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Transports: Julien justifie la dégradation des routes et structures
Le ministre des Transports du Québec, Jonatan Julien, répond aux questions des journalistes lors d'un caucus de la Coalition avenir Québec à Saguenay, le 7 septembre 2023. LA PRESSE CANADIENNE/Francis Vachon. Le gouvernement Legault a justifié jeudi la dégradation des infrastructures routières au Québec.
Plus du tiers (36 %) des structures du ministère des Transports, ponts, ponceaux, etc., sont classées E, «très mauvais», donc présentent un «niveau très élevé de dégradation et de défectuosité», selon la plus récente édition du Plan québécois des infrastructures (PQI).
Si on ajoute les 7 % qui sont cotées D, en «mauvais état», on atteint 43 % de structures en mauvais ou très mauvais état.
Quant aux chaussées, pas moins de 30 % sont classées E et 19 % sont à D; ainsi la moitié des routes sous la responsabilité du ministère sont en piteux état.
Le déficit de maintien de l’ensemble des actifs du gouvernement, routes, écoles, hôpitaux, est passé de 40,2 milliards $ à 44,8 milliards $ de 2025-2026 à 2026-2027, soit une hausse de 4,6 milliards $.
Plus de la moitié de ce déficit de maintien d’actifs est observable dans le réseau routier, qui souffre d’une détérioration de sa valeur de 24,5 milliards $.
En mêlée de presse, le ministre des Transports, Jonatan Julien, a tenté de se montrer rassurant.
Selon lui, c’est parce que les données sur les infrastructures se sont raffinées et que leur état est maintenant mieux documenté.
«On n’avait pas toutes les données probantes qui se raffinent année après année. On chemine chaque fois. De nouveaux constats viennent augmenter le déficit, mais le déficit était déjà là.»
Il «espère» que son ministère détienne «maintenant toutes les données».
M. Julien a reconnu que les besoins étaient «immenses».
Pour cette raison, la proportion des investissements du PQI dirigés vers le maintien des actifs plutôt que vers de nouvelles infrastructures est passée de 65 % à 71 %.
«C’est beaucoup moins ‘sexy’ que de faire de nouveaux tronçons et de nouvelles voies, mais c’est la responsabilité qu’on prend», a plaidé le ministre, qui d’ailleurs détenait auparavant le portefeuille des Infrastructures.
Questionné à savoir si les structures en mauvais état représentaient un danger pour les usagers, le ministre n’a pas répondu.
Dans la terminologie du PQI, la cote E est attribuée à une infrastructure quand «habituellement, l’infrastructure dépasse nettement sa durée de vie utile», peut-on lire.
Aussi, on précise que «des interruptions ou des ralentissements de service de l’infrastructure peuvent survenir. Ils nécessitent régulièrement la mise en place de mesures importantes d’atténuation des risques».
Avec la note D, «l’infrastructure présente un niveau élevé de dégradation et de défectuosité. Elle nécessite des travaux de maintien d’actifs importants. Habituellement, l’infrastructure dépasse sa durée de vie utile. Des interruptions ou des ralentissements de service de l’infrastructure peuvent survenir. Ils nécessitent régulièrement la mise en place de mesures importantes d’atténuation des risques».
La dégradation du déficit du maintien des actifs est attribuable selon le PQI à la «dégradation naturelle, qui inclut l’inflation du coût des travaux cumulés et non réalisés», ainsi qu’à «la constatation de nouveaux travaux lors d’une inspection».
Ainsi, le vieillissement naturel des infrastructures routières compte pour une part de 1,1 milliard $ dans l’accroissement du déficit du maintien des actifs.
Et par ailleurs, 2,2 milliards $ sont attribuables à de «nouveaux constats» et sont «liés à l’augmentation des besoins d’interventions sur les infrastructures routières, notamment en raison de la hausse du coût de l’enrobé bitumineux pour la réfection des chaussées».
Au total, le déficit de maintien d’actifs supplémentaires constaté par le gouvernement pour l’ensemble de ses routes, écoles, hôpitaux et bâtiments cumulés était de 8,3 milliards $, mais des interventions en maintien du parc d’infrastructures de 3,7 milliards $ ont permis de limiter le hausse du déficit de maintien d’actifs à 4,6 milliards $.