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«Beaucoup de chemin à faire encore» pour réduire le coût des infrastructures
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, le 18 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le gouvernement caquiste reconnaît qu’il y a «beaucoup de chemin à faire encore» pour réduire le coût des infrastructures au Québec.
Il répondait ainsi au Parti québécois (PQ) qui a proposé mardi une dizaine de mesures afin de réduire la facture, dans un secteur qui pourrait être encore entaché par des pratiques de collusion, selon le PQ.
Les économies se chiffreraient à combien?
«Ça se calcule en milliards de dollars», a estimé le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, sur un Plan québécois des infrastructures (PQI) qui se chiffre à 167 milliards $ pour 2026-2036.
En réponse à une question de la députée péquiste Catherine Gentilcore, la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, a indiqué qu’elle s’inspire des pratiques de l’Ontario notamment en révisant le «cahier de charges» exigé.
«Il y a beaucoup de chemin à faire encore», a reconnu Mme LeBel, en ajoutant qu’«on continue à cheminer».
Mais son collègue ministre des Infrastructures, Benoit Charette, a plutôt répondu que les propositions du Parti québécois «sont en application ou sur le point de l’être» et qu’elles n’amènent «rien de nouveau», même qu’elles iraient «moins loin que ce qui est sur la table présentement».
L’estimation du PQ est fondée sur le fait que certaines infrastructures au Québec coûtent plus du double de leur prix en Ontario ou aux États-Unis, mais «il n’y a pas de méthode de calcul fiable», a précisé M. St-Pierre Plamondon dans une entrevue avec La Presse Canadienne mardi.
Il a ajouté qu’il reste «peut-être d’autres facteurs à identifier ou des pratiques anticoncurrentielles ou de la collusion», même après la commission Charbonneau.
Or le problème est réel et il faut de la «volonté politique» pour s’y attaquer, a plaidé le chef du PQ.
«L’État n’a plus les moyens de construire les hôpitaux, les écoles et les projets de transport requis par la population parce que l’argent passe dans des projets beaucoup trop chers», a-t-il argué.
Le PQ déplore que par exemple, le gouvernement caquiste paiera 470 millions $ pour une école secondaire de 1500 élèves, l’école Louis-Philippe Paré, en Montérégie, alors que l’Ontario annonce des écoles de même capacité à 75 millions $.
Selon M. St-Pierre Plamondon, pour y remédier, il faut notamment augmenter la concurrence en permettant à de plus petits joueurs de pouvoir soumissionner sur de plus petites parties de contrats.
En 2019, selon la Société québécoise des infrastructures (SQI), le nombre moyen de soumissionnaires par appel d’offres était de 4,73, une proportion jugée trop faible à l’époque, alors qu’on est maintenant rendu à 2,65.
«C’est un manque de concurrence évident, a déclaré le chef du PQ. Moins de concurrence, c’est automatiquement des prix plus élevés.»
Également, le gouvernement doit redevenir un donneur d’ouvrage fiable qui cesse de changer constamment de cap. Chaque changement dans les étapes de construction amène les entrepreneurs à facturer plus cher.
Les grands chantiers ont été marqués par trop de reculs et d’hésitations durant les mandats caquistes, déplore le PQ.
«Un gouvernement qui n’entreprend pas de projet d’infrastructure, c’est un gouvernement qui ne donne pas d’ouvrage à des compagnies qui pourraient être en concurrence avec d’autres, mais s’il n’y a pas d’ouvrage, on ne peut pas s’attendre à ce qu’il y ait de la concurrence», plaide M. St-Pierre Plamondon.
Aussi, le PQ souhaite justement alléger les étapes et la bureaucratie pour que les projets se réalisent plus rapidement.
Plusieurs acteurs de l’industrie de la construction, des experts économiques et des milieux universitaires ont été consultés pour confectionner le bouquet de mesures proposées, a indiqué le PQ, qui est aussi prêt à ajouter des propositions à son plan.