Hydro-Québec: les employés de métier en grève des heures supplémentaires

La Presse Canadienne | 23 octobre 2026 | 05:00
Une enseigne d'Hydro-Québec installée sur l'édifice du siège social, à Montréal. Photo prise le 26 février 2015. LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz

Une grève débutera dans la nuit de jeudi à vendredi chez Hydro-Québec, avec le maintien de services essentiels. 

C’est un imposant syndicat de 6271 membres, celui des employés de métier, qui doit alors faire une grève des heures supplémentaires. Il représente des opérateurs, monteurs, électriciens et mécaniciens, membres d’une section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affilié à la FTQ.

Cette grève des heures supplémentaires, d’une durée de 11 jours, doit débuter à 00h01 dans la nuit de jeudi à vendredi, pour se poursuivre jusqu’au 2 novembre à 23h59.

Le Tribunal administratif du travail a refusé, jeudi matin, la liste de services essentiels telle que déposée par le syndicat. Il a recommandé des modifications à cette liste et le syndicat rapporte les avoir acceptées depuis.

La direction d’Hydro-Québec avait tenté d’obtenir davantage de services essentiels, afin de faire réaliser certains travaux avant la période de pointe hivernale. Mais le Tribunal a repoussé cette demande, estimant que «la preuve administrée par Hydro-Québec met principalement en lumière des retards dans la planification ainsi que certaines difficultés de gestion», mais cela ne permet pas de conclure que la santé ou la sécurité publique serait compromise par ce type de grève.

Hydro-Québec a déploré la situation: «Cette décision et la position du syndicat présentent un risque pour assurer l’alimentation électrique des Québécois et Québécoises pour la période hivernale débutant en décembre.»

«Comme à chaque automne, plusieurs équipements de production et de transport d’électricité font l’objet de travaux de maintenance. Ces travaux doivent être réalisés sans délai, puisque les moyens de pression exercés plus tôt cette année ont déjà perturbé notre calendrier et que nous ne disposons plus de marge pour absorber de nouveaux retards», a ajouté la direction de la société d’État. 

La convention collective est échue depuis près de trois ans, soit depuis le 31 décembre 2023.

Les parties ont déjà recours à la conciliation. D’autres rencontres sont prévues vendredi, la semaine prochaine et au début du mois de novembre, a fait savoir en entrevue le président de la section locale concernée du SCFP, Frédéric Savard.

Le recours à la sous-traitance est un important point en litige. Et la question salariale n’a pas été abordée encore, a souligné le président du syndicat.

«Hydro-Québec a toujours eu besoin de faire affaire avec des sous-traitants – il n’y a rien de nouveau ici. Hydro-Québec est en croissance au niveau de ses effectifs internes dans le contexte de réalisation de son Plan d’action 2035. L’effectif d’Hydro-Québec est passé de 21 168 en 2021 à 23 915 en 2025. D’ailleurs, les employés des Métiers et des Techniciens sont de plus en plus nombreux. Il s’agit du groupe d’employés avec la plus forte augmentation en ce moment au sein d’Hydro-Québec», a répliqué la société d’État.

Le syndicat affirme n’avoir guère le choix de recourir à cette grève des heures supplémentaires pour faire progresser sa négociation. «On s’efforce de donner le nécessaire, de faire en sorte que tout le monde ait le service auquel il a droit, c’est-à-dire l’électricité. Nous sommes dans une période, autant syndicalement qu’au niveau de la population, où c’est important. Et nous, on veut respecter ça et on ne veut pas prendre le public en otage dans notre négociation; ça n’a jamais été notre but», a affirmé M. Savard.

Le syndicat a déjà tenu d’autres journées de grève des heures supplémentaires, au mois de mai.