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Des groupes déplorent l’impact des coupes dans les centres de recherche agricoles
Siège social d'Agriculture et Agroalimentaire Canada à Ottawa, le mercredi 26 juin 2019. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick Le syndicat représentant les travailleurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et certains groupes agricoles réagissent vivement aux coupes budgétaires et aux fermetures soudaines annoncées par Ottawa.
Le Syndicat de l’agriculture a déclaré lundi que la décision de fermer sept des centres de recherche du ministère retardera le secteur de plusieurs décennies.
«Nous alertons le gouvernement fédéral depuis des mois sur les conséquences de ces coupes dans un ministère déjà décimé. Il n’y a tout simplement plus de marge de manœuvre», a déclaré Milton Dyck, président national du Syndicat de l’agriculture, dans un communiqué.
«Alors que notre pays partenaire du Sud réduit drastiquement ses investissements en recherche, nous ne devrions pas en faire autant.»
Agriculture et Agroalimentaire Canada a annoncé la fermeture de sept de ses centres de recherche afin de réduire la taille de la fonction publique.
Les centres de recherche de Guelph, en Ontario, de la ville de Québec et de Lacombe, en Alberta, ainsi que quatre fermes de recherche satellites en Nouvelle-Écosse, en Saskatchewan et au Manitoba, fermeront leurs portes.
Établies en 1887, les fermes de recherche de la Saskatchewan et de la Nouvelle-Écosse comptent parmi les premières installations du Canada, selon le syndicat.
«Les centres de recherche dont la fermeture est prévue ont permis des découvertes majeures en matière de production durable de bœuf, de durabilité des cultures, de salubrité et de nutrition des aliments, ainsi que d’agriculture sans labour», a fait valoir le syndicat.
SaskOrganics a annoncé la fin d’un programme consacré aux pratiques biologiques et régénératrices à Swift Current, au sud-ouest de Regina.
L’organisation a déclaré que les essais sur le terrain à long terme du programme ont apporté une valeur inestimable aux producteurs de tout le Canada. Certains travaux portaient sur les maladies, la lutte contre les criquets, l’utilisation d’insectes bénéfiques pour combattre les ravageurs et l’évaluation de certaines variétés de blé.
«Peu importe la discipline ou le domaine d’étude, la perte de capacités de recherche agricole représente un coup dur pour le système alimentaire canadien. Un coup dur qui touche les agriculteurs qui produisent notre nourriture et, en fin de compte, tous les Canadiens qui dépendent de l’agriculture pour leur alimentation quotidienne», a affirmé SaskOrganics.
Keith Currie, président de la Fédération canadienne de l’agriculture, a déclaré en entrevue que son organisation ferait pression sur Ottawa pour que les programmes essentiels ne soient pas fermés.
M. Currie a ajouté que certains projets pourraient se poursuivre dans d’autres installations s’ils ne sont plus réalisés dans les centres dont la fermeture est prévue.
«Nous ne savons pas encore exactement ce que le gouvernement a en tête, a-t-il expliqué. Espérons que ce soit le genre de chose qu’ils envisagent… comment éviter le chevauchement des recherches afin de mieux utiliser les fonds disponibles.»
M. Currie a affirmé que la recherche gouvernementale menée au cours du siècle dernier a fourni aux agriculteurs des connaissances précieuses.
«Prenez l’exemple d’installations comme Indian Head (en Saskatchewan), d’où proviennent probablement jusqu’à 25 % de nos variétés de semences et de notre production», a-t-il fait valoir.
Serge Buy, PDG du Conseil de l’innovation agroalimentaire, a déclaré que la perte de ces recherches aura des conséquences.
«Historiquement, la recherche agricole a généré certains des rendements sur investissement les plus élevés de tous les secteurs économiques», a indiqué M. Buy dans un communiqué.
«À l’heure où les prix des aliments augmentent et où les préoccupations en matière de sécurité alimentaire s’accroissent, il est essentiel d’accroître notre capacité d’innovation.»
Le Syndicat de l’agriculture a dit que cette vague de compressions affecte environ 500 membres, tandis que le ministère affirme que 665 postes ont été supprimés et que près de 1050 employés ont reçu un avis de licenciement.
Selon M. Dyck, le syndicat n’a reçu aucun préavis et a appris la nouvelle en même temps que ses membres.
«Nos membres sont sous le choc, a rapporté le syndicat. Agriculture et Agroalimentaire Canada a l’obligation de consulter le syndicat tout au long de ce processus.»