Fréchette fait le point sur les droits de douane avec les grands acteurs économiques
La première ministre Christine Fréchette répond à une question de l’opposition à l’Assemblée nationale, à Québec, le 13 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Les ténors du gouvernement Fréchette et les principaux acteurs économiques du Québec sont réunis jeudi à Montréal pour faire le point sur les nouveaux droits de douane américains de 50 % qui pourraient entrer en vigueur la semaine prochaine.
Au début de cette rencontre à huis clos, à laquelle les médias ont eu accès aux cinq premières minutes en matinée, la première ministre n’a pas caché que l’imposition de ces droits de douane supplémentaires viendrait chambouler l’économie québécoise «de manière assez importante».
«Jusqu’à 9 % de nos exportations pourraient être affectées par ces tarifs. Ça équivaut à 7 milliards de dollars d’impact, potentiellement, donc c’est colossal», a déclaré Christine Fréchette devant une douzaine de représentants de secteurs particulièrement touchés, dont Jean Simard, président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada.
Il y avait également autour de la table des représentants, entre autres, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, de la Fédération des chambres de commerce du Québec, du Conseil du patronat du Québec et d’Investissement Québec.
Mme Fréchette leur a demandé de continuer de travailler «en étroite collaboration» avec le gouvernement caquiste et «de rester connectés, comme depuis le tout début de cette guerre tarifaire».
«L’important, c’est qu’on capte bien la nature des menaces qui planent sur vous advenant ces tarifs et le type de soutien que vous attendez du gouvernement. Je sais que plusieurs entreprises pourraient être en mode survie advenant la mise en œuvre de ces tarifs», a-t-elle souligné.
La première ministre a cependant voulu se montrer rassurante. «On est en contact non seulement avec vous, mais également avec le gouvernement fédéral et l’administration américaine. Les négociations suivent leur cours avec le fédéral, et on s’attend à ce que ces négociations s’intensifient au cours des prochains jours. Il nous reste encore quelques jours», a indiqué Mme Fréchette en référence à la date du 19 août fixée par l’administration Trump pour l’entrée en vigueur de ces nouveaux droits de douane.
Elle a insisté sur le fait qu’«il y a des lignes à ne pas franchir concernant la gestion de l’offre et également la protection de notre culture, de notre langue».
«Plus optimiste que jamais»
M. Simard a salué la décision de la première ministre de tenir un tel événement à l’approche de la «date fatidique».
«C’est un bon moment pour faire le point et rencontrer les secteurs. C’est vraiment la chose à faire pour entendre les besoins de part et d’autre. Il faut garder un front uni et entrevoir ce qui peut se passer, quels sont les différents scénarios à compter du 19 août s’il y a un report, s’il y a un dérapage ou s’il y a une entente», a-t-il affirmé devant les médias avant de se diriger dans une salle de réunion de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ).
M. Simard s’est dit «plus optimiste que jamais» qu’un compromis sera trouvé d’ici là, mais il a reconnu que «tout peut arriver».
Selon le président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada, «tout va se passer au dernier moment». «C’est toujours comme ça que ça arrive, ça va se produire dans les dernières 24 ou 48 heures.»
La PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Véronique Proulx, garde elle aussi espoir, même si le temps presse.
«Je suis une optimiste, alors j’ai confiance», a-t-elle lancé lors d’un impromptu de presse à son arrivée à l’ITHQ.
Elle a soutenu que «le Québec est la province qui pousse le plus pour avoir une entente avant le 19 août parce que c’est celle qui est la plus touchée par les tarifs actuellement».
«C’est le message qu’on a eu la chance de passer également au bureau du premier ministre Mark Carney, à la négociatrice en chef et au ministre Dominic LeBlanc. Ces tarifs seraient dévastateurs pour l’économie du Québec», a déploré Mme Proulx, spécifiant que les entreprises des secteurs de l’acier, de l’aluminium et du bois d’œuvre sont «déjà beaucoup sous pression».