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Arrestation de Mohsan Ihsanullah | «On l’attendait depuis longtemps»
Ce montage photo rendant hommage à Alexandra Poulin, décédée le 18 décembre 2024 lors d'un accident à Vallée-Jonction, a été partagé à de nombreuses occasions sur les réseaux sociaux. | Photo: Tirée de Facebook La mère d’Alexandra Poulin, victime de l’accident mortel du 18 décembre 2024 à Vallée-Jonction, Nathalie Poulin estime que l’arrestation de Mohsan Ihsanullah, 40 ans, représente «une très bonne chose».
«On l’attendait depuis longtemps. On n’a jamais douté qu’il pouvait être accusé. Il est passé par-dessus beaucoup de chose pour se rendre jusqu’à [l’événement]. Je n’appelle même pas ça un accident, parce qu’un accident, ça peut être évité […] Les policiers devaient tout démêler, comprendre tout ce qu’ils avaient à comprendre dans le transport et faire leur enquête au travers de tout ça. Ça a été compliqué et long, mais ça valait la peine parce que les accusations sont quand même importantes», a-t-elle affirmé en entrevue.
Mme Poulin dénonce que le camionneur ait pu continuer à conduire des poids lourds entre le moment de l’accident qui a coûté la vie à sa fille et son arrestation une quinzaine de mois plus tard, mais elle salue le travail des enquêteurs qui ont tenté d’accélérer les procédures devant la Commission des transports du Québec, qui a le pouvoir d’agir sur le permis de conduire de l’homme de 40 ans.
«Tout ça est très mal fait. Tant qu’il n’est pas accusé et qu’il n’a pas passé devant le juge comme hier matin […], la seule personne qui peut lui enlever le droit de conduire, c’est la Commission des transports. Mais pour qu’à la Commission des transports, il soit capable de l’amener là pour vérifier les manquements, ils appellent ça une vérification du comportement, pour décider s’il lui enlève son permis ou pas. […] La commission a besoin des documents des policiers. Ce sont les policiers qui les alimentent pour réussir à les amener jusque-là. Ce qu’ils nous ont dit à la Commission, c’est qu’habituellement, ça prend entre deux et trois ans après les événements avant qu’ils reçoivent les documents des policiers. […] L’enquêteur à Sainte-Marie a fait une job extraordinaire parce que lui a monté le dossier, a donné ça aux crimes majeurs à Québec, et c’est l’enquêteur des crimes majeurs qui a appelé à la Commission des transports en leur disant « expliquez-moi comment ça fonctionne, dites-moi ce dont vous avez besoin pour être capable de l’amener chez vous pour lui retirer son permis de conduire ». La directrice des affaires juridiques de la Commission des transports nous a dit qu’elle n’a jamais vu ça depuis le début de sa carrière qu’un policier appelle pour avoir cette information-là pour leur permettre de faire leur travail plus rapidement. Les policiers ont fait une job incroyable! Sérieusement, c’est chapeau! Ça a été long, mais ça valait la peine».
Deux autres événements qui fâchent
En début de semaine, le commissaire de la Commission des transports, Me Julien Provost, a indiqué que l’audience portant sur l’évaluation des comportements de conducteur de Mohsan Ihsanullah porterait aussi sur deux autres événements dangereux survenus en mars et septembre 2025.
«Ça, ça m’a fendu le cœur, mardi. Parce que moi, je me disais dans ma tête, tu ne te lèves pas un matin en te disant « je vais aller tuer quelqu’un », ça, c’est clair. Sauf qu’après, on s’entend que tu dois rester traumatisé un peu. De savoir qu’en mars, il était déjà sur le chemin et qu’il avait déjà refait autre chose qui était dangereux et qu’en septembre encore, là, tu te dis, « OK, il ne comprend pas, là, lui, il est dans le déni total, puis on est parti, puis il n’y a aucun problème dans ce que je fais ». Ça n’a pas de sens!», a mentionné Nathalie Poulin.
Des changements nécessaires
Au-delà des conséquences pour le chauffeur impliqué dans le décès de sa fille, Nathalie Poulin réclame des changements à la réglementation entourant la sécurité routière pour éviter d’autres drames.
«Tant que les amendes ne sont pas subséquentes, ça ne changera pas. On leur a permis d’avoir des modèles comme ça parce que personne n’a rien fait avant. Si tu as un test-brake, savez-vous comment ça coûte si vous vous te faites arrêter à Vallée-Jonction parce que vous ne l’avez pas fait? 500 $. Ça devrait être 3000 $ pour le chauffeur, dix points de perdu et 5000 $ pour l’entreprise. L’entreprise, là, elle n’a rien, mais c’est elle qui permet à un chauffeur de même d’être dans le chemin. Moi, si je me fais arrêter en état d’ébriété à .09, je n’ai pas frappé personne, je n’ai pas tué personne, j’ai pris une bière de trop. Je vais perdre mon permis pour trois mois. Les policiers n’avaient même pas la possibilité de lui enlever son permis de conduire. Même pas pour trois jours. Pas parce qu’ils n’ont pas voulu le faire, parce que la loi ne leur permet pas», a-t-elle déploré.
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