Débat dans Beauce-Sud | Le bilan de Samuel Poulin attaqué par ses adversaires

Benjamin Aubert | 17 septembre 2026 | 19:27
Photo: Benjamin Aubert - MaBeauce.com

Le député sortant de Beauce-Sud, Samuel Poulin, a dû défendre son bilan et celui de son parti pour la circonscription lors du débat organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Georges jeudi midi.

Au cours de l’exercice, le candidat de la Coalition Avenir Québec a été la cible de plusieurs attaques de son adversaire conservateur, Jonathan Poulin, notamment lorsqu’il a été question de guerre tarifaire.

Le conservateur, qui avait perdu par 428 voix en 2022, lui a entre autres reproché de s’adonner à faire «du théâtre» en «allant faire croire qu’on va se battre contre Trump». Il déplore que les propositions caquistes «rendent [les entreprises] dépendantes aux subventions» et propose plutôt de réduire de 59% l’impôt sur les sociétés pour faire du Québec «la juridiction la plus avantageuse au niveau de la fiscalité en Amérique du Nord».

De son côté, Samuel Poulin a soutenu que de parler des impacts des décisions de Donald Trump sur les entreprises de la région «n’est pas de faire peur aux gens». À son avis, le rôle du Conseil économique de Beauce et d’Investissement Québec «est fondamental» dans la région et la CAQ «va continuer de leur donner les moyens pour pouvoir aider les entreprises» tout en travaillant sur le repreneuriat.

Le sujet a aussi donné lieu à un échange corsé entre les deux candidats après que Samuel Poulin ait demandé à son adversaire quelles entreprises il n’aurait pas soutenues depuis le début de la guerre tarifaire.

Amélie Carrier de Québec Solidaire a proposé pour sa part de débloquer «jusqu’à 1 G$» pour «maintenir la vitalité» des entreprises locales, alors qu’Alvaro Peressutti du Parti libéral du Québec s’est engagé à imposer un moratoire sur toute nouvelle réglementation et qu’Angèle Bouffard du Parti Québécois a parlé d’«un plan pour investir dans l’innovation pour les entreprises» et d’un plan de 450 M$ pour l’agriculture et la foresterie.

Transports et infrastructures

En transport et infrastructure, les coupures au Programme d’aide au développement du transport collectif qui ont mené à l’annonce de la fin du service de taxi collectif dans la MRC Beauce-Sartigan ont été dénoncées par Jonathan Poulin et Alvaro Peressutti.

«Ce sont souvent des aînés qui utilisent ce transport-là pour aller à leurs rendez-vous médicaux, aller à leurs services. C’est des économies de bout de chandelle. On parle d’à peu près 200 000 $ pour assurer un service qui marche bien, qui était en progression dans la région de Beauce-Sartigan […] Ce n’est pas vrai que c’est juste les grandes villes qui ont le droit d’avoir du transport collectif et de déplacer nos gens», a déploré le candidat conservateur.

«C’est triste de voir comment l’enveloppe budgétaire qui peut assurer les transports pour les municipalités qui sont plus loin de Saint-Georges pour pouvoir se déplacer a été coupée. C’est quelque chose de très lamentable […] Ce sont les organismes communautaires qui se voient avec le fardeau de devoir assumer le rôle de l’État avec très peu de financement […] Dans ce contexte-là, il faut vraiment s’assurer que si un député et ministre des Affaires municipales n’est pas capable d’obtenir ces gains-là pour son propre comté, alors il y a quelque chose à réviser dans les programmes du gouvernement», a ajouté pour sa part le candidat libéral.

La candidate solidaire s’est quant à elle présentée comme étant la «porte-parole pour les transports collectifs en région», étant donné qu’elle est «vue comme étant la madame autobus dans la région».

De son côté, Samuel Poulin s’est engagé à créer un comité de transport pour «travailler avec l’ensemble des intervenants». Selon lui, même «s’il manque de l’argent», des sommes sont disponibles pour le transport collectif.

Enfin, Angèle Bouffard a rappelé que le Parti Québécois propose un accès illimité à tout le transport collectif au Québec pour 95 $ par mois. Elle soutient que ce laissez-passer serait donc accessible dans la région.

Immigration

En matière d’immigration, la solidaire Amélie Carrier, qui veut augmenter le seuil annuel à 70 000 immigrants par année, a plaidé que sa formation «ne voit pas les immigrants comme une dépense, mais plutôt comme un actif». «Dans notre économie, ils aident beaucoup notre tissu social. Il faut amener des mesures pour qu’ils soient mieux intégrés», a-t-elle soutenu en affirmant vouloir mettre fin aux permis de travail fermés.

Cette notion d’intégration a aussi interpellé M. Peressutti, qui est lui-même issu de l’immigration. «Quand on parle d’immigration, suivi du mot problème, suivi du mot dépendance, suivi du mot économique, vous êtes tous dans le tort et ça fait mal. Au Québec, il n’y a pas un problème d’immigration, il y a un problème d’intégration et on n’est pas capable de déterminer clairement c’est quoi la capacité d’intégration de chaque région», a-t-il déploré en mentionnant que son chef, Charles Milliard s’était engagé à solliciter les pleins pouvoirs en immigration, puisqu’il s’agit «d’un dossier qui se gère très mal en garde partagée avec le fédéral».

M. Peressutti a également fait rire l’audience lorsqu’il a avancé que le Québec «n’a pas le choix» de compter sur l’immigration, puisqu’il «ne fait pas assez d’enfants». «Il faut bien les intégrer ou bien les accompagner ou faire des enfants!», a-t-il lancé en boutade.

Chez les conservateurs, Jonathan Poulin soutient que le Québec «peut faire un effort sur les travailleurs d’expérience de 65 ans et plus qui réduisent leurs heures» et se dit d’accord avec l’idée de l’immigration économique. «Il faut arrêter que les demandeurs d’asile aient plus accès au panier de service québécois que les citoyens québécois. Il faut régionaliser l’immigration pour qu’on n’ait pas à peser sur le break parce qu’ils sont passés droit à Montréal», a-t-il laissé entendre en soulignant qu’il «faut investir en francisation» et en déplorant un «manque d’humanité» dans le dossier de l’abolition du programme d’expérience québécoise.

Dans ce thème, Samuel Poulin a indiqué qu’un gouvernement caquiste «n’arrêterait pas d’aider les entrepreneurs» dans leur transition vers la robotisation et l’automatisation afin de «réduire la dépendance à l’immigration». Il a aussi ajouté que la CAQ conserverait le seuil actuel de 45 000 immigrants via le Programme de sélection des travailleurs qualifiés.

Santé / Aînés et Famille

En conclusion, le dossier de la santé et des aînés et des familles a provoqué des flammèches alors que la controverse concernant les propos de Jonathan Poulin sur les aînés a refait surface lors de la présentation de cette portion du débat.

Le candidat caquiste Samuel Poulin n’a pas tardé de rappeler cet élément en invitant le public à se «méfier de ceux qui disent pouvoir couper 47 G$ sans impacter les services à la population». Il a soutenu réaliser «des actions concrètes», comme l’ouverture de 48 nouvelles places à la Maison des aînés, l’ouverture d’une maison de répit pour les proches aidants et l’engagement de payer pour une deuxième prothèse auditive.

Piqué au vif, Jonathan Poulin a répliqué en affirmant que les aînés «méritent mieux» que la CAQ, puisque celle-ci fait, à son avis, «de l’âgisme» en voulant «continuer le modèle actuel qui les a appauvris toute leur vie et qui fait en sorte qu’ils poireautent sur des listes d’attente lorsqu’ils ont besoin de soins».

Devant ces échanges, le libéral Alvaro Peressutti s’est attristé du niveau de jeu de ses adversaires. «Au nom de tous, Samuel, Jonathan, votre débat cette semaine, c’est pitoyable. Vous instrumentalisez les personnes âgées de part et d’autre pour essayer de faire des gains politiques. Ce n’est pas juste. Ces gens-là méritent mieux que l’anxiété que vous leur générez avec vos propos et vos discours. Et je pense qu’au nom de nous tous, je vous demande tout simplement d’éviter les sujets pour le reste de la campagne. Merci!», a-t-il laissé tomber.