Duhaime prêt à travailler avec PSPP, mais critique sa première nomination

La Presse Canadienne | 6 octobre 2026 | 14:07
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, s'adresse à des sympathisants lors d'un déjeuner dans sa circonscription de Bellechasse, à Saint-Anselme (Québec), le mardi 6 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Au lendemain d’une élection qui lui permet d’envoyer 19 députés à l’Assemblée nationale, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a promis de collaborer avec le nouveau premier ministre tout en critiquant l’une de ses premières décisions.

C’est dans la circonscription de Bellechasse, qui regroupe plusieurs municipalités rurales à l’est de Québec, qu’Éric Duhaime a donné rendez-vous aux journalistes mardi matin.

Le nouveau député de l’endroit et chef du PCQ a l’intention de rencontrer Paul St-Pierre Plamondon rapidement pour déterminer sur quels dossiers le PCQ et le Parti québécois peuvent collaborer.

«Il y a plusieurs dossiers sur lesquels on peut être d’accord», a indiqué le conservateur en citant la réduction de la taille de l’État et l’abolition de la TVQ sur les biens usagés.

«J’ai eu la chance de parler à M. Plamondon hier soir» et «on a convenu qu’on allait peut-être se parler ou se rencontrer dans les prochains jours», a indiqué Éric Duhaime en précisant que les deux allaient «établir un agenda, établir les paramètres» et «faire les choses une à la fois».

Mais à peine avait-il indiqué qu’il pouvait s’entendre avec le premier ministre sur plusieurs dossiers, qu’Éric Duhaime a lancé sa première flèche en tant que député élu.

«Je trouve ça très inquiétant que le premier geste que fait le nouveau premier ministre d’un gouvernement minoritaire qui a promis en campagne électorale de procéder à des coupes importantes dans la fonction publique» est de nommer Frédéric Guay à titre de secrétaire général et greffier du Conseil exécutif, donc le plus haut fonctionnaire de l’État.

M. St-Pierre Plamondon a procédé à la nomination de  M. Guay mardi matin.

Éric Duhaime reproche à Frédéric Guay de s’être opposé à l’abolition d’une centaine de fonctionnaires au ministère de l’Environnement en 2025, alors qu’il occupait le poste de sous-ministre de ce ministère.

«Comme premier geste, M. Plamondon n’envoie pas le bon signal. Et j’espère qu’il va envoyer d’autres signaux un peu plus positifs par rapport aux promesses qu’il a faites en campagne électorale parce qu’aujourd’hui, ça semble très contradictoire avec son engagement de couper la fonction publique», a ajouté Éric Duhaime.

Le chef du Parti conservateur du Québec propose de supprimer 20 000 postes dans la fonction publique québécoise sur une période de 5 ans.

Encadrer les nouveaux venus

Le PCQ a fait élire 19 députés lundi, dont 17 n’ont aucune expérience à l’Assemblée nationale.

Caroline Simard, ancienne députée libérale, et Maïté Blanchette-Vézina, ancienne députée caquiste, sont les deux seules élues du parti à posséder une expérience parlementaire.

Éric Duhaime compte «professionnaliser» les députés de son parti.

«Nous allons rencontrer un peu plus tard cette semaine nos 18 autres députés. On va commencer à établir notre plan de match. On a professionnalisé le parti depuis cinq ans, là, on va professionnaliser notre équipe d’élus à l’Assemblée nationale», a indiqué le chef du PCQ.

«C’est sûr que moi, le premier, il y a une courbe d’apprentissage qui va devoir être faite. Puis, elle va devoir, elle doit être faite rapidement», a-t-il indiqué.

Parmi les nouveaux élus, quelques-uns ont attiré l’attention lors de la campagne électorale pour différents propos offensants ou inquiétants.

Par exemple, le nouveau député de Côte-du-Sud, Frédéric Poulin, qui a déjà manifesté son appui à Donald Trump, a, par le passé, multiplié les insultes dégradantes envers différents politiciens sur les réseaux sociaux.

Le nouveau député dans Arthabaska-L’Érable, Tarek Henoud, a, dans le passé, publié des messages dans lesquels il s’inquiétait des «chemtrails». Selon une théorie complotiste, les traînées blanches laissées par les avions ne seraient pas de la vapeur d’eau condensée, mais bien des produits chimiques épandus par le gouvernement sur la population.

Un autre nouveau député du PCQ, Dominique Dumas, a déjà comparé publiquement les souverainistes à des «mongols» et traité les agriculteurs en faveur de la gestion de l’offre d’«esti de voleurs».