Articles récents
Articles récents
La SAQ veut protéger son bénéfice, malgré la baisse de la consommation
Le président et chef de la direction de la Société des alcools du Québec (SAQ), Jacques Farcy, en entrevue dans une succursale à Montréal, le mardi 3 juin 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Même si les Québécois consomment moins, la Société des alcools du Québec (SAQ) croit qu’elle peut maintenir son bénéfice au cours des quatre prochaines années en allant chercher une plus grande part du marché.
C’est l’un des objectifs que s’est fixés la société d’État dans son plan stratégique 2027-2030, dévoilé jeudi.
La SAQ vise un bénéfice de 1,4 milliard $ en 2029-2030, ce qui représenterait une baisse de 1,1 % par rapport aux résultats préliminaires de l’exercice 2025-2026.
«Il se vend pour 6 milliards $ d’alcool et, nous, la SAQ, on n’en vend que quatre», souligne le président et chef de la direction de la SAQ, Jacques Farcy, en entrevue dans une succursale du centre-ville de Montréal.
«L’idée, ce n’est pas d’augmenter ce nombre-là ou de pousser les gens à boire plus, mais c’était d’essayer qu’ils choisissent de plus en plus des produits qui sont contrôlés par la SAQ», résume le dirigeant.
La société d’État a déjà donné un avant-goût des manières dont elle entend se rapprocher de la clientèle avec son concept de mini-agences ou son partenariat avec Uber pour un projet pilote de livraison à domicile.
Une autre nouveauté à l’essai est la communication avec la clientèle par texto. La SAQ communique déjà avec ses clients par l’infolettre et le texto est une manière de s’adapter aux préférences des plus jeunes consommateurs.
Pas question de recourir à des techniques agressives de communication pour encourager la consommation, assure le dirigeant.
«On a un contrat de confiance avec nos clients: ils s’attendent à avoir des informations de la SAQ, mais ils ne veulent pas qu’on les dérange toutes les deux minutes pour quelque chose qui n’a pas forcément une information à valeur pour eux», insiste-t-il.
Le nouveau centre de distribution automatisé de la SAQ dans l’est de l’île de Montréal devrait aussi permettre d’améliorer l’offre en ligne. Avec le centre, l’offre de produits en ligne passerait de 4000 à 20 000 en 2028.
Achat local
La direction tentera également de maintenir l’engouement pour l’achat local, tandis que les ventes des produits québécois ont connu une hausse plus forte qu’anticipé dans la foulée des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis.
«Le jour où les produits américains seront de retour, notre défi conjoint, ce sera de s’assurer que les produits québécois ne perdent pas, répond M. Farcy. Nous, on va mettre beaucoup d’énergie dans ce sens-là.»
La SAQ visait une croissance des ventes de 9,4 % des produits québécois entre 2024 et 2026. La progression a été de 14,6 %, selon le bilan préliminaire.
La SAQ veut préserver les acquis avec une croissance annuelle aux alentours de 2,5 % au cours des quatre prochaines années.
Climat: une deuxième tentative
La société d’État repousse toutefois l’atteinte de ses objectifs climatiques, tandis qu’elle a largement manqué sa précédente cible.
Elle voulait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 18 % par rapport à l’année 2020-2021. Elles ont plutôt bondi de 15 %.
La débâcle de Lion Électrique explique en grande partie cet échec, explique M. Farcy. «On mettait beaucoup d’espoir sur le camionnage électrique. On a constaté que ce n’était pas au rendez-vous.»
La société veut se reprendre. Elle vise maintenant à atteindre une réduction de 12 % en 2029-2030 par rapport à la même année de référence.
La SAQ compte intégrer des camions au gaz naturel renouvelable (GNR) à sa flotte. Lorsqu’elle doit remplacer des équipements, la direction essaie de trouver des technologies avec une moins grande empreinte environnementale.
La société d’État a aussi eu des discussions avec des monopoles d’État en Europe du Nord et avec des distributeurs internationaux afin de convaincre plus de partenaires d’opter pour des bouteilles faites de verre plus léger (donc, moins énergivore à transporter).
«Chaque fois qu’on pose des gestes, on veut s’assurer qu’on réfléchit de la bonne manière pas uniquement sous un angle purement économique, mais aussi sous un angle de durabilité», assure-t-il.