Trump s’attend à conclure un accord avec le Canada d’ici quelques semaines
Le président Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington, le lundi 28 septembre 2026. (Photo AP/Alex Brandon) À quelques heures seulement de l’entrée en vigueur de ses interdictions d’importation visant certains produits canadiens, le président américain Donald Trump estime pouvoir conclure un accord commercial avec le Canada dans les semaines à venir.
S’adressant lundi aux journalistes dans le Bureau ovale, M. Trump dit penser que la partie canadienne le contactera dans les trois ou quatre prochaines semaines et que les États-Unis «vont tout gagner».
«Ils vont venir nous voir et nous dire: “Monsieur, nous sommes désolés”, affirme M. Trump. Ils ont très, très mal traité les États-Unis. Je pense qu’un accord sera conclu, mais il sera équitable.»
Les interdictions de M. Trump — qui concernent notamment certaines boissons alcoolisées, des produits laitiers et des motos — doivent entrer en vigueur mardi à 0 h 01, heure de l’Est.
Il s’agit de la dernière escalade en date du conflit commercial depuis que les négociations entre les deux pays se sont soldées par un échec amer le mois dernier.
Le bureau du ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, indique lundi prendre note de l’entrée en vigueur des mesures commerciales annoncées précédemment par l’administration.
«Comme c’est le cas depuis 18 mois, notre priorité absolue demeure de protéger et de soutenir les travailleurs, les agriculteurs, les familles et les entreprises canadiennes face à ces mesures injustifiées», indique Gabriel Brunet, porte-parole de M. LeBlanc.
«Nous nous concentrons avant tout sur ce que nous pouvons contrôler: renforcer notre économie à l’intérieur du pays, diversifier nos partenariats à l’étranger et bâtir un Canada fort pour tous les Canadiens.»
Bien que les restrictions commerciales imposées aux produits canadiens ne devraient pas avoir d’incidence significative sur la croissance économique du Canada à court terme, elles constituent la dernière fracture en date dans les relations entre Ottawa et l’administration Trump.
M. Trump réitère ses affirmations erronées concernant les droits de douane sur les produits agricoles canadiens ainsi que ses allégations plus récentes selon lesquelles le système d’immigration canadien laisserait entrer des personnes sans contrôle.
Peter Navarro, conseiller principal de M. Trump en matière de commerce et d’industrie manufacturière, affirme que les Canadiens sont «les négociateurs les plus difficiles et les plus arrogants». Il ajoute qu’Ottawa «s’allie» avec Pékin — alors que M. Trump a accueilli le président chinois Xi Jinping à Washington la semaine dernière.
Pas d’urgence du côté américain
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré la semaine dernière que «la réalité, c’est que le président Trump est satisfait de la situation actuelle avec le Canada». M. Greer a ajouté que les Canadiens «nous appellent de temps à autre» et que des discussions ont lieu au sujet d’ententes potentielles.
«Je dirais qu’il n’y a aucune urgence de notre côté», a déclaré M. Greer à CNBC vendredi.
Les pourparlers commerciaux avec les États-Unis ont échoué à la fin du mois d’août, et les deux pays se sont mutuellement accusés d’avoir apporté des modifications de dernière minute à l’entente.
Le premier ministre canadien Mark Carney a accusé les négociateurs américains de tenter de restreindre la capacité du Canada à négocier d’autres ententes commerciales et de chercher à limiter les mesures de protection du Canada en matière de langue et de culture.
Dans les heures qui ont suivi le gel des négociations, les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50 % sur toute une gamme de produits canadiens. Ottawa a riposté en imposant ses propres droits de douane quelques semaines plus tard.
M. Trump a réagi en signant un décret ordonnant à certaines agences fédérales de retirer les produits canadiens de leurs listes d’approvisionnement, ainsi qu’un autre décret imposant des interdictions d’importation. La Banque de Montréal estime la valeur de ces produits d’exportation interdits à environ 1 milliard $ US.
Le président a également signé un décret visant à changer le nom du lac Ontario en «lac Amérique».
Le Canada est également visé par des droits de douane de 10 %, que l’administration Trump prétend être liés au travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement. Ces droits ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
De plus, des secteurs d’activité canadiens comme l’acier, l’aluminium, l’automobile et la fabrication d’armoires sont durement touchés par les droits de douane sectoriels distincts imposés par M. Trump.