Procès de Keven Deblois | Des accélérants pourraient avoir été utilisés dans l’incendie de véhicule

Benjamin Aubert | 17 avril 2026 | 05:01
Photo du véhicule incendié prise par le Service d'identité judiciaire de la Sûreté du Québec au cours de la soirée du 25 septembre 2022. | Photo déposée en preuve au tribunal

Des accélérants pourraient avoir été utilisés pour déclencher l’incendie du véhicule dans lequel le corps de Karine Bélanger a été retrouvé en septembre 2022 sur le rang Saint-Pierre, à Saint-Bernard.

C’est ce qu’a avancé le technicien en scène d’incendie Gaétan Ringuette, jeudi, lors de son témoignage au procès de Keven Deblois. C’est lui qui a dû analyser la scène avec un collègue quelques heures après l’extinction des flammes dans l’après-midi du dimanche 25 septembre 2022.

Selon lui, un détecteur d’accélérant a été réactif lorsqu’utilisé sur une couverture qui se trouvait à l’arrière du véhicule fortement carbonisé dans lequel les restes de la victime ont été retrouvés. 

Comme son appareil de détection a laissé «présumer» la présence d’accélérant sur la scène d’incendie, celui qui est aujourd’hui retraité de la Sûreté du Québec a aussi raconté s’être rendu «en urgence» à l’Hôtel-Dieu-de-Lévis après une visite au poste de Sainte-Marie où il a appris qu’une «personne d’intérêt» était hospitalisée et se trouvait sous surveillance de policiers.

«Je voulais récupérer les vêtements [de cette personne] pour les envoyer en analyse. C’était l’urgence pour conserver au maximum et éviter que les traces d’accélérants s’évaporent si on devait en retrouver sur les vêtements», a-t-il expliqué en racontant ne pas avoir eu le temps de prendre des photos en scellant les morceaux saisis dans des sacs de plastique directement dans le stationnement de l’hôpital.

À ce stade-ci, on ignore la suite des démarches des enquêteurs avec ces vêtements, et donc si des traces d’accélérant ont été retrouvées ou non sur ces morceaux.

«Très bonne intensité de chaleur»

En présentant des photos de la scène d’incendie aux membres du jury, M. Ringuette a souligné que les vestiges du camion Dodge Ram témoignent d’une «très bonne intensité de chaleur».

«Les sièges et la console sont complètement carbonisés. Il ne reste que le métal et le cuivre», a-t-il notamment résumé en présentant des images où il est possible de voir la devanture de la camionnette et l’intérieur de celle-ci.

Photo du véhicule incendié prise par le Service d’identité judiciaire de la Sûreté du Québec au cours de la soirée du 25 septembre 2022. | Photo déposée en preuve au tribunal

M. Ringuette a également précisé que le corps de la victime n’était pas identifiable et qu’il était impossible de déterminer à vue d’œil si les restes humains découverts étaient ceux d’un homme ou d’une femme.

«Ce qui a attiré notre attention, c’est la présence de cerceaux comme un soutien-gorge. Ça nous a laissés croire qu’on était devant une victime de sexe féminin», a-t-il toutefois mentionné en soumettant au jury des photographies sensibles appuyant ses dires.

Au cours de son témoignage, le témoin a révélé qu’une canette de bière et un mégot de cigarette ont été aperçus en bordure du rang Saint-Pierre, près de la scène. Il n’a cependant pas indiqué si ces deux découvertes avaient un lien avec les événements.

«Je ne sais pas si c’est pertinent ou non. Je ne sais pas si ça peut avoir rapport, alors, pour avoir fait d’autres dossiers dans le passé, je sais que c’est toujours mieux d’en avoir plus», a-t-il expliqué.

À noter qu’un porte-carte et un briquet à barbecue ont également été découverts à l’intérieur du véhicule.

Le contre-interrogatoire du technicien en scène d’incendie aura lieu vendredi.

Rappelons que le jury de 13 personnes devra déterminer si Keven Deblois est coupable ou non de meurtre au deuxième degré, d’outrage à un cadavre et d’incendie criminel.