écarté la possibilité que le couteau remis par l’accusé à sa mère à son retour à Sainte-Marie le soir des événements ait été utilisé pour blesser Karine Bélanger. «Il n’y a aucune coupure sur le corps de Mme Bélanger», a-t-il indiqué.

Questionné par l’avocate de l’accusé, Me Marie-Laurence Spain, il n’a pas été en mesure de dire de quelle distance le tir allégué provenait, ce qui rend difficile de déterminer si le coup de feu aurait pu être tiré par une autre personne ou s’il était auto-infligé.
La journée de mardi devrait être consacrée à des débats de droit afin de permettre à la poursuite de clore sa preuve dans les prochains jours.
Consultez toute notre couverture du procès de Keven Deblois ici