Passation des pouvoirs entre François Legault et Christine Fréchette

La Presse Canadienne | 15 avril 2026 | 04:59
François Legault accueille sa successeure Christine Fréchette pour la passation des pouvoirs à l'édifice Honoré-Mercier à Québec le 14 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

François Legault a accueilli mardi sa successeure, Christine Fréchette, au solennel édifice Honoré-Mercier pour la passation des pouvoirs.

Le premier ministre démissionnaire et la première ministre désignée ont brièvement posé pour les caméras avant de s’engouffrer dans le bureau où ils allaient procéder au transfert des dossiers.

Mme Fréchette — qui a été élue cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) dimanche avec 57,9 % des voix contre 42,1 % pour Bernard Drainville — sera assermentée mercredi après-midi, à l’Assemblée nationale.

Elle présidera ensuite une réunion du caucus en soirée.

Lors de son discours d’adieu dimanche, M. Legault avait fait un appel à l’unité, priant le camp gagnant de tendre la main au camp perdant. Mardi, il s’est dit rassuré pour la suite des choses.

«Je ne peux pas demander meilleure personne que Christine pour prendre en main l’avenir du Québec. Christine va être une excellente première ministre pour longtemps», a-t-il déclaré.

Prenant la parole à son tour, Mme Fréchette a promis aux Québécois de les aider à traverser cette période «de grands changements». 

«On est dans un monde de plus en plus incertain. Mais moi, s’il y a une chose dont je suis certaine, c’est que c’est le moment de se réunir, d’assembler nos forces, de travailler ensemble. Il ne faut surtout pas se diviser.»

Depuis le début de la semaine, Mme Fréchette enchaîne les rencontres à un rythme effréné. 

Elle a pris un bain de foule à Trois-Rivières, discuté au téléphone avec le premier ministre du Canada, Mark Carney, puis avec plusieurs premiers ministres provinciaux. Elle s’est aussi entretenue avec le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard.

La première ministre désignée s’est également assise avec son rival dans la course, Bernard Drainville, avec le ministre des Finances, Eric Girard, et celui de la Justice, Simon Jolin-Barrette. 

Elle s’entretiendra avec le maire de Québec, Bruno Marchand, mercredi matin. 

Lors de sa rencontre avec M. Girard, elle lui aurait demandé «d’identifier la voie la plus efficace pour retirer la TVQ sur une série de produits de consommation du quotidien et d’épicerie».   

«Ensuite, j’ai demandé à M. Girard de me proposer un plan pour retourner les revenus supplémentaires de l’État liés à la hausse du coût de l’essence due à la guerre au Moyen-Orient», a-t-elle indiqué sur le réseau X.

Durant la campagne, Mme Fréchette proposait de réduire le coût des immatriculations pour compenser la hausse du prix de l’essence.    

Des pro-Drainville dans le cabinet Fréchette

Pour préserver l’unité du parti, Mme Fréchette le dit d’emblée: elle confiera des responsabilités «importantes» à Bernard Drainville et fera une place dans son conseil des ministres à des pro-Drainville comme M. Jolin-Barrette et Sonia Bélanger.

Elle a tenu ces propos dans le cadre d’une entrevue au 98,5 FM, mardi matin. Lors d’une conférence de presse la veille, elle avait laissé planer le doute sur le sort qu’elle réservait notamment à M. Jolin-Barrette.

Le ténor nationaliste gardera-t-il un poste de ministre? «C’est certain, a répondu Mme Fréchette à l’animateur Patrick Lagacé. Il a beaucoup de talent, ce Simon, et c’est sûr qu’il va falloir le mettre à contribution.»

Son projet de constitution québécoise continuera d’avancer à l’Assemblée nationale. Or, s’il ne récolte pas l’appui d’au moins un parti de l’opposition, il ne sera pas adopté, a-t-elle expliqué. «Il y a une nécessité qu’il y ait un certain soutien.»

Par ailleurs, Mme Fréchette a dit «apprécier énormément» le travail de Sonia Bélanger à la Santé. «Elle a pris ça à bras le corps très rapidement. Donc, voilà, je vais compter sur elle au conseil des ministres, ça c’est certain», a-t-elle déclaré.

En conférence de presse au parlement lundi, Mme Fréchette avait affirmé que la formation d’un conseil des ministres représentait un exercice de «haute voltige». Elle avait mentionné vouloir un cabinet dans la zone paritaire, mais de taille réduite.

Interrogée mardi sur la possibilité de faire accéder un non-élu au Saint des saints, la première ministre désignée a répondu qu’elle l’envisageait.

«Je ne ferme pas la porte, a-t-elle affirmé. Ce n’est pas un incontournable, mais c’est une possibilité. Ça pourrait, dépendant de ce qui est envisageable de faire. Mais comme je vous dis, (…) c’est un exercice fort complexe.»