Les ministres défendent des positions contestées par Drainville

La Presse Canadienne | 4 février 2026 | 05:00
Bernard Drainville, candidat à la direction de la Coalition avenir Québec, tient un point de presse à Québec, le mardi 3 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

La course à la direction à la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est même invitée à la période de questions, mardi, au jour de la rentrée parlementaire: les ministres ont dû défendre des positions du gouvernement qui sont contestées par les candidats à la succession de François Legault.

L’opposition officielle s’est amusée à soulever les critiques du candidat Bernard Drainville sur le bilan du gouvernement Legault. 

Le chef libéral intérimaire, Marc Tanguay, a attaqué le premier ministre François Legault en reprenant les déclarations de M. Drainville, émises lors du lancement de sa campagne dimanche à Lévis, dans sa circonscription. 

«Il (M. Drainville) a dressé le bilan de la CAQ, je le cite: ‘Soyons honnêtes et lucides, depuis 2018 (…), on se retrouve deux mandats plus tard avec plus d’État, plus de bureaucratie et on est en déficit’. Ça, c’est le candidat à la chefferie, successeur potentiel du premier ministre. Que répond-il à son collègue de Lévis qui trouve qu’il y a trop d’État, trop de bureaucratie et trop de déficit?» 

François Legault a riposté en attaquant Charles Milliard – qui pourrait devenir sous peu chef des libéraux – et a reconnu qu’il y avait des débats à la CAQ. 

«Je n’ai pas entendu aucune idée forte du Parti libéral. (…) On va continuer à avoir des débats. C’est à la CAQ que ça se passe, les vrais débats pour l’avenir du Québec.»

Le porte-parole libéral aux finances, Frédéric Beauchemin, s’est jeté dans la mêlée à son tour en reprenant les mêmes commentaires de M. Drainville, mais en s’adressant au ministre des Finances, Eric Girard.

«Avec la chefferie du Titanic caquiste, les langues se délient et c’est tout simplement révélateur», a ironisé M. Beauchemin.

Pour sa part, le député libéral André Morin a interpellé le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, pour réclamer une clause de droit acquis à l’intention des personnes qui auraient dû être admissibles au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) avant son abolition. 

Ce faisant, M. Morin relayait une proposition de M. Drainville, qui a ouvert la porte à une clause de droit acquis, en s’adressant à M. Roberge, qui lui dans la course a choisi le camp de l’autre candidate, Christine Fréchette.   

«Est-ce que le ministre de l’Immigration partage la vision de son collègue (M. Drainville), ainsi que tous ceux qui applaudissaient derrière lui, dont le ministre délégué à l’Économie (Christopher Skeete)?» a demandé M. Morin. 

M. Roberge a fermé la porte à toute clause de droit acquis en affirmant que ce serait «irresponsable» et irréaliste. Par ricochet, il démontait une des propositions d’un de ses collègues de banquette, M. Drainville. 

«Est-ce que (le Parti libéral) est conscient qu’il demande qu’on donne une clause de droit acquis à  350 000 personnes? Ça pourrait être à coups de 29 000 personnes par année, parce que c’est le nombre d’immigrants économiques qu’on prend à chaque année. On engagerait trois gouvernements, trois mandats de quatre ans, simplement avec les gens à qui il veut donner cette clause grand-père.»

Dans une mêlée de presse, Christine Fréchette a fait valoir, à défaut de proposer une clause de droit acquis, qu’elle avait proposé un «plan d’action humanitaire» en lien avec le PEQ, pour accélérer le traitement des demandes qui devront être traitées en vertu du nouveau programme remplaçant le PEQ, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

Drainville et les ambulanciers

Plus tôt dans la journée, Bernard Drainville a repris sa croisade contre les syndicats. Il a dénoncé la destruction par les travailleurs de la CSN d’une ambulance… destinée à la ferraille.

Il a fait une sortie afin de s’en prendre aux ambulanciers qui manifestaient près du parlement, pour demander un meilleur contrat de travail au gouvernement.

«Je trouve ça inacceptable, c’est le genre de syndicalisme dont les gens sont écoeurés et que je vais continuer à dénoncer haut et fort, a lancé M. Drainville en mêlée de presse. C’est un bien public, une ambulance. Détruire un bien public pour manifester pour ses conditions de travail, ça dépasse les limites.»

Contacté par La Presse Canadienne, un porte-parole de la CSN a bel et bien confirmé qu’une ambulance avait été renversée pendant la manifestation, mais il s’agissait d’un véhicule destiné à la casse, qui n’était plus en service.   

Rappelons que seuls Mme Fréchette et M. Drainville ont déposé leur candidature officielle dans la course après avoir rempli toutes les conditions exigées par le parti. 

La date limite pour déposer sa candidature est le 21 février. 

Deux débats sont prévus, le samedi 21 mars à Québec et le samedi 28 mars à Laval.  

Le vote téléphonique des membres aura lieu du 7 au 12 avril selon un mode de scrutin préférentiel et le résultat sera connu le 12 avril au cours d’un congrès. 

La personne qui sera élue chef de la CAQ prêtera par la suite serment pour devenir premier ministre et formera un nouveau conseil des ministres.