Accident à Sainte-Marie en octobre 2025 | La CTQ retire le permis d’un camionneur mariverain en état d’ébriété

Benjamin Aubert | 10 août 2026 | 09:22
Photo: Unsplash

La Commission des transports du Québec a ordonné à la Société de l’assurance automobile du Québec de suspendre le droit de conduire un véhicule lourd de Pascal Audet, un chauffeur impliqué dans un accident sur le boulevard Lamontagne, à Sainte-Marie, en octobre 2025, alors qu’il se trouvait en état d’ébriété.

Selon la décision rendue il y a quelques jours par la juge administrative Nadia Lavigne, les policiers ont été appelés en début de soirée le 9 octobre 2025 pour un accident impliquant un camion de 53 pieds qui a effectué une manœuvre à contresens avant de frapper un poteau et un arbre se trouvant devant une résidence du boulevard Lamontagne.

À l’arrivée des policiers, le conducteur est allé à la rencontre des patrouilleurs. Il se tenait toutefois loin d’eux et avait « le regard fuyant ». Un agent a alors constaté « une forte odeur d’alcool provenant de lui » ainsi que des « yeux vitreux » et une « bouche pâteuse ». « [Le conducteur] lui dit avoir consommé seulement une bière il y a vingt minutes, avant de changer sa version et de lui dire qu’il en a consommé trois », écrit la Commission.

Trois fois la limite permise pour un véhicule lourd

Le camionneur a alors été arrêté, puis conduit au poste de la Sûreté du Québec de Saint-Joseph-de-Beauce, où un technicien qualifié en éthylométrie lui a fait subir un test à l’aide d’un appareil éthylométrique. Des résultats de 170 et 160 mg d’alcool par 100 ml de sang ont été enregistrés, alors que le Code de la sécurité routière prévoit qu’il est interdit de conduire un véhicule lourd si l’alcoolémie du conducteur est égale ou supérieure à 50 mg d’alcool par 100 ml de sang. Dans les heures qui ont suivi, le chauffeur a dit aux policiers qu’il « savait qu’un jour ça allait arriver ».

Lors de l’audience devant la Commission des transports du Québec visant à évaluer son comportement, M. Audet a expliqué qu’il conduisait « par plaisir » des véhicules lourds pour une entreprise appartenant à l’un de ses amis. Le soir des événements, il « avait pris congé de son travail de contremaître [à la Ville de Sainte-Marie] afin d’effectuer un transport d’huile de soya », peut-on lire dans la décision.

Il était allé chercher le camion vers 16 h à la meunerie de l’entreprise, où il avait consommé une première bière. Il a ensuite stationné le véhicule près du site du Service des travaux publics de la municipalité de Sainte-Marie avant de se rendre à pied à son domicile. Chez lui, il a bu deux bières additionnelles et ouvert une bouteille de vin qu’il dit avoir partagée avec sa conjointe.

L’homme a toutefois réalisé plus tard qu’il avait stationné le poids lourd à un endroit qui bloquait l’entrée de la cour du Service des travaux publics, et donc l’accès aux réservoirs d’essence et de diesel pour les véhicules d’urgence. Il a donc décidé de retourner sur place pour déplacer le camion et le stationner dans la cour des employés.

« Afin d’effectuer une manœuvre de recul dans la cour des employés, il n’a pas d’autre choix que de circuler à contresens. C’est ce qu’il fait. Cependant, le dessus de sa remorque accroche une grosse branche d’arbre qu’il casse ainsi qu’un poteau, à proximité », explique la juge, en notant que « si c’était à refaire, il prendrait de nouveau le volant du véhicule lourd en état d’ébriété », mais qu’il « se limiterait à le déplacer en ligne droite ».

Crédibilité affectée

La juge Lavigne soutient que la crédibilité du témoignage du camionneur « est fortement affectée », puisqu’il a donné de « nombreuses versions » à différents intervenants, notamment concernant sa consommation le jour des événements, mais aussi au sujet de ses habitudes de consommation. Elle se questionne également quant à savoir si l’homme « a tiré quelque leçon que ce soit de ses agissements ».

Notons que la Commission des transports du Québec n’est pas liée par les résultats du processus pénal ou criminel. D’ailleurs, le camionneur fait toujours face à deux accusations en lien avec ces événements, soit d’avoir conduit un véhicule à moteur alors que sa capacité de conduire était affaiblie par l’effet de l’alcool et d’avoir eu une alcoolémie égale ou supérieure à 80 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang dans les deux heures suivant le moment où il a cessé de conduire un moyen de transport.

Depuis les événements, Pascal Audet affirme avoir cessé tout sport de groupe afin d’éviter les occasions de consommer de l’alcool et de conduire. Il dit consommer de l’alcool à la maison, avec sa conjointe, lorsqu’il n’est pas de garde, soit une fin de semaine sur deux.

L’interdiction de conduite de véhicule lourds qui lui a été imposée sera en vigueur tant et aussi longtemps que la Commission n’aura pas autorisé sa levée. Pour ce faire, M. Audet devra en faire la demande et démontrer que son comportement ne risque plus de mettre en danger la sécurité des usagers de la route ni de compromettre l’intégrité des routes ouvertes à la circulation publique.