Accident mortel à Sainte-Rose-de-Watford : le rapport du coroner dévoilé
Photo: Tirée de Facebook Le Bureau du coroner a rendu public le rapport concernant le décès du jeune Xavier Landry Rousseau, 13 ans, décédé tragiquement le 7 mars dernier lors d’un accident d’autobus à Sainte-Rose-de-Watford. Le coroner conclut que l’adolescent a perdu la vie de façon accidentelle dans un autobus qui ne présentait « aucune défectuosité mécanique » et dont le conducteur avait adapté sa conduite aux conditions routières difficiles qui prédominaient lors de cette journée d’hiver.
C’est ce qui ressort du rapport de Me Donald Nicole, chargé de faire la lumière sur les circonstances de ce triste événement.
Rappelons que l’accident s’est produit sur la route de la Grande-Ligne Nord, alors que l’autobus transportait un groupe de cadets vers une compétition de tirs avant de déraper sur la chaussée glacée.
Le rapport du coroner démontre qu’au moment des événements, les conditions météorologiques étaient somme toutes favorables pour la conduite, mais un épisode de pluie verglaçante survenu peu de temps avant le drame a « rapidement détérioré » l’état des routes les rendant glacées et très glissantes. Le coroner Me Donald Nicole établit que l’accident s’est produit alors que les équipes municipales n’avaient pas encore épandu de l’abrasif sur la route de la Grande-Ligne Nord.
« L’accident est survenu dans un environnement rural, sur une route municipale peu fréquentée, dans une section droite, avec une pente descendante ayant une inclinaison d’environ 10 % », peut-on lire dans le rapport du coroner Nicole. Compte tenu de l’état de la route au moment du passage de l’autobus, le coroner estime que le véhicule « a pris de la vitesse » en s’aventurant dans la pente. Le freinage étant « inefficace à cause de la chaussée glacée », le conducteur a perdu le contrôle du véhicule avant de déraper.
L’enquête démontre qu’au moment de la « violente » sortie de route, la porte de secours arrière de l’autobus s’est ouverte. Le jeune Xavier a été éjecté de l’autobus par la porte arrière. Un ingénieur de Transport Canada a vérifié le loquet de la porte de secours pour en conclure « qu’il n’y avait aucune défectuosité pouvant expliquer l’ouverture soudaine » de la porte. « Le poids du levier et la force cinétique lors du renversement de l’autobus ont probablement été suffisants pour déclencher l’ouverture inopinée de la porte de secours », détermine le coroner.
Une inspection plus complète de l’autobus n’a « mis en évidence aucune défectuosité mécanique ni aucune usure excessive ayant contribué à l’accident. »
Le rapport du coroner démontre également que le conducteur de l’autobus avait bien adapté sa conduite aux conditions routières difficiles dans le secteur lors de cette journée.
« L’analyse des données du système de géolocalisation et module de commande électronique de l’autobus impliqué dans l’accident a démontré que 49 secondes avant la collision, le véhicule circulait à une vitesse de 31 km/h, qu’à 34 secondes avant l’accident, l’autobus avait atteint une vitesse de 48 km/h et que malgré l’application des freins, l’autobus avait accéléré à 85 km/h quatre secondes avant le renversement. »
Extrait du rapport du coroner concernant le décès de Xavier Landry Rousseau
Des ceintures de sécurité dans les autobus?
Le coroner Me Donald Nicole n’a pas de recommandations à faire dans ce dossier concernant le port obligatoire de ceintures de sécurité dans les autobus scolaires.
Il se base sur les conclusions de projets pilotes menés par Transport Canada qui conclut que les ceintures à trois points peuvent offrir une protection supplémentaire, notamment lors d’un renversement, mais leur utilisation comporte plusieurs défis comme des problèmes d’ajustement, particulièrement chez les jeunes enfants et avec les vêtements d’hiver, ainsi que des évacuations plus longues et une mauvaise utilisation fréquente.
Me Donald Nicole est d’avis qu’une « ceinture trois points bien portée et bien ajustée aurait pu éviter le décès du jeune Xavier lors du renversement de l’autobus », mais son implantation pourrait aussi présenter des risques dans d’autres situations.