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TGV: Alto n’a pas l’intention d’escamoter les consultations, assure son patron
Le président-directeur général d’Alto, Martin Imbleau, durant discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain le mardi 13 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Il n’est pas question d’avoir une consultation de façade pour le projet de train à grande vitesse (TGV) qui reliera Québec à Toronto, assure le patron de la société d’État responsable du projet.
Alto entame les consultations pour définir le tracé de la ligne qu’elle veut présenter d’ici la fin de l’année.
Malgré les échéanciers serrés, son président-directeur général, Martin Imbleau, affirme que le processus de consultations est une étape non négociable, lors d’une entrevue, mardi, en marge d’un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
«Si on me disait d’aller plus vite et d’escamoter la consultation, je dirais: « on ne le fera pas parce que le projet ne se ferait pas »», a répondu le dirigeant.
Les consultations permettront de déterminer un tracé «plus consensuel» que si les citoyens avaient été mis devant les faits accomplis, selon lui.
Les consultations avec les Premières Nations sont dans une phase «plus intensive», affirme M. Imbleau. «C’est en cours depuis déjà quelques années. C’est une relation sur le long terme.»
Le dirigeant dit vouloir «maximiser les retombées économiques» pour les Premières Nations. Il souhaite collaborer avec elles pour qu’elles soient «prêtes à répondre à des appels d’offres ou des contrats en consortium».
M. Imbleau voit d’un «très bon œil» l’idée d’une participation financière des communautés autochtones dans le projet.
«Ce n’est pas à moi de définir ça, mais moi, je le vois comme étant une opportunité d’une véritable réconciliation économique et d’un partenariat sur le long terme, répond-il. Une participation là-dedans, c’est pour les 40 prochaines années.»
L’exemple d’Hydro-Québec, qui a conclu des accords commerciaux avec les communautés autochtones, inspire M. Imbleau.
Il faudrait toutefois adapter la structure au modèle d’un projet de transport. «Tu n’analyses pas la rentabilité d’un projet comme ça de la même façon», précise-t-il.
«Demain matin, tu ne génères pas un bénéfice qui est distribuable (comme c’est le cas pour un projet énergétique). Donc, il faut être plus créatif dans le genre de participation qui est nécessaire.»
Alto espère commencer la construction d’un premier tronçon entre Montréal et Ottawa vers 2029-2030.
La société d’État veut commencer les travaux sur une portion de la ligne pour se donner l’occasion de faire des apprentissages avant de s’attaquer à l’ensemble du réseau de près de 1000 kilomètres.
La construction de la voie ferroviaire qui reliera Montréal, Trois-Rivières et Québec pourrait commercer deux à trois ans après les débuts des travaux sur le premier segment.
«Ce que je veux vraiment m’assurer, c’est d’apprendre correctement pendant un petit bout de temps, explique M. Imbleau. Est-ce que c’est un an? Est-ce deux ans? Est-ce que c’est trois ans? Je ne le sais pas encore.»
Le processus de consultations est toutefois mené sur la totalité du corridor entre Québec et Toronto, précise-t-il. «On va peut-être avoir un peu plus de détails sur le premier segment (Ottawa-Montréal), mais on va avoir une très bonne idée du tracé sur l’ensemble du corridor, du 1000 kilomètres.»
La construction du TGV représente une occasion pour les entreprises du Québec et de l’Ontario, souligne M. Imbleau.
Elles devront toutefois s’assurer d’être prêtes à répondre aux exigences d’Alto, insiste-t-il. «Donc, ça prend une solidité, ça prend une masse critique.»