La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 %

La Presse Canadienne | 18 mars 2026 | 11:53
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %. La première sous-gouverneure Carolyn Rogers et le gouverneur Tiff Macklem participent à la conférence de presse suivant l’annonce, à Ottawa, le mercredi 18 mars 2026. (LA PRESSE CANADIENNE)

La Banque du Canada maintient son taux directeur inchangé mercredi, les responsables de la politique monétaire attendant de voir si la flambée des cours mondiaux du pétrole, liée au conflit au Moyen-Orient, va se transformer en un problème d’inflation plus généralisé.

La décision de la banque centrale de garder son taux directeur à 2,25 % pour la troisième fois consécutive était largement attendue, mais l’évolution future de ce taux est beaucoup moins claire.

La guerre au Moyen-Orient a fait grimper les prix mondiaux du pétrole ces dernières semaines et ces hausses se répercutent déjà à la pompe au Canada.

Alors que l’inflation est retombée en février sous l’objectif de 2 % fixé par la banque centrale, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, indique mercredi que la flambée des prix de l’énergie va très certainement faire grimper l’inflation dans les mois à venir.

La banque centrale est disposée à ignorer cette flambée d’inflation à court terme sans réagir par un resserrement de la politique monétaire, explique M. Macklem.

Il ajoute que la durée de la guerre en Iran et son impact à long terme sur l’économie et l’inflation sont pour l’instant impossibles à prévoir. Mais il précise que les incertitudes commerciales supplémentaires aux États-Unis et les tensions géopolitiques persistantes font pencher les risques vers une croissance plus faible.

Possible hausse des taux face à l’inflation

M. Macklem laisse entrevoir la possibilité de hausses des taux d’intérêt si l’inflation poursuit une tendance à la hausse ou s’étend au-delà du secteur des carburants, même si l’économie montre des signes de faiblesse.

«Si les prix de l’énergie restent élevés et que nous commençons à observer des signes indiquant que l’inflation se généralise et devient plus persistante, nous pourrons relever le taux directeur afin de freiner l’inflation», explique M. Macklem.

Il ajoute que si les prix de l’énergie redescendent et que l’économie continue de s’affaiblir, des baisses de taux d’intérêt pourraient être envisagées.

«Nous restons prêts à réagir au besoin si les perspectives changent», affirme M. Macklem.

Des données récentes montrent que l’économie est en deçà des prévisions de la Banque du Canada. Selon Statistique Canada, le marché du travail a perdu plus de 100 000 emplois au cours des deux premiers mois de 2026 et le produit intérieur brut réel s’est contracté au quatrième trimestre de l’année dernière.

M. Macklem souligne qu’il semble que l’économie reprend sa croissance, mais à un rythme plus lent que ce que la banque centrale avait prévu auparavant.

Un «dilemme»

La combinaison d’un ralentissement économique et d’une inflation en hausse crée un «dilemme» pour la Banque du Canada, selon M. Macklem.

«Augmenter les taux d’intérêt pour ralentir l’inflation risque d’affaiblir davantage l’économie. Les baisser pour soutenir la croissance risque de faire grimper l’inflation nettement au-dessus de la cible», analyse-t-il.

M. Macklem ajoute qu’une économie en perte de vitesse signifie que le risque de voir l’inflation s’étendre au-delà du prix de l’énergie pour toucher d’autres biens et services semble «contenu».

La Banque du Canada actualisera ses prévisions en matière d’inflation et d’économie lors de sa prochaine décision sur les taux d’intérêt, prévue le 29 avril.

Andrew Hencic, économiste principal à la Banque TD, indique mercredi dans une note adressée à ses clients qu’il s’attend à ce que la banque centrale maintienne ses taux inchangés pour l’instant, les responsables de la politique monétaire soulignant qu’une économie atone limite actuellement le risque d’une hausse de l’inflation.

Par ailleurs, Avery Shenfeld, économiste en chef de la CIBC, dit que si la crise pétrolière se résout d’ici l’été, la banque centrale sera plus encline à baisser ses taux qu’à les relever cette année.