Manque de pharmaciens dans les hôpitaux de Chaudière-Appalaches

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La plus récente enquête sur les effectifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec dévoile que 88% des besoins en pharmaciens pour prodiguer des soins pharmaceutiques sont non comblés dans les hôpitaux de Chaudière-Appalaches.

Les urgences ne sont pas les seuls services où le besoin en pharmaciens se fait sentir puisque 46 % des besoins restent non couverts aux unités de soins intensifs et coronariens. Même chose en dialyse rénale, où ce chiffre atteint 63 %.

Pour la présidente de l’Association, Julie Racicot, la découverture s’explique entre autres par une augmentation des besoins et une pénurie de pharmaciens.

Les besoins sont grandissants avec la population qui vieillit, la multiplication des maladies chroniques, les gens vivent plus longtemps, ils prennent de plus en plus de médicaments aussi. Donc, on a besoin des pharmaciens plus que jamais. Le réseau est engorgé et les pharmaciens peuvent contribuer à améliorer la fluidité des soins, notamment dans les hôpitaux. Il faut également intéresser les étudiants à la maîtrise parce que pour travailler en établissement santé, on doit faire une maîtrise après le doctorat professionnel. On fait deux ans de plus d’études pour pouvoir travailler en établissement de santé, en soins aigus avec la chimiothérapie intraveineuse, les médicaments critiques. C’est là où il n’y a pas de relève. À la maîtrise, cette année, on a 57 pharmaciens résidents inscrits à la maîtrise au Québec sur une possibilité de 114 bourses.

Julie Racicot, présidente del’Association des pharmaciens des établissements de santé

Pour combler ces besoins, l’Association des pharmaciens des établissements de santé demande au gouvernement du Québec de «valoriser la profession» et de rendre le programme de maîtrise plus accessible aux étudiants afin de faciliter la formation de nouveaux pharmaciens.

Au-delà des salaires, il faut reconnaître cette spécialisation-là que les pharmaciens détiennent avec un droit de pratique plus élargi et plus autonome. C’est une des choses qui vont attirer les jeunes pharmaciens vers la pratique en établissement santé. Il faut aussi rendre le programme de maîtrise plus accessible, donc une portion des cours qui pourrait être offert à distance pour les gens où il n’y a pas de faculté de pharmacie qui offrent la maîtrise dans leur ville.

Julie Racicot, présidente del’Association des pharmaciens des établissements de santé