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Tarifs d’électricité : une hausse moins salée pour les entreprises
La Régie de l’énergie accorde des hausses de tarifs moins élevées que ce que demandait Hydro-Québec. Une ligne d’Hydro-Québec à Beauharnois le lundi 10 novembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE /Christinne Muschi Hydro-Québec obtient l’équivalent de près de 450 millions $ de moins en augmentation de tarifs d’électricité pour les trois prochaines années. Dénoncée par la société d’État, la décision de la Régie de l’énergie donne toutefois un peu de répit aux clients commerciaux.
La décision, rendue lundi, fait une plus grande différence pour les clients commerciaux, tandis que le gouvernement Legault a plafonné la hausse du tarif résidentiel à 3 %.
Hydro-Québec a demandé des augmentations annuelles de 4,8 % pour les entreprises et les institutions en 2026, 2027 et 2028. La Régie lui accorde finalement 3,6 % chaque année.
L’écart est moins notable pour les clients résidentiels. Hydro-Québec a réclamé 3 % chaque année, ce qu’elle obtient en 2026 et 2027. L’augmentation permise est de 2,6 % en 2028.
Le propriétaire d’un 5 et demi paierait ainsi 2,30 $ de plus par mois, selon les estimations de la Régie. C’est 10 cents plus bas que la proposition d’Hydro-Québec.
Pour le propriétaire d’une maison moyenne (158 mètres carrés), l’augmentation mensuelle est de 5,46 $, soit 24 cents de moins que ce qu’a réclamé la société d’État.
La Régie n’a pas fourni un exemple pour la consommation industrielle, qui varie grandement d’une industrie à l’autre.
«Des conséquences concrètes»
Pour les trois années analysées, la Régie estime que les revenus nécessaires pour Hydro-Québec pour l’exploitation de son réseau sont 433,4 millions $ moins élevés que les analysesprésentées par la société d’État, sur un total de près de 50 milliards $.
Hydro-Québec dénonce la décision de la Régie, qui réduirait sa marge de manœuvre financière de près de 450 millions $. Malgré une facture moins élevée, les clients en sortiront perdants, selon la société d’État.
«Les ajustements imposés envoient un signal préoccupant et auront des conséquences concrètes pour les clients, particulièrement en matière de fiabilité du réseau et d’efficacité énergétique», déplore Hydro-Québec dans un communiqué.
«Les aléas climatiques récents prouvent l’importance d’investir pour la fiabilité de notre service», ajoute-t-elle.
La société d’État ouvre la porte à une contestation de la décision. «(Hydro-Québec) évaluera les options qui s’offrent à elle et déterminera la suite à donner.»
Dans sa décision, la Régie réduit de 13 % les budgets annuels demandés en efficacité énergétique et en gestion de la puissance.
Le tribunal administratif envoie également Hydro-Québec à la table à dessin avec son intention d’adopter un tarif pour les surconsommateurs.
«La Régie demeure préoccupée par la surconsommation et le gaspillage de l’énergie, peut-on lire dans le jugement. Toutefois, cet impératif doit être concilié avec des mécanismes qui puissent identifier de réelles surconsommations.»
La Régie invite Hydro-Québec à lui présenter une proposition plus détaillée cet automne.
La FCEI «soulagée»
Dans une réaction rendue publique en soirée, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) s’est dite «soulagée» de la décision rendue par la Régie de l’énergie.
«La décision de la Régie apporte un soulagement, mais elle laisse tout de même un arrière-goût amer pour les entrepreneurs, déclare François Vincent, vice‑président pour le Québec à la FCEI. Soulagement, parce que la Régie n’a pas retenu la demande d’Hydro-Québec et a adopté une hausse moins élevée que celle proposée. Voilà une preuve de l’importance d’un contre-pouvoir. Cela dit, cette augmentation pour les trois prochaines années demeure l’une des plus fortes en 15 ans, et les PME continuent de payer davantage afin de maintenir des tarifs plus bas pour les clients résidentiels.»