Mouvement Desjardins fait une autre acquisition à l’extérieur du Québec
Desjardins soutient qu’acquérir Bennington renforcera sa capacité à soutenir des entreprises dans plusieurs secteurs clés. Photo prise à Montréal le 24 février 2021. LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz Le Mouvement Desjardins fait une autre acquisition de taille à l’extérieur du Québec avec l’achat de Bennington Financial, une société ontarienne spécialisée dans le financement d’équipement commercial.
La coopérative financière québécoise et la Banque Équitable, qui est le propriétaire de Bennington Financial, ont annoncé la transaction jeudi avant l’ouverture des marchés.
La transaction évaluée à «un peu en dessous de 1 milliard $» permet à Desjardins d’offrir un nouveau service aux entreprises, explique son premier vice-président, Services aux entreprises, Jean-Yves Bourgeois, en entrevue.
L’institution estime qu’elle a obtenu un escompte de 8 % sur la valeur estimée du portefeuille, qui compte 1,1 milliard $ d’actifs à travers le pays.
Desjardins accordait déjà des prêts traditionnels aux entreprises pour leur permettre d’acquérir de l’équipement, mais elle n’offrait pas le crédit-bail.
Le service est relativement similaire au crédit-bail automobile, mais il est lié à l’équipement des entreprises, illustre M. Bourgeois.
Avec un prêt traditionnel, une entreprise est propriétaire de l’équipement qu’elle achète. Dans le cas du crédit-bail, l’institution financière est le propriétaire et l’entrepreneur effectue des versements pour utiliser l’équipement.
Un crédit-bail exerce généralement une moins grande pression sur les finances d’une entreprise. Il ne nécessite souvent pas de dépôt initial et les taxes sont amorties sur la durée du bail.
«On ne paie que pour la valeur seulement qu’on va utiliser sur un certain nombre d’années, précise le dirigeant. On ne paie pas pour la valeur résiduelle. Donc, ça fait des paiements qui sont plus facilement gérables dans des situations de flux de trésorerie qui peuvent être serrés.
«On le voit dans le marché présentement que c’est un petit peu plus difficile. On veut s’assurer que les entreprises et les entrepreneurs aient tous les outils à leur disposition», ajoute M. Bourgeois.
La transaction devrait être conclue au premier trimestre 2027.
Un contexte difficile
Pour Banque Équitable, la vente de Bennington Financial lui permet de se départir d’un portefeuille qui avait enregistré des pertes plus élevées au cours des derniers trimestres.
En mai dernier, l’analyste Mario Mendonca, de Valeurs mobilières TD, émettait l’hypothèse que Banque Équitable soit prête à assumer d’autres charges pour se départir de cette activité.
Pour sa part, M. Bourgeois croit que Desjardins a fait une bonne affaire. «Nous, on est confortables avec la composition du portefeuille. Avec l’escompte (qu’on a obtenu), on (croit qu’on) va retrouver notre valeur là-dedans.»
Il ajoute que l’équipe de Bennington Financial «a fait un très bon travail pour passer à travers l’incertitude des deux à trois dernières années».
L’analyste Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, soulignait en août que la société avait pris des mesures pour réduire son exposition aux prêts moins performants, notamment dans le secteur du camionnage de longue distance.
Grandir hors Québec
Le Mouvement Desjardins fait ainsi une autre acquisition de taille à l’extérieur du Québec. La précédente est celle du gestionnaire d’actifs torontois Guardian Capital pour 1,7 milliard $, annoncée l’an dernier et conclue en mars de cette année.
Les acquisitions à l’extérieur du Québec font «partie de nos grandes priorités stratégiques», affirmait le président et chef de la direction, Denis Dubois, en entrevue en décembre 2025.
Dans l’industrie financière, de nombreuses transactions visant des banques, des assureurs ou des firmes de gestion de patrimoine de plus petite taille ont eu lieu dans les dernières années.
La tendance démontre l’importance de la taille, dans un contexte où les institutions doivent faire des investissements massifs en technologie, selon M. Dubois.
«La taille est un facteur qui est de plus en plus déterminant parce que les investissements qui sont requis pour être capables de répondre aux besoins et aux attentes de nos membres et clients sont de plus en plus importants», expliquait le PDG.
Quant à lui, M. Bourgeois affirme que la coopérative veut continuer de croître après l’acquisition de Bennington Financial. Cette expansion ne passera visiblement pas uniquement par les activités existantes. «Il risque d’en avoir d’autres (acquisitions), tout à fait.»