Cinq arrestations pour de fausses inspections mécaniques | «C’est comme si on avait donné un fusil en disant « tire où tu veux »»

Benjamin Aubert | 10 avril 2026 | 16:40
Ce montage photo rendant hommage à Alexandra Poulin, décédée le 18 décembre 2024 lors d'un accident à Vallée-Jonction, a été partagé à de nombreuses occasions sur les réseaux sociaux. | Photo: Tirée de Facebook

L’arrestation de cinq personnes en lien avec un stratagème de fausses inspections mécaniques lié au dossier de l’accident mortel de décembre 2024 à Vallée-Jonction motive encore plus la mère de la victime, Natalie Poulin, à poursuivre son combat pour mettre de l’ordre dans l’industrie du camionnage.

« Avec ce qui est sorti là, mon Dieu, qu’on a du gaz pour plusieurs années. Ils vont nous trouver tannants, parce que ce n’est pas vrai qu’on va se dire « Ah, bon, nous autres, notre dossier est réglé, c’est fini ». Non, ça peut arriver à n’importe qui, n’importe quand», a-t-elle affirmé en entrevue vendredi matin.

Mme Poulin dit être «tombée en bas de sa chaise» en mesurant l’ampleur de l’annonce de la découverte des enquêteurs de la Sûreté du Québec jeudi.

«Tsé là, ce que tu te dis, c’est que le chauffeur, il est complètement incompétent. Moi, je ne peux pas appeler ça un accident. Mais là, tu te dis, il y a vraiment quelqu’un, consciemment, qui a dit « Mon camion ne passe pas l’inspection, je vais payer pour avoir de faux rapports ». Il y a quelqu’un qui a pris cet argent-là, en sachant très bien ce qui pouvait arriver quand un truck ne passe pas les inspections. C’est comme s’il avait donné un fusil dans les mains et qu’il avait dit « Tire où tu veux ». Moi, dans ma tête, c’est carrément ça», a-t-elle mentionné.

La mère d’Alexandra Poulin dit aussi se questionner sur l’ampleur du phénomène mis en lumière par les arrestations de jeudi.

« Hier, je revenais de Québec. Avant, quand je rencontrais un camion, puis que c’était une compagnie de Montréal, j’avais toujours le réflexe de me dire « C’est-tu lui qui conduit? ». Tsé, quand je rencontrais un camion avec un conteneur. Parce que lui, il avait encore le droit de conduire jusqu’à tout récemment. Là, quand je rencontre un camion, je me dis « Ok, est-ce qu’il a été inspecté là, lui? ». C’est là que tu te dis « Attends un peu, là, c’est gros, là. C’est vraiment gros parce que les répercussions, là, sont terribles ». C’est sûr que ce n’est pas juste ce camion-là, là. Ce n’est pas juste cette compagnie-là, voyons donc! Écoute, ça devait être connu de plusieurs. Puis plusieurs devaient aller là faire des inspections pour, justement, payer.»