Procès de Keven Deblois | Une témoin raconte le vol du véhicule incendié

Benjamin Aubert | 6 mai 2026 | 18:12
Le Palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce et l'accusé Keven Deblois en mortaise | Photo: MaBeauce.com et Facebook

Une témoin civile au procès de Keven Deblois a raconté mercredi avoir vu un individu «rôder» dans le stationnement des Galeries de la Chaudière dans l’après-midi du 25 septembre 2022 avant de traverser au commerce Yellow, qui se trouve à proximité, et de s’en aller à bord d’un «pick-up blanc».

Vanessa Royer-Roy consultait les rabais d’épicerie sur son téléphone cellulaire lorsqu’elle a aperçu « un homme qui circulait à travers les voitures » dans le stationnement du centre commercial, près du Dollarama, vers 13 h 30.

«Je pouvais observer qu’il regardait dans les voitures, autant du côté passager que du côté conducteur […] Ma perception était qu’il était calme, il n’était pas agité et ne courait pas. Il cherchait quelque chose à l’intérieur des voitures», a-t-elle décrit en précisant qu’il s’agissait d’un homme d’environ six pieds qui portait un coton ouaté noir avec des inscriptions orange dans le dos ainsi qu’une barbe.

Selon Mme Royer-Roy, l’homme était seul et s’est arrêté près d’une voiture bleue pendant environ cinq à sept minutes. Elle affirme avoir tenté de joindre les autorités à deux reprises en composant le 4141, sans succès, puisqu’elle ignorait qu’il fallait également composer l’étoile avant ce numéro.

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«La façon dont je me suis sentie, c’est que je sentais qu’il y avait quelque chose de pas normal. Je ne me sentais pas bien, j’étais plus stressé et j’ai continué à regarder mon cellulaire», a-t-elle expliqué.

Toujours selon son témoignage, l’homme s’est ensuite dirigé vers le magasin Yellow d’un pas «régulier», mais en boitant. «Monsieur s’est dirigé vers un pick-up blanc. Il est arrivé du côté passager, est passé à l’avant du véhicule pour se retrouver du côté conducteur. Puis, 15 secondes plus tard, j’ai vu le pick-up démarrer, reculer et partir».

La femme est ensuite entrée faire son épicerie, puis a vu que les policiers étaient sur les lieux lorsqu’elle est ressortie 45 minutes plus tard. Elle a donc informé les patrouilleurs de ce qu’elle avait vu plus tôt et ceux-ci ont pris sa déclaration.

Par ailleurs, le propriétaire du véhicule a affirmé se l’être fait voler pendant qu’il magasinait des bottes d’hiver avec sa famille. Il a offert au jury une description détaillée de celui-ci en plus de l’identifier à l’aide d’une «bullbar» se trouvant à l’avant du véhicule retrouvé incendié à Saint-Bernard le même jour qui est visible sur les photos prises par le technicien en scène d’incendie Gaétan Ringuette.

Photo du véhicule incendié prise par le Service d’identité judiciaire de la Sûreté du Québec au cours de la soirée du 25 septembre 2022. | Photo déposée en preuve au tribunal

Le propriétaire et sa conjointe, qui a aussi témoigné mercredi, ont également mentionné ne pas reconnaître les restes d’un briquet qui ont été découverts par les policiers dans les décombres du véhicule incendié.

Ce briquet a été découvert dans les décombres de la voiture incendiée le Service d’identité judiciaire de la Sûreté du Québec. | Photo déposée en preuve au tribunal

La journée s’est terminée avec le témoignage de la chimiste et toxicologue judiciaire, Cynthia Roy. Ses analyses de prélèvements sanguins de la victime, Karine Bélanger, n’ont révélé aucune présence d’éthanol et le taux de carboxyhémoglobine mesuré était inférieur à 10 %.

Cette valeur a été qualifiée de «non-significative» par l’experte, qui a expliqué que pour que cette substance soit présente, une personne doit avoir respiré du monoxyde de carbone.

Les analyses de la chimiste du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale ont aussi permis de détecter des concentrations «thérapeutiques» de plusieurs substances, soit de la méthamphétamine, du citalopram ou de l’escitalopram (un médicament «utilisé pour la dépression), du méthylphénidate (un «stimulant pour traiter le TDAH») et du lévétiracétam («utilisé pour traiter l’épilepsie»).