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Grèves à compter de mercredi soir chez Hydro; en attente de la décision du Tribunal
Un camion d'Hydro-Québec avec, à son bord, un employé, photographiés lors d'une panne d'électricité, le 17 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov En attente d’une décision du Tribunal administratif du travail sur les services essentiels à maintenir, deux grèves doivent débuter dans la nuit de mercredi à jeudi, chez Hydro-Québec.
Ensemble, ces deux sections locales du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, représentent près de 9000 employés.
Il s’agira, dans les deux cas, d’un refus de faire des heures supplémentaires.
Vendredi dernier, Hydro-Québec et les deux syndicats, à savoir celui des 6200 employés de métier et celui des 2700 technologues, se sont déjà entendus sur les services essentiels à maintenir durant la grève.
Il reste cependant au Tribunal administratif du travail à évaluer, d’ici le déclenchement prévu de ces deux grèves, si la liste de services proposés est suffisante pour ne pas mettre en danger la santé ou la sécurité publique.
«Ça va avoir un impact»
Même s’il s’agit d’un refus de faire des heures supplémentaires, et non d’une grève traditionnelle, le président du Syndicat des employés de métier, Frédéric Savard, se dit assuré que ce refus va avoir des répercussions sur le Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec, qui vise à sécuriser notre autonomie énergétique.
«C’est sûr que ça va avoir un impact sur le plan d’action de l’entreprise. Ça va faire en sorte qu’il y a des travaux qui vont probablement être mis de côté par la société d’État. Mais il reste qu’au bout de la ligne, on se pose quand même la question, au niveau syndical: si on a besoin de faire faire du temps supplémentaire pour être capable de faire la planification au niveau du travail, et bien, on a deux problèmes, c’est-à-dire que, soit qu’il y a un manque de main-d’oeuvre, soit qu’il y a une mauvaise planification des travaux», a affirmé M. Savard, en entrevue lundi.
De passage à Saguenay, vendredi dernier, la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard, a affirmé que la direction «travaille depuis deux ans de façon acharnée à faire des négociations» avec les syndicats.
«Il faut que tout le monde arrive avec des solutions raisonnables», a-t-elle ajouté, disant vouloir conclure une entente d’ici les Fêtes.
La sous-traitance est au coeur des deux litiges. Le syndicat des technologues ajoute à son litige la flexibilité attendue, de même que certaines demandes de l’employeur. M. Savard note que la question salariale n’a pas encore été abordée pour son Syndicat des employés de métier.
Hydro-Québec s’est déjà entendue avec d’autres syndicats, notamment celui des spécialistes et professionnels, qui compte 5500 membres, pour lequel la sous-traitance était également un enjeu.
M. Savard, qui préside le plus gros des syndicats chez Hydro-Québec, se dit prêt à durcir les moyens de pression, si le refus d’effectuer des heures supplémentaires ne suffit pas à infléchir la position de la direction. Ses membres seraient alors prêts à tenir des journées de grève, assure-t-il.
Le Syndicat des technologues n’a pas voulu donner d’entrevue lundi. Lors de l’annonce de sa grève, il avait publié un communiqué pour notamment exprimer ses craintes face au recours à la sous-traitance. «L’ingérence politique des dernières années rehausse cette crainte de la privatisation discrète chez les membres et augmente considérablement les coûts d’exploitation globaux de notre société d’État considérant l’expertise de notre main-d’œuvre interne», avait-il affirmé.