Ottawa présentera une mise à jour économique le 28 avril

La Presse Canadienne | 15 avril 2026 | 05:00
Finance and National Revenue Minister Francois-Philippe Champagne looks on as Prime Minister Mark Carney responds to a question during an announcement on Parliament Hill in Ottawa, Tuesday, April 14, 2026. THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a annoncé mardi que les libéraux présenteraient leur mise à jour économique du printemps le 28 avril.

Cette mise à jour permettra aux Canadiens de voir comment la situation financière d’Ottawa a évolué depuis la présentation du budget 2025 en novembre et comment les chocs mondiaux, tels que la guerre en Iran, affectent les prévisions du gouvernement fédéral.

M. Champagne a annoncé cette mise à jour lors de la période de questions à la Chambre des communes. Il a déclaré qu’elle inclurait un plan visant à aider les familles, l’industrie et le pays à prospérer.

Le budget libéral présenté en novembre 2025 était le premier du gouvernement du premier ministre Mark Carney et marquait le passage à un nouveau calendrier budgétaire d’automne, les mises à jour budgétaires de mi-année étant désormais publiées au printemps.

En novembre, les libéraux prévoyaient que le déficit fédéral atteindrait 78,3 milliards $ au cours du dernier exercice financier, suivi de déficits plus faibles jusqu’en 2030.

M. Carney a remanié les finances fédérales depuis qu’il a pris la tête du Parti libéral il y a un peu plus d’un an.

Le premier ministre Carney s’est engagé à réduire les dépenses courantes du gouvernement et à augmenter les dépenses en matière de défense, d’infrastructures et de construction de logements dans le cadre d’une initiative plus large visant à réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis.

Il a divisé le budget en deux volets, l’investissement et le fonctionnement, prévu des réductions draconiennes des effectifs de la fonction publique et augmenté les dépenses en défense pour atteindre l’objectif de l’OTAN de 2 % du PIB.

Ce plan de dépenses promettait de réduire le déficit en pourcentage du PIB et d’équilibrer le volet opérationnel du budget dans un délai de trois ans, mais abandonnait l’ancrage budgétaire précédent consistant en une baisse du ratio dette/PIB — ce qui a suscité des inquiétudes chez certains observateurs des finances publiques.

M. Carney a mentionné mardi que le produit intérieur brut du Canada montrait des signes de rebond en janvier et février après s’être contracté au quatrième trimestre de 2025.

Il a également évoqué les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) publiées plus tôt dans la journée, qui, selon lui, classent le Canada comme «la deuxième économie à la croissance la plus rapide du G7».

Le PIB réel canadien a augmenté de 1,7 % en 2025, ce qui, selon le FMI, représentait la moitié de la moyenne mondiale et était inférieur à la croissance de 2,1 % enregistrée aux États-Unis.

Le FMI prévoit que l’économie canadienne connaîtra une croissance annuelle de 1,5 % cette année et de 1,9 % en 2027, dépassant la plupart des économies de la zone euro mais restant en deçà des États-Unis. L’Espagne, bien qu’elle ne soit pas membre du G7, devrait également dépasser la croissance économique du Canada cette année.

«Le profil plus modéré à court terme reflète un ralentissement de la dynamique à la fin de 2025 et une croissance démographique plus lente, tandis que l’assouplissement monétaire précoce et la politique budgétaire favorable contribuent à soutenir la demande intérieure», indique le rapport du FMI.

Le conflit au Moyen-Orient a fait flamber les prix de l’énergie, pesant sur le pouvoir d’achat des consommateurs à la pompe et menaçant de faire grimper l’inflation dans les mois à venir.

La hausse des prix mondiaux de l’essence tend également à augmenter les recettes fiscales fédérales et à stimuler l’activité économique dans les régions productrices de pétrole du pays.

Certains économistes préviennent que, selon la durée de la guerre en Iran, ces prix plus élevés de l’essence pourraient finir par nuire à l’économie canadienne plus qu’ils ne l’aident.

La mise à jour économique du printemps tiendra également compte des promesses faites depuis l’automne, notamment l’augmentation de l’allocation de la TPS et un nouveau plan visant à suspendre la taxe fédérale d’accise sur les carburants jusqu’à la fête du Travail.